‹ Athènes (volume 3)Chapitre 155 sur 234 · NOUVELLE AGORA · texte numérisé non relu

NOUVELLE AGORA

l'ordre et jugeaient les dilTérends qui survenaient entre les marchands et les acheteurs. Enfin, des collecteurs étaient chargés de percevoir l'impôt établi sur chaque denrée ^.

Le moment de la vente était apjîclé V Agora pleine, àyopà rV/idouca, à cause de l'affluence du peuple qui la remplissait à cette heure-.

Les agoras étaient en grand nombre à Athènes. La plus ancienne, qui, par la suite, fut appelée àp/aia Àyopà, était située, suivant Robinson ^, dans le Céramique intérieur, non loin de la porte Dipyle; suivant Leake*^, plus au sud et dans le voisinage de l'Aréopage; elle était consacrée à toute espèce de commerce, mais chacun avait sa place séparée. Il ne reste plus rien de l'ancienne Agora, non plus que du Ku/iXoç. marché aux esclaves ^, de l'àX^iTo-oAi; Àyopà, marché aux farines, de la yuvaix.sia Àyopà, bazar où l'on vendait les parures de femmes; il y avait aussi le marché au vin, le marché à l'huile, etc., de môme qu'à Rome on trouvait les Forum boarium, suariumy piscariiim, oUtorium, cupedinis^, argentan'inii, etc., destinés au commerce des bœufs, des porcs, des poissons, des légumes, des friandises, des métaux, etc.

NoLVELLE Agoua. Dcs divcrscs agoras d'Athènes, une seule se retrouve en partie dans la ville moderne; l'entrée monumentale de la nouvelle Agora, via. Àyopà, s'élève encore sur une place en face de la rue du l'œcile, entre le gymnase de Ptolémée et la tour des Vents, dans l'ancien quartier d'Krétrie, Èpexpia. Bien cjuc cette position soit celle indi(iuée par Strabon", bien que le plan et l'orientation du portique

I. Aristotc {OEcon. II) parle du prnduii de cet impôt du marché, yj àyopaîwv t£),Ô)v irpôaoSo;.

« Et que me domioras-tu pour cette anguille? — Je la prends pour mon droit do man-JK'. >>

AnisTOPiiWE. Acharn.

'2. Celait à o; moment sans doute que, lorsque les citoyens tardaient à se rendre aux assemblées l)ul)li([ues, les magistrats faisaient tendre sur l'agora une corde teinte en rouge pour envelopiier la foule et la ramener ainsi au l'u\ \. K.i corde déteignait sur les luihits des retardataires qui étaient reconnus et condamnés à rannndr.

i< Le Pnyx est encore désert : ils sont ;\ liavaiilri' dans l'Agora, tout en s'eiïorçant d'éviter la corde rouge. 1. AnisTOi'ii.WK. Acharn.

« D'oi'i viens-tu?— De l'assemblée... Par Jui)iter: la teinture rouge répandue alentour m'a fait Itien rire. » Aiustoph.wi . /.c.v llitrainjuciirs.

:t. Aniiiiitités grecques. T. 1, 1,. 11, c. 1.

'i. Topography uf Athcn/i,

''. Ili^v(n. I.i'.r. verb. K'M'j;.

0. De c'h;j('(/moh, friandises, mets délicats. Vahuo. De linq. lot. 117.

". /?(')•. Cicoiir. I,. 1\.

tourné au nord-ouest démentent toute opinion contraire, les savants n'en ont pas moins émis sur sa destination les assertions les plus contradictoires. Plusieurs, sans se prononcer, l'ont simplement décrit sous le nom de portique dorique ; d'autres, par une fausse interprétation de l'inscription qu'il porte, en ont fait le fronton d'un temple dédié à Rome et à Auguste^, ou à Minerve Arclwfjétis, k^yr^yinç. conductrice-; d'autres enfin un monument honorificjue élevé à Lucius César •^.

Stuarf^. Leake-^, et M. Beulé'' ont enfin assigné à cet édifice son véritable nom, en y reconnaissant le péristyle ou propylée de la nouvelle Agora.

Toutes ces dénominations, à l'exception toutefois de temple de Rome et d'Auguste, ont leur raison d'être, et, bien qu'opposées en apparence, elles peuvent être conciliées jusqu'à un certain point. Suivant un usage fréquent dans l'antiquité, aussi bien c{ue dans les temps modernes, on avait fait de cette porte une espèce d'arc de triomphe en l'honneur des princes bienfaiteurs et de la divinité principale de la ville. C'est ainsi qu'à Rome le forum de Nerva avait été placé sous la protection de Pallas, et portait le nom de Forum Palladium, sans avoir perdu pour cela sa destination purement civile.

Voici l'inscription qui, gravée sur l'architrave, a donné lieu à ces diverses suppositions :

OI^HMOX AUO T£iN AOOEISQN AOPEQN VITO FAIOÏ lOÏAIOV

KAIXAPOS 0EOV

KAI AÏTOKPATOPOS KAISAPOS OEOT ÏIOV lEBAlTOY

A0HNAI APXHEETIAI STP AT HPO YNTOS ERI TOÏi: GIIAITAI

EÏKAE0T2 MAPA0QNIOr

TGV KAI AIAAEEAMENOr THN EniMEAEIAN THEP TOT nATPOS

HPQAOr TOr KAI nPESBEYSANTGI

EIIIAPXGIN'TGS NIKIGÏ TOT 2 A PAU ION 01 AOMGNEQv

« Le peuple, des dons accordés sous le divin Caïus Julius César, et sous l'empereur Auguste,

fils du divin César, (a dédié) ù Minerve Archégétis (ce monument).

Euclès, du bourg de Marathon, étant général des oplites, ayant succédé dans

la surveillance {des travaux) h son père Hérodc, et après avoir été ambassadeur;

étant Archonte, Nicias, fils de Sérapion d'Athmonc ''. »

1. Spo\ et ^^"|IEI.K^.. — LEr.ov. — Rlocet. E.rpédUion scientifique de Morée.

2. CirA\DLEn, Voyages en Grèce. — Pittakis. L'Ancienne Athènes.

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