PARTHÉNON
qui frappe les regards, de quelque côté qu’on arrive à Athènes; on I aperçoit dès l’entrée du golfe d’Égine. Sous la direction de Phidias^, les deux plus habiles architectes de l’époque, Ictinus et Callicrate, furent chargés de son érection 2. On n’a point de renseignements positifs sur l’époque de son achèvement, mais on sait que la Minerve colossale de Phidias y fut placée en l’année 437 avant Jésus-Christ; il est facile d’en conclure que le temple était alors terminé. Nous avons vu que les Propylées n’avaient été commencés que l’année suivante.
Le Parthénon subsista longtemps presque intact. Au vu® siècle, les chrétiens en avaient fait une église dédiée, comme la basilique de Constantinople, à la Sagesse divine^, conservant ainsi sous le nouveau vocable un souvenir de la consécration première du temple à la déesse de la Sagesse. Plus tard, les Turcs, maîtres d’Athènes, bâtissant une mosquée dans son enceinte, l’avaient respecté également ; seulement, de temps à autre, les habitants broyaient quelques fragments de marbre pour en faire de la chaux. Spon et Wheler, pendant leur séjour dans l’Attique, en 1676, eurent le bonheur de le voir tout entier. Peu de temps après, le provéditeur Morosini, qui, depuis, fut doge, et le feldmaréchal suédois, comte de Kœnigsmarck, qui commandaient les Vénitiens, alors en guerre avec la Turquie, vinrent assiéger Athènes'^. Les Turcs avaient fait du Parthénon un magasin de poudres, et, les assiégeants ayant malheureusement appris cette circonstance de la bouche d’un transfuge, le temple devint dès lors le point de mire dé toute leur artillerie. Un lieutenant lunebourgeois , habile pointeur, s’offrit pour diriger les mortiers, et bientôt, dans la soirée du 26 septembre 1687, une bombe, partie du Pnyx, mit le feu aux poudres, et le pavé brisé du Parthénon indique encore le lieu où elle tomba. L’explosion coupa, pour ainsi dire, le monument en deux parties; tout le côté oriental de la
1. Phidias dut naître au début des guerres médiques, vers l’an 490 avant Jésus-Christ, et être par conséquent âgé d’environ cinquante ans lorsqu’il commença les travaux du Parthénon.
2. Vitruve (L. VIL Préface) nous apprend qu’Ictinus avait composé avec Carpion un livre sur le Parthénon, ouvrage dont on ne saurait assez déplorer la perte. C’est aussi à Ictinus qu’on devait le
temple d’Apollon Épicurius à Phygalic en Arcadie, temple qui a été retrouvé presque en entier en 1812.