SCULPTURES DU PARTHÉNON
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Nous croyons avec M,\l. Penrose, Paccard, et Beulé que, dans l’antiquité, aucune communication n’existait entre le temple et l’opisthodome, qui était loin d’avoir le même caractère religieux. Nous n’en voudrions d’autre preuve que le fait mentionné par Plutarque^ du logement dans son enceinte de Démétrius Poliorcète qui en fit le théâtre des plus odieuses débauches. Quelque avilis que fussent les Athéniens-, ils n’eussent sans doute pas souffert la profanation du temple de la divinité protectrice de leur ville.
Sculptures. Passons maintenant à l’examen des admirables chefsd’œuvre dont la sculpture avait enrichi le Parthénon. Cinq grands ouvrages en ce genre avaient fait du temple de Minerve la merveille des merveilles; c’étaient les deux frontons, les métopes, la frise de la cella, et la statue colossale de Minerve en or et en ivoire. Une grande partie de ces sculptures était encore en place au commencement de ce siècle; mais, par malheur, lord Elgin, qui était ambassadeur à Constantinople, obtint, en 1801, du gouvernement turc un firman qui l’autorisa à élever un échafaudage autour de l’ ancien temple des idoles pour mouler en plâtre les ornements et les figures, et de plus à enlever les pierres ou se trouvaient des inscriptions ainsi que les statues conservées. On assure qu’il en coûta 7/i,000 liv. st. (1,850,000 francs) à lord Elgin pour s’approprier les plus belles parties du monument qu’il fut possible de transporter à Londres. Du reste, cette barbare spéculation ne fut guère
thienne qui, dit la notice, a appartenu à un chapiteau de l’intérieur du Parthénon. C’est évidemment une erreur; l’ordre corinthien n’était pas encore employé à Athènes au temps de Périclès.
1. « Adonc quoiqu’auparauant les Athéniens semblassent auoir desployé entièrement leur arrière espargneàlui décerner toutes sortes d’honneurs à l’envi l’un de l’autre, si trouuèrent-ils encore d’autres tous nouueaux moyens de lui gratifier et de le flater : car ils ordonnèrent que le derrière du temple de Minerue, qui s’appcloit Parthénon, comme qui diroit le temple de la Vierge, lui seroit préparé et acoustré pour son logis pour y faire sa résidence : et disoit- on que c’estoit la déesse Minerue qui le recevoit et le logeoit chez elle. Mais, à la vérité, c’estoit un hoste trop peu chaste et pudique pour penser qu’une déesse vierge prist à gré qu’il fust logé auec elle. »
Plutarque. Vie de Démétrius.
Quelques lignes plus bas, l’historien donne des détails, qui ne peuvent trouver place ici, sur les orgies auxquelles se livra, dans l’opisthodome, le conquérant d’Athènes. A l’occasion de son séjour dans le Parthénon, Plutarque cite ces deux vers tirés de l’une des pièces du poëte Philippide :
Lui qui du Partliénon avait fait une auberge,
Et logé sa maîtresse au temple de la Vierge.
2. Voy. dans le Deipnosophiste d’ Athénée, L. VI, le récit des flatteries incroyables que les Athéniens ne rougirent pas de prodiguer à Démétrius.
profitable à son auteur, car, en 1816, la collection entière ne lui fut achetée pour le Musée Britannicjue, par acte du parlement, cjue 35,000 liv. st. (875,000 francs) et un des plus illustres compatriotes du spoliateur du Parthénon , lord Byron, voyant son nom gravé sur une colonne du temple, écrivit au-dessous : Quod non fecerunt Gothij, Scotus fecit. Il est vrai que lord Elgin s’est acquis une célébrité qu’eût enviée Érostrate, et que, pour consoler les Athéniens des trésors qu’il leur arrachait, il a fait don à la ville d’une horloge placée dans la tour du bazar et accompagnée de cette pompeuse inscription :