‹ Athenes (volume 2)Chapitre 24 sur 276 · Ospi Twv èv lIpoîTuXaiot; Tîtvâxwv · texte numérisé non relu

Ospi Twv èv lIpoîTuXaiot; Tîtvâxwv

* Cette assertion est démentie par Pline : « Polygnote de Thasos , dit-il , le premier, peignit des femmes avec des vêtements brillants, leur mit sur la tête des mitres de différenles couleurs, etc.» IJist. nul. L. XXXV, c. 2.5,

malheureusement perdu , portait le mot Tvivaxs»; ^ (tableaux, peintures sur bois) et non celui de ypaç-/i (peinture en général).

Des preuves plus concluantes encore naissent de l’examen attentif de la salle même des Propylées. Sur ses murs, il est impossible de trouver la moindre trace de peinture, tandis que nous en avons reconnu aux impostes des fenêtres où elles ont réellement existé, aussi bien que sur les divers membres d’architecture des autres édifices de l’Acropole. La muraille est trop polie pour avoir retenu un stuc dont elle aurait été revêtue, pas assez pour avoir reçu directement la peinture. Enfin, M. Desbuisson a fait remarquer que cette muraille, non plus que bien d’autres parties des Propylées, n’avait jamais été achevée. Selon l’usage des Grecs, la surface de chaque bloc avait été laissée en saillie, et les angles en étaient abattus de manière à éviter les épaufrures pendant la durée de la construction ; la surface entière de la muraille devait être ravalée et polie tout d’une pièce après son achèvement. C’est ce dernier travail qui, pour une cause demeurée inconnue, n’a jamais été exécuté, et aujourd’hui la surface non abattue de chaque bloc est encore de niveau avec certaines moulures qui devaient rester en saillie.

Les adversaires de cette opinion ont fait remarquer que l’on ne trouve sur la muraille aucune trace des clous qui auraient servi à suspendre les tableaux. Il eût été difficile, en effet, d’enfoncer des clous dans une muraille de marbre, mais rien au contraire n’était plus facile que d’établir en avant un échafaudage mobile, ainsi que nous l’avons vu faire pendant tant d’années dans la grande galerie du Louvre, à l’époque des expositions annuelles.

Voici maintenant le passage de Pausanias qui nous a fait connaître les peintures déjà fort endommagées qui, de son temps, étaient exposées dans la Pinacothèque : « A gauche des Propylées est un petit édifice orné de peintures. Parmi celles que le temps n’a pas entièrement effacées, on remarque Diomède emportant de Troie la statue de Minerve, et Ukjsse à

1. Ce mot répond exactement au mot tabula des Latins qui veut dire en même temps pZanc/te et tableau, et que justement Pline, ici beaucoup trop absolu, oppose à la peinture murale, lorsqu’il dit qu’il n’y avait de gloire que pour les peintres de tableaux : nulla gloria nisi eorum qui tabulas ÿinxerunt.

M. Beulé croit toutefois que le mot TcivaxEç avait pu passer dans l’usage pour désigner toute peinture ])ortative, quelle qu’en fût la matière, de même que chez nous on a étendu le mot tableau qui, dans l’origine, voulait aussi dire petite table dm bois, aux peintures sur toile ou sur cuivre.

oO

AïliËNES.

Lemnos se saississant des flèches de Philoctète. On y voit aussi Oreste et Pylade tuant, Fun, Egisthe, et le second, les fils de Nauplius qui étaient venus au secours d’ Egisthe. Une autre partie de ce tableau représente Polyxène quon va sacrifier sur le tombeau d’Achille. Homère a bien fait de passer sous silence une action aussi cruelle. Il me semble aussi qu’il a eu raison de dire qu’ Achille prit Scyros, au lieu de le représenter dans cette île confondu avec des jeunes filles, comme l’ont fait d’autres poètes, ce c{ue Polygnote a représenté dans l’édifice dont nous parlons U Il a peint également Nausicaa et ses compagnes lavant leurs vêtements dans le fleuve et Ulysse debout auprès d’elles, le tout d’après Homère. On y remarque encore d’autres peintures, savoir : Alcibiade, avec les emblèmes de la victoire qu’il avait remportée aux courses de Némée^; Persée se rendant et Séryphe et portant à Polydecte la tête de Méduse. Au-dessus de ces peintures, en laissant de côté l’Enfant qui porte des urnes et le Lutteur, peint par Timœnète, on voit le portrait de Musée » Cette énumération de peintures n’ayant entre elles aucune liaison, aucun rapport, cette réunion A’ académies, de portraits, de compositions historiques, n’indiquent-elles pas évidemment un musée composé de tableaux rapportés et non pas une salle revêtue de peintures murales qui nécessai-

1. Nous retrouvons ce sujet, Achille découvert par Ulysse au milieu des filles de Lycomède, dans une des principales peintures de Pompéi. Cette composition, qui existait dans le tablinum de la maison du Questeur ou de Castor et Pollux , pourrait bien être une réminiscence de celle de Polygnote. La même donnée a inspiré l’auteur d’une mosaïque encore en place à Pompéi dans la maison d'Apollon.

2. Alcibiade avait fait faire deux peintures à l’occasion de cette victoire; le nom de l’artiste nous a été conservé par Athénée :

« Lorsqu’il revint d’Olympie à Athènes, il consacra deux tableaux dus au pinceau d’Aglaopbon. Dans l’un, on voyait l’assemblée des jeux olympiques et pythiques couronner Alcibiade; dans l’autre était représentée {la nymphe) Némée tenant sur ses genoux Alcibiade dont la figure surpassait en beauté celle des plus belles femmes. » Satyrus, cité par Athéxée. Deipnos. L. XII.

Il y a dans ce passage plusieurs ei’reurs manifestes; ce fut à Némée qu’Alcibiade remporta la victoire, ainsi que l’atteste la présence de la nymphe protectrice de ce lieu. En outre, comment eût-on pu représenter à la fois l’assemblée des jeux olympiques et pythiques qui se célébraient, les premiers à Olympie, les seconds à Delphes.

D’un autre côté, Plutarque n’est pas d’accord avec Satyrus sur le nom du peintre, et Amyot, son traducteur, de son autorité privée, voit dans celui de Némée tout autre chose que la désignation de la divinité protectrice de Némée :

« Et ayant le peintre Aristophon peint une courtisane nommée Nemea, qui tenait entre ses bras Alcibiade assis en son giron, tout le peuple y accouroit et prenoit grand plaisir à voir ce tableau. »

PujTARQtE. Vie d’Alcibiade.

Page 1