Voy. la vignette en tête du chapitre
3. Il n’est point rare do rencontrer des symboles chrétiens que les musulmans ont épargnés faute souvent d’en comprendre la signification. Sur une fontaine turque, au pied de l’Acro-Corinthe, deux marbres byzantins portent chacun un monogramme du Christ, et nous avons reconnu aussi plusieurs croix et monogrammes sur les murs intérieurs du fameux château des Sept-Tours, à Constantinople, occupé cependant par les Turcs depuis le xv'’ siècle.
avait cru avoir appartenu au second ordre du naosj, mais qui sont trop petites pour avoir eu cette destination.
Contre le mur septentrional OR, sont déposés divers fragments de la frise recueillis parmi les ruines. En commençant leur examen par la gauche, on trouve :
1° Cinq hommes vêtus de longues draperies;
2“ Trois jeunes cavaliers;
3“ Deux cavaliers, dont l’un semble être retenu par une femme placée au centre de la composition;
!l" Deux chevaux attelés à un char, et derrière eux un homme à pied ;
3° La partie postérieure d’un char, deux jeunes gens y montant, et un homme nu à pied, devant la tête d’un cheval;
6° Deux popes conduisant deux béliers;
7“ Une femme portant un coffre, bas-relief très-fruste;
8“ Deux femmes et un jeune homme guidant deux taureaux;
9° Un vieillard, un jeune homme et une femme assis, belle composition bien conservée ^ ;
10° Trois canéphores et une partie d’un joueur de flûte;
11° Un bas-relief très-fruste, un jeune homme maintenant deux chevaux qui se cabrent.
1. Ce magnifique bas-relief était presque intact au moment de sa découverte; mais, peu de temps après, un midsliipman, faisant partie du corps d’officiers d’un navire anglais que guidait M. Pittakis lui-mème, resta en arrière de quelques pas et brisa le nez de la figure principale pour en orner son étagère. Pris sur le fait, il fut, sur les poursuites du conservateur indigné, condamné à deux années de suspension de son grade, et, par suite, forcé de donner sa démission.
ÉTAT ACTUEL DU PARTHÉNON
J 2“ Fragment plus fruste encore, la partie inférieure du corps de deux jeunes gens, l’un montant dans un char, l’autre debout devant un cheval ;
13° Un fragment de draperie;
l!i° Fragment d’un cheval. Sur ce dernier bloc est déposée la partie supérieure d’une chouette colossale en ronde bosse.
Près de là est une métope très-fruste représentant, comme à l’ordinaire, un Centaure combattant un Lapithe.
Deux autres morceaux de frise placés en face des premiers repré¬
sentent des cavaliers, et un troisième incomplet offre seulement trois torses drapés.
Sur la tranche de ces divers blocs on remarque les trous de scellement des crampons qui les réunissaient entre eux et de ceux qui les fixaient à la muraille de la cella.
De l’opisthodome, on entre aujourd’hui sans obstacle dans le naos ou sanctuaire T, la muraille qui les séparait ayant depuis longtemps été renversée. Nous avons dit que les colonnes du portique intérieur ont disparu dès la fin du xviU siècle ; mais le stylobate qui les portait et qui faisait au-dessus du pavé central une saillie de 0"’,04 seulement subsiste encore en grande partie et offre leurs traces parfaitement visibles. Déjà, en 1765, Chandler écrivait : « On a enlevé toutes les colonnes qui étaient dans la nef, mais on peut encore voir sur le pavé les cercles qui servirent de direction aux ouvriers pour les placer^. » Legrand avait également reconnu ces traces 2.
I. Voyages en Grèce. T. II, c. 10, p. 390. "l. Monuments de la Grèce, p. 44.
M. Paccard mettant sans doute à profit cette remarque, et examinant avec plus de soin les traces signalées par ses prédécesseurs, a reconnu que ce n’étaient pas simplement des cercles destinés à guider les ouvriers, mais bien le résultat du travail de cannelure des colonnes. Nous avons déjà eu occasion de le dire, les Grecs ne cannelaient les colonnes qu’après leur mise en place. Ici, le ciseau de l’ouvrier, en venant frapper le pavé au bas de chaque cannelure, en a reproduit la forme sur la dalle, et c’est ainsi que se sont formées ces circonférences reconnues par Chandler. Cette observation , si simple en apparence, est cependant de la plus grande importance pour la restauration du monument. De ce que les cannelures descendaient jusqu’au sol , et par conséquent de l’absence de base, il est facile de conclure que .le premier ordre était dorique^. On reconnaît aussi que la partie inférieure des colonnes, un tiers sans doute, n’offrait que des cannelures plates et que le reste du fût était seul évidé, comme on en trouve maint exemple à Pompéi. Ces mêmes trace sont donné la largeur des entre-colonnements qui est de 2’“, 60, et le diamètre du fût égal à 1"’,03.
A gauche, près de l’abside chrétienne U, on voit debout, mais hors de place, un tronçon de colonne de 0'",60 de hauteur provenant de ce premier ordre intérieur. Des colonnes du second ordre on n’a retrouvé que des débris, qui même ne sont peut-être pas parfaitement authentiques. Il est probable que ce second ordre était également dorique; c’est du moins en qu’on peut conclure par analogie du fait semblable qui a été constaté par M. Garnier au temple d’Pgine^.
A l’extrémité occidentale du sanctuaire et de l’hypoethre en partie découverte, sont les traces du piédestal S, qui portait la fameuse statue chryséléphantine, chef-d’œuvre de Phidias. Au milieu du pavé de marbre, une partie longue de 6"', 50 sur 2"’, 50 de large, qui devait être masquée par le piédestal, n’est composée que de dalles de tuf, toutes en place.
1. Cette observation ne fait du reste que conlirmer le témoignage de Cornelio Magni, qui visita Athènes en 1074 : « Le temple intérieur, dit-il, est divisé en trois nefs; les deux collatérales trèsétroites, celle du milieu très-large. Elles sont séparées par des colonnes dont les architraves et les chapiteaux sont d’ordre dorique. »
CoRNEi.10 Magni. Quanto di pià curioso ha potuto racorre Cornelio Magni nel primo biennio da esso consumato in viaggi e dimore per la Turchia. Bologne, 1085, et Parme, 1092.
2. Ch. Gaunier. lled’Égine. Temple de Jupiter Panhellénien. {Revue archéologique. 1854.)
ÉTAT ACTUEL DU PARTHÉNON
mais très-brisées. Au centre est une ouverture de 0'“, 78 sur 0'", 50. L’humidité étant nécessaire à l’entretien de l’ivoire qui se serait ’fendu par la sécheresse ce trou ne serait-il pas l’embouchure de quelque puisard crehsé à cet effet sous la statue ? Des fouilles seules pourraient décider la question.
Autour du dallage de tuf, à une distance de on reconnaît dans
le pavé de marbre les traces de scellement de la grille qui protégeait le piédestal. M. Beulé croit que le piédestal de marbre s’étendait jusque-là et que les trous que nous avons signalés n’avaient d’autre destination cjue celle de recevoir les crampons qui en fixaient le revêtement.
Lorsque le Parthénon fut changé en église, le sol de la partie orientale du naos destinée à devenir le sanctuaire fut exhaussé d’un degré audessus du pavé de la nef. Deux gros murs qui existent encore, et qui se composent de blocs de marbre, formèrent une abside U, en venant buter contre les deux colonnes centrales du pronaos ^ réunies elles-mêmes par un mur percé d’une fenêtre V.
(( Dans le mur, au-dessous de la croisée, dit Chandler^, étaient incrustés deux morceaux de la pierre appelée phengites, sorte de marbre découvert en Cappadoce du temps de Néron, et si transparent qu’il en fit ériger un temple à la Fortune, dont l’intérieur se trouvait éclairé lors même que la porte était fermée. Ces fragments étaient percés, et la lumière qui entrait par les trous était d’une couleur tirant sur le rouge ou le jaune. Le portrait en mosaïque de la Panagia^ ou Vierge Marie, peint sur les lambris du sanctuaire, s’était bien conservé, ainsi que deux colonnes de jaspe appartenant à la cloison cjui avait séparé cette partie de la nef. 11 restait également dans l’intérieur un dais ^ soutenu par quatre piliers de porphyre avec des chapiteaux d’ordre corinthien en marbre blanc, sous lesquels la sainte table avait été placée; et derrière, au-dessous de la croisée, s’élevait un siège en marbre pour l’archevêque. Enfin, il y avait au milieu de la nef une chaire, également supportée par quatre
1. « Dans l’Acropole des Athéniens, l’ivoire de la statue de Minerve était entretenu, non par de
l’huile, mais par de l’eau. L’Acropole, à cause de sa grande élévation, étant très-sèche, la statue faite d’ivoire avait besoin d’eau et d’aspersion d’eau. » Paüsawas. Élid. c. 11.