AT NE S
Enceinte pélasgique. Vers l’an ilOO avant Jésus-Christ, moins d’un siècle après la prise de Troie, des Pélasges venus de la Béotie selon la plupart des historiens, de la Sicile si l’on en croit Pausanias, ayant trouvé un asile dans l’Attique, payèrent cette hospitalité en aplanissant le plateau de l’Acropole, en l’entourant d’une de ces murailles cjui ont rendu leur nom célèbre dans l’Italie comme en Grèce, et en défendant le côté accessible de la citadelle par une suite de travaux avancés, dont les neuf portes valurent à leur ensemble la désignation à' Ennéapyle. Pausanias nous a conservé les noms d’ Agrolas et d’Hyperbius, architectes qui présidèrent à cette entreprise^. Les Athéniens, après leur avoir concédé, comme récompense de cet important service, les terres comprises entre l’Acropole et la base du mont Hymette, en vinrent plus tard à craindre
pays, Jupiter les fit transiger et leur donna pour juges les douze dieux. Ceux-ci prononcèrent et l’Attique fut adjugée à Minerve; la ville s’appela donc Athènes du nom de Minerve. »
Apoi.i.odoiip;. III. li.
Cecropia P allas scopulum Mavortis in aree Pinyü et antUpmm de terrœ nomine lüem.
Bis sex eœlesles, medio Jove, sedibus al lis Aujusla (jravitale sedenl; sua quemque deonmt Inscribil fades : Jovis est reyalis imago.
Slave deum pelagi, longoque ferire tridenle Aspera saxa facit, medioguc e xmlnere saxi Exsiluisse frctum, quo pigtiorc vindicet urhem.
Al sibi dal dgpemi, dal acutœ cuspidis haslam;
Dal galeam cajuti; defendilur œgide pectus :
Pereussamque sua simulai de cuspide lerram Prodere curn baeds fœlum canentis olivœ ;
Mirarique Deos : opevi viclovia finis.
Ovide. Mélam. L. VI, v. 09.
« Minerve peint (sitr sa tapisserie) le rocher de Mars, dans la citadelle de Cécrops, et l’anticjue lutte pour le nom du pays. Les douze dieux, assis autour de Jupiter sur des sièges élevés, brillent d une auguste majesté. Chacun d’eux se fait reconnaître à ses traits, mais la grandeur royale rayonne au front de Jupiter. Le dieu des mers est debout; il frappe de son long trident le dur rocher, et, de son sein entr’ouvert faisant jaillir une mer, revendique l’empire de la contrée. La déesse se représente elle-même armée de son bouclier et de sa lance à la pointe acérée; elle met un casque sur sa tête, couvre sa poitrine de l’égide; elle frappe la terre de sa lance et en fait sortir l’olivier avec ses fruits et son pale feuillage. Les dieux sont transportés d’admiration, et la victoire de Minerve couronne son oeuvre. »
Les premiers mots d’Ovide renferment une erreur manifeste, puisqu’il place la colline de Mars (l’Aréopage) dans l’enceinte de l’Acropole.
1. « Les murs de la citadelle, excepté la partie que Cimon, fils de Miltiade, a fait construire, sont 1 ouvrage des Pélasges qui demeuraient jadis au-dessous de la citadelle; ils se nommaient, dit-on, Agrolas et Hyperbius; j’ai voulu savoir qui ils étaient, mais je n’ai pu apprendre autre chose, si ce n est que, Siciliens d origine, ils étaient allés s’établir dans l’Acarnanie. »
Paisamas. Allie. C. XXVUI.
ENCEINTE DE L’AGIIOEÜLE.
leurs hôtes, dont la population toujours croissante, dont la richesse, fruit de leur industrie, commencèrent à leur porter ombrage. Ils les accusèrent d’avoir commis, envers de jeunes Athéniennes, près la fontaine Ennéacrounos , un crime qui ne fut jamais bien prouvé; ils leur supposèrent, sans plus de certitude, l’intention de se rendre maîtres d’Athènes, et ils les chassèrent de ces terres qu’ils avaient reçues incultes et stériles et qu’ils laissaient défrichées et fertiles^. « Mais les dieux eux-mêmes semblèrent punir leur ingratitude et leur mauvaise foi en rendant inutiles contre l’ennemi ces murs, ouvrages de leurs victimes, et en les faisant servir aux projets des ambitieux contre leur liberté. Cylon , Pisistrate, Isagoras, commencèrent par se saisir de l’Acropole, lorsqu’ils voulurent se faire tyrans de leur patrie , tous trois , il est vrai , avec un succès bien différent. Lorsqu’au contraire Xerxès en fit le siège, Mtnerve chercha en vain à fléchir, par ses prières, Jupiter vengeur de l’hospitalité 2. »
Lorsc^u’en l’an 480 les Perses, repoussés dans plusieurs assauts par quelques vieillards, cjaelques prêtres, quelques citoyens enfermés dans la citadelle sur la foi d’un oracle^ mal interprété, pendant que les guerriers niontés sur les navires se préparaient à la victoire de Salamine, lorsque les Perses, dis-je, furent parvenus à pénétrer par un point qu’on avait négligé de défendre, ils mirent les temples au pillage, et tous les monuments de l’Acropole devinrent la proie des flammes^. Après la fuite
1. Les Athéniens frappèrent même d’anathème le lieu où les Pélasgos avaient demeuré, et défendirent, sous les peines les plus sévères, de jamais bâtir ou semer en cet endroit. Cette prohibition paraît avoir subsisté jusqu’à la guerre du Péloponèse. A cette époque, les habitants de l’Attique ayant été forcés de se réfugier tous à Athènes, « il n’y eut pas, dit Thucydide (L. II, § 18), jusqu’au lieu appelé Pelasgicon, au-dessous de l’Acropole, qui ne fût occupé, vu l’urgence du moment; et cependant ce lieu était maudit, et il était défendu de l’habiter. La fin d’un vers de la Pythie l’interdisait même en ces termes ; Il vaut mieux que le Pelasgicon soit désert. »