L. I, yo
2. 11 essaya incontinent de rebastir la ville et les murailles d’Athènes, en corrompant par argent les officiers (éphores) de Lacédémone, afin qu’ils ne lui donnassent point d’empescliement à ce faire, ainsi comme escrit Theopompus ; ou, comme tous les autres disent, en les ayant abusez par vne telle finesse : il s’en alla à Sparte, comme ambassadeur despéché exprès sur ce que ceux de Lacédémone se plaignoyent que les Athéniens renfermoyent leur ville de murailles, et les en accusoit enuers le côseil de Sparte vn orateur nommé Polyarchus, y ayant expressément esté enuoyé pour ce fait par les Æginètes. Thémistoclcs leur nia fort et ferme, et leur dit que, pour s’en informer à la vérité, ils enuoyassept de leurs gens sur les lieux, voulant par ce delai gagner tousiours autât de temps au parachèvement des murailles, et aussi que les Athéniens retinssent pour ostages de la seureté de sa personne ceux qui seroyêt enuoyez à Athènes pour en faire le rapport : comme il auint. »
Plütauque. Thémistocle.
« Thémistocle trompa les Lacédémoniens de la manière suivante. Il arriva à Lacédémone en qualité d’amhassadeur, et nia qu’on relevât les murs. Si vous ne me croyez pas, dit-il, envoyez les citoyens les plus distingués d’entre vous pour s’assurer du fait et retenez-moi. Les envoyés lacédémoniens partirent et Thémistocle donna scci'ètement l’ordre aux Athéniens de les retenir jusqu’à ce que les murailles fussent relevées; après quoi ils ne devaient les laisser aller que lorsqu’il serait lui-même de retour. La chose se passa comme Thémistocle l’avait dit ; les murailles furent relevées; Thémistocle revint à Athènes, et les envoyés de Sparte furent rendus. » Polyen. Stratag. 1 , 30.
Cf. Diodore de Sicile. L. XI, §§ 39 et 40. Cornélius Népos, Thémistocle, 6 et 7. Justin. L. II, c. 14. Frontin. Stratag. L. I, 10.
Cimon, à son tour, entreprit de compléter ou de remplacer les murailles qui venaient d’être élevées à la hâte; il put alors construire à loisir et avec soin le rempart méridional de l’Acropole, et sans doute il eût terminé l’enceinte entière si le temps ne lui eût manqué. « Cimon, dit Plutarque , avait acquis honorablement une grande fortune sur les Barbares et l’employa plus honorablement encore^. » Et en effet ses propres richesses ne contribuèrent pas moins que le trésor de l’Etat aux grands travaux qui furent exécutés sous son administration.
En /j05, à la fin de la guerre du Péloponèse , Lysandre, maître d’Athènes, en fit démolir les fortifications, et ce fut sans doute à cette époque que furent détruites les parties de l’Ennéapyle épargnées sous Périclès, lors de la construction des Propylées.
Murailles de Conon. Enfin, les murailles d’Athènes et celles de l’Acropole furent relevées ou réparées encore une fois par Conon dans la première année de la 97® olympiade (392 avant Jésus- Christ) .
Lorsqu’en l’an 87 avant Jésus-Christ Sylla s’empara d’Athènes, il fit démanteler l’entrée de la citadelle 2. Nous dirons plus tard comment elle fut remplacée à la hâte sous Yalérien, lorsque l’Orient se vit menacé par les premières invasions des Goths.
Enceinte de l’Acropole au moyen âge. Les murailles en partie ruinées furent plusieurs fois restaurées par les seigneurs d’Athènes, français
1. « C’est, dit ailleurs le meme historien, avec le produit de son expédition contre les Perses qu’on
bâtit notamment la muraille de l’Acropole qui regarde le midi. » Vie de Cimon.
2. Les historiens latins ne sont guère d’accord sur le rôle que les Athéniens jouèrent dans cette guerre :
(( Vainqueur des généraux de Mithridate, dans l’Attique, la Béotic et la Macédoine, Sylla reprit Athènes, détruisit à grand’peine les fortifications du Pirée, tua plus de deux cent mille ennemis, et en prit un pareil nombre. Ce serait ignorer Thistoire et la vérité de croire qu’Athènes était révoltée contre nous lorsque Sylla en fit le siège. Les Athéniens se sont toujours conduits à notre égard avec une fidélité si inaltérable que la foi attique était passée en proverbe à Rome pour exj)riinor une fidélité à toute épreuve. Au reste, accablés sous la puissance de Mithridate, les Athéniens avaient le double malheur de voir leur ville occupée par leurs ennemis et assiégée par leurs amis. Leurs affections étaient hors des murs où la nécessité les retenait captifs. »
Vecueios Pateuculus. Hist. rom. L. II, c. 23.
» Sylla fait d’abord le siège d’Athènes; il la presse par la famine, et, qui le croirait? il réduit cette ville, la mère des moissons, à se nourrir de chair humaine. Il ruine bientôt le port du Pirée, renverse plus de six enceintes de murailles, et, après avoir dompté les plus ingrats des hommes (c’est ainsi qu’il appelait les Athéniens), il leur pardonne cependant en considération de leurs ancêtres, de leurs cérémonies sacrées et de leur célébrité. »
Florüs. Hist. rom. L. III, c. G.
ENCEINTE DE L’ACROPOLE
OU florentins , mais de nouveaux travaux de défense furent rendus indispensables par l’invention de l’artillerie, et lorsqu’en j/i56 Mahomet 11 se fut emparé de la ville et de la citadelle, il dut protéger celle-ci, surtout du côté de l’ouest que commandait la colline de Musée, et il éleva alors cet énorme bastion sous lequel, à ili mètres de profondeur, M. Beulé a su retrouver l’entrée antique. Depuis lors enfin, des restaurations plus ou moins grossières, des additions plus ou moins considérables, ont eu lieu, surtout à l’occasion du siège de l’Acropole par les Vénitiens en 1687, et aussi à l’époque de la guerre de l’indépendance, lorsque les Grecs et les Turcs s’y assiégèrent tour à tour.
L’enceinte de l’Acropole suivait les inégalités du rocher, ce qui fait que si sa partie supérieure était à peu près horizontale, la hauteur de la muraille n’en était pas moins très-variée.
Mur de Cimon. Le mur du midi, Notium (de Notoç, sud), ou Cimonium, c|ui se composait de deux lignes à peu près droites (Pl. PL AB et B G), a disparu en grande partie sous les reconstructions turques. A l’intérieur, près des brèches, on en voit encore quelques traces, mais le fragment le mieux conservé , et resté presque vierge de toute restauration , est celui qui forme extérieurement l’angle sud-est de l’enceinte^. Quelques pierres seulement ont éclaté sous le choc des boulets. Les assises sont en retraite l’une sur l’autre d’environ 0"‘,02, ce qui donne à la muraille une inclinaison légèrement pyramidale. L’appareil n’est pas très -grand et les pierres les plus longues n’atteignent pas un mètre. G’est au pied de cette muraille que se trouvent les deux théâtres, le portique d’Eumènes, et le monument choragique de Thrasyllus.
Le mur oriental (Pl. PL CD) a été reconstruit en entier à l’extérieur; mais à l’intérieur, au pied du Belvédère situé à l’angle nord-est (Pl.PL D) de l’esplanade, on reconnaît à fleur de terre cinq assises de fondat'ons de plus de 3 mètres d’épaisseur, qui peut-être ont appartenu à la muraille antique. Sous le rempart oriental s’ouvre une vaste grotte, effrayante par ses éboulements qui ont couvert de blocs et de débris tout le flanc du rocher.
Mlr de Tuémistocle. Le rempart du nord (Pl. PL DGI), composé d’une longue ligne brisée formant de nombreux angles saillants ou ren-