‹ Athenes (volume 2)Chapitre 207 sur 276 · Bourg de la tribu Hippothoontide · texte numérisé non relu

Bourg de la tribu Hippothoontide

2. « Entre les pilastres, dit Leroy, sont des marbres qui ont été mis après coup, et qui ne faisaient pas partie du monument. »

Il reste quelques fragments de ces marbres auprès du pilier central.

Au-dessus de la corniche régnait un attique qui, interrompu par trois degrés, formait aux extrémités de la façade des espèces de piédestaux qui, portant des trépieds de bronze, avaient reçu sur leur face deux autres inscriptions choragiques à une époque postérieure. A gauche on lisait celle-ci :

O AHMOX EXOPHTEI nYGAPATOX HPXEN ArCîNOOETHS ©PASYRAHS 0PA2YAAOY AEKEAEEYX iniIOGOQNTIX ITAIAON ENIKA 0EQN 0HBAIOX IIYAEI nPONOMOX 0HBAIOS EAIAAXKEN

« Le peuple remplissait les fonctions de chorége; Pytharatus était archonte;

Thrasyclès, fils de Thrasyllus de Décéléia, était agonothète *.

La tribu Hippothoontide vainquit dans le concours des enfants.

Théon le Thébain jouait de la flûte.

Pronomus le Thébain avait composé la musique 2. »

L’archontat de Pytharatus date de la deuxième année de la 127® olympiade (271 avant Jésus-Christ). Cette inscription, brisée en deux morceaux et renversée, est couchée sur le sol, à gauche de l’entrée de la grotte. Nous avons vainement cherché cjuelques traces de celle qui se lisait sur le piédestal de droite, et cjue nous sommes forcé d’emprunter à Stuart, qui avait vu le monument en assez bon état, avant qu’en 1827 il eût été détruit par les boulets turcs.

O AHMOX EXOPHPEI HYGAPATOS HPXEN ' AEONOGETHS 0PAXYKAHS 0PASYAAOY AEKEAEEY2 IIANAIONIX ANAPÜN ENIKA NIKOKAHS AMBPAKIOTHS HYAEI AYXinnOX APXAS EAIAAXKE

U Le peuple a rempli les fonctions de chorége; Pytharatus était archonte;

Thrasyclès, fils de Thrasyllus de Décéléia, était agonothète.

La tribu Pandionide vainquit dans le concours des hommes.

Nicoclès d’Ambracie joua de la flûte; Lysippe l’Arcadien avait composé la musique. »

1. Agonothète, àywvoôéxYii;* (de àywv, jew, combat, et TÎ9yi[jLi, juger, diriger), magistrat qui présidait au jeux et à l’observation de leurs règlements, et jugeait les concours. On lui donnait aussi le nom d’hellanodice, êXXavoStxYi!; (d’"EX),viv, Grec, et Sixt;, jugement), lorsqu’il s’agissait des jeux Olympiques communs à toute la Grèce.

« Lycinüs : Est-ce que tu t’es assis quelquefois auprès des agonothètes ?

« Hermontimus ; Oui; par Jupiter! dernièrement, aux jeux Olympiques, j’étais à la droite des hellanodices. » Lucien. Hermotimus.

2. Dans l’inscription choragique de Lysicrate (p. 271), nous avons déjà cru devoir traduire le

* PoLLux. Omni. L. III, c. 30, § I.

MONUMENT CHORAGIQUE DE THRASYLLUS. 279

La présence de ces deux inscriptions, postérieures de cinquante et un ans à la première, ne doit nullement étonner, puisqu’elles consacrent le souvenir de victoires remportées sous la direction du fils même de Thrasyllus , c|ui avait érigé le monument.

Les degrés qui partageaient l’attique servaient de piédestal à une statue assise cjui, dès 1676, avait perdu la tête et les bras^. Ces parties n’avaient jamais été sculptées dans le même bloc; elles avaient été ajou-

Monument de Tlivasyllus au xviii® siècle, d'après Stuart.

tées et fixées par des tenons, circonstance c{ui a du contribuer à leur chute et à leur destruction. Cette figure était, suivant Stuart 2, une personnification de la tribu victorieuse; suivant Chandler'^, une Niobé; suivant Leake^ et le catalogue du Musée Britannique, c’est un Bacclius, et cette

mot ioioime par : a composé la musique, et non par : fut le poëte. Nous trouvons ici la preuve que, dans un concours de choeurs, c’était bien en effet au compositeur et non au poëte qu’on rapportait l’honneur de la victoire, et qu’en outre la musique n’était pas nécessairement nouvelle et composée pour la circonstance. Pronomus le Thébain était en effet un musicien non moins célèbre par son talent que par la longueur de sa barbe *, et qui était mort depuis plus de cent ans, quand la tribu Hippotboontide remporta le prix en exécutant sa musique.

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