‹ Athènes (volume 3)Chapitre 219 sur 234 · Scutum llerculis, v. S<l · texte numérisé non relu

Scutum llerculis, v. S<l

?i. Pri'iT-R\i>EL. Tterlierrhes sur les tuointuicnts nidopèens.

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Pausanias et Straboii ont dit (juo Tifvntlie fut l'ouvrage des Cyclopes amenés de Lycie par Prœtus. on a le droit d'exiger (juil st)it prouvé ([ue Tiryntlie existait avant le règne de ce prince. Or, Pausanias lui-niènie en fournit la ])reuve.

« Les anciennes traditions» dit-il. portaient que Pirasus avait consacré à Tirynthe une statue de poirier existant encore de son tem[)s ; elle était considérée comme la plus ancienne de toutes celles conservées dans Vl/œreuin d'Argos ; elle représentait Junon. »

La ville existait donc dès lors, et ce fait s'explique par sa fondation par ïiryns, fils d'Argus. Si, au contraire, Prœtus en avait été le i)romier fondateur, Tirynthe daterait seulement de l'an 1379 environ ^ avant Jésus-Christ; mais tout concourt à nous prouver que c'est à l'époque de Pirasus, roi d'Argos, c'est-à-dire vers l'an 1710 avant Jésus-Christ, (juil faut placer la fondation de Tii'ynthe.

Pausanias nous apprend encore (jue cette ville fut détruite par les Argiens, qui en transportèrent les habitants à Argos (|ni a\ail besoin d'être repeuplée. Suivant les traditions mythologiques. Hercule passa son enfance à Tirynthe, et y fit dans la suite un assez long séjour. C'est là qu'il amena d'Espagne les troupeaux enlevés à Géryon.

« Les murs de Tirynthe, dit Pausanias, sont construits en pierres brutes, toutes d'une telle dimension, que deux bœufs attelés au joug n'ébranleraient pas même la plus petite. Les interstices sont remj)lis par de plus petites pierres qui servent de liaison aux grosses. »

Tels Pausanias les vit au second siècle de notre ère, tels ces murs se présentent encore aujourd'hui à nos regards étonnés ; car il ne parait pas que la ville ait été rebâtie ou repeuplée après sa destruction j)ar les Argiens, environ /|68 ans avant Jésus-Christ. On no |)ont doutiM- (\uc les ruines actuelles n'appartiennent à la citadelle existant {\u Icnips d Homère, et que ces murailles ne soient celles qui firent donner par lo poète à la ville le nom de TipuvOa xei/toscjav, Tiri/iilhc cnlourco ilc iniirs. Quehiue longue que soit une pareille durée, elle ne piH'scnIo rioii d incroyable. 1ors(|u'on considè|-e les m;iss(>s gigantes(ines don! ces niins sont composés, et la foi'ce in\iiicil)l(' do résistance qu'ils oppitsaionl ;iii\ causes ordinaires de destruction.

1. M. Pclit-r.Luh.'l li\c cette prcniiriv ilale ;i Tan I IMI avaiil \'hv rliiV'ticiuic.

:UG QUATRK JOUKS DANS LK PÉLOPONiîSK.

L'Acropole de Tir\iith(\ dont la <( masse iiidosti-ucliblc a fatigué le temps, » est construite siii- un rocher oblong qui, dans sa plus grande hauteur, ne s'élève pas à 10 mètres au-dessus de la plaine, et (jui. dans plusieurs ciulrDits, se confond presque avec elle; sa direction est du nord au sud. Au nord, elle fait face à Nîiuplie ; au sud, à Mycènes. Les murs de l'Acropole renferment une superficie d'envii-on GO mètres de longueur sur .18 mètres de largeur; ils sont construits en lignes droites, mais brisées. « Une forteresse si petite, dit Dodwell^ peut nous ])araître indigne du héros de Tirynthe ; mais, malgré le peu d'étendue de tel I ain (iirclle occupe, son mur d'enceinte nous oiTre des dimensions que, sans exagération, on peut nommer lierculéennes. 11 a, en généi'al , G mètres d'épaisseur, et dans (|uel(|ues endroits 7'", 70. Sa hauteur actuelle, dans les endroits où il est le mieux conservé, est de 16 mètres. »

Les blocs qui les composent semblent avoir été assemblés à peu près dans l'état où ils étaient en sortant de la carrière. Les ])lus volumineux ont de o à /[. mètres de longueur sur l"',o3 d'épaisseur ; leur grandeur ordinaire est de 1 mètre à 2'", 35. La hauteur primitive des murs n'était probablement pas moindre de 18 mètres. On trouve dans l'intérieui' de l'Acropole un petit nombre de blocs détachés qui ont été taillés et qui paraissent avoir appartenu aux portes. La citadelle, suivant W. (lelP, (|ui en domie une d(\>^cri|)tion très-détaillée, avait trois entrées : l'une à l'est, l'autre à l'ouest, la troisième à l'angle sud-est. L'entrée de Test est dans un état passable de conservation ; un chemin oblique de 5 mètres de large, ou plutôt une rampe soutenue pai- im mur également de construction cyclopéenne, monte de la plaine en suivant les murailles orientale et méridionale d'une forte tour, large d'environ 7 mètres et lianlc de 7'". 70. et aboutit à une porte composée (Ténormes blocs de piei-res, l'architrave seule ayant 3'", /lO de longueur. La porte a 5 mètres (le hauteur. Klle jouait sui" un pivot plac»' au centre, et (|ui enli'ait d;ins (les toinillons creusés dans l'architrave et dans le seuil, de sorte (liMin des C(Més s'ouvrait en dedans et l'autre en dehors, disposition (|ui est une nouvelh; pleuve de la haute auti(|inté de cette |)orle, et de la

1. DonwEi.i, (Edw). Wiewsand descriptions of Cyclopian or Pelanuic remains in Greece and [lahi.

2. Argolis. TheHinvnini af Hrrecc ivilli a coninicnlunj un l'aiisanias ami Slrabo, fie

TIHVXTIli:.

siiiiplicité des temps où die a ('(('■ construite. La pi^rte de est est entièrement déti-iiite.

La pallie la plus curieuse de FAcropoie se trouve à l'est.

aii^i^lc >ud-

Galerio de Tiryntlie.

Auprès d'un pan de muraille bien conservé, s'ouvre une galerie ogivale formée de cinq à six assises, dont les deux supérieures s'avancent en encorbellement et se réunissent au sonnnet. Dans sa partie la |)lus élevée, la galerie, malgré l'exhaussement du sol, a encore o"\J.5 de hauteur; sa largeur est de 'r",80, et la longueiu- totale de la partie conservée est de 25 mètres. Du côté du levant s'ouvrent ciiuf fenêtres ou meurtrières également ogivales, s'élevant jusqu'à la naissance des deiiv assises inclinées de la galerie principale. Au tiers de celle-ci. on \oil deux pieri'es en face l'une de l'autre, où sont creusés deux trous (|ui durent recevoir une barre de porte. Les blocs qui compos(Mil n^Wi' galerie sont généralement plus grossiers encore que ceux dont sont lonii(''es les murailles et siniout l(>s |)orles du reste di^ renceinle. La Noùte est probablement le plus ancien exemple", en (irèc(\ de lemplni de la litrme ogivale. Dans riiih'riem' même de l'Acropole, on lrou\e mie porli' également surmoiiliM" du pierres, S(^ rappidcliaiil par eiicorbellenieiil . et l'oniiaiil une sorte d'angh^iigii an sduimel. On reconnaît encore (jiiel- ([ues exemples de ce mode de conshnclion ;i Mycèn(v<. aux en\ irons de ^lissolonghi. (mi Liolie, à Thoricos. dans r\lti(|ni'. enlin en Italie, aux l'uines (T \rpino. de S(\i;in el d \lalri.

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