ÉGINE
VI® siècle avant Jésus-Christ, et, ainsi que son nom l’indique, élevé par tous les peuples de la Grèce au dieu qui les avait délivrés d’une cruelle famine. Ce temple était, comme les plus anciens édifices sacrés de la Grèce, d’ordre dorique; il était liexastyle, périptère et hypèthre; ses côtés avaient douze colonnes, y compris celles des angles ; il était précédé d’un pronaos soutenu par deux colonnes entre les antes, et présentait un posticum semblable à la face opposée, et non un opisthodome, comme l’ont cru quelques voyageurs. La largeur de la façade est de
Plan du Temple d’Egine,
12‘",66, et la longueur du temple est de 27'", 665. Les colonnes du péristyle ont 0"’,975 de diamètre à la base, et s’élèvent avec une diminution du quart de ce diamètre à la hauteur de 5'", 58, y compris le chapiteau. La hauteur totale du monument était de jusqu’à
l’angle supérieur du fronton. Le temple s’élevait au milieu d’un vaste péribole de 70"',72 sur 42'", 56^.
L’île d’Égine renferme d’autres antiquités, telles qu’une chambre sépulcrale, toute revêtue de peintures, et quelques ruines ejui, pour être moins importantes, ne sont cependant pas sans intérêt.
A neuf heures et demie, nous arrivons en rade de l’île de Poros. l’antique Calaurie, qui n’est séparée du continent de la Morée et de l’ancienne Trézénie que par un canal étroit et peu profond. A notre droite, dans une gorge bien boisée, s’élève un vaste monastère; à gauche, un îlot isolé porte le fort Ileijdeck, batterie qui défend l’entrée du port; du même côté se dresse une colonne, restée seule debout de
1. E. Beulé. L'Architecture au siècle de Pisistrate. In-8”, atl. 1860. C. Garnier. Revue de l’Orient et Revue archéologique.
celles qui décoraient le temple de Vénus. La ville, habitée par environ /|.,500 Albanais, est bâtie sur un rocher uni à Tîle par une langue de terre très-basse et très-étroite, qui est couverte par les eaux quand les vents du nord et du midi soufflent avec violence. Sur la plus haute montagne, nommée aujourd’hui Palatia, sont les ruines d’un temple de Neptune, célèbre par la mort de Démosthène, dont on montre, près de là, le prétendu tombeau. Poros est l’arsenal maritime de la Grèce moderne ; l’île et la terre ferme forment un grand et beau port à l’abri de tous les vents, et l’un des meilleurs de ces parages; il a deux entrées, l’une au nord, l’autre au midi; c’est devant cette dernière que notre vapeur a stoppé, pour prendre et débarquer les voyageurs. Parmi les nouveaux venus, nous remarquons un assez grand nombre de femmes hydriotes, reconnaissables au grand fichu qui leur enveloppe entièrement la tête, se croisant sous le menton et sur la poitrine.
Après un arrêt de dix minutesj le steamer se remet en route pour s’arrêter, à onze heures, devant la ville d’Hydra, située au côté nord de l’île du même nom, l’antique Ilydrœa, terre longue et étroite qui s’étend du sud-ouest au nord-est, parallèlement à l’extrémité sud-est de l’Argolide. L’aspect de l’île est aussi aride de ce côté que de celui du sud, que j’avais rangé en arrivant à Athènes ; à peine aperçoit-on quelques traces de végétation; mais l’ensemble est pittoresque et plein de caractère. La ville, dont l’aspect rappelle Alger à l’époque de la conquête, s’élève, avec ses maisons blanches et ses moulins à huit ailes, jusqu’à une grande hauteur sur le penchant d’un amphithéâtre de montagnes que couronne un vaste couvent. Comme Nice, Hydra tourne autour d’un rocher qui, s’élevant au bord de la mer, la partage en deux. C’est à gauche de ce rocher que se creuse un port naturel, dont l’entrée est défendue par plusieurs batteries élevées par les Turcs.
A l’extrémité occidentale d’Hydra^ nous laissons à droite l’île aride et déserte de Doko, et un peu plus loin, à gauche, Trikeria, autrefois Tricruna, îlot pyramidal, accompagné de deux plus petits. Entre Doko et Trikeria, nous apercevons devant nous Spezzo-Poulo , et l’île plus grande de Spetzia, jadis Tiparenos, où nous arrivons à une heure, après avoir doublé le cap Milona, pointe basse qui forme l’extrémité la plus méridionale de l’Argolide. La ville de Spetzia, troisième station de l’Hydra, est située sur la côte septentrionale de l’île, sur le bras de mer