‹ Athènes (volume 3)Chapitre 229 sur 234 · QUATRE JOURS DANS LE PÉLOPONÈSE · texte numérisé non relu

QUATRE JOURS DANS LE PÉLOPONÈSE

IVaiichissons trois portes, encore iiuiiiies de leurs herses; le linteau de la troisième est formé de deux colonnes anli([ues. juxtaposées horizontalement. L'enceinte franque s'élève en partie sur des constructions helléniques; la partie la mieux conservée de celles-ci accompagne la troisième porte; ce sont deux toui-s carrées, de la dernière époque pélasgique, composées d'assises en bossage bien appareillées et souvent à joints obliques, T.a' conservation de la tour de droite est surtout complète. Deux sommets sont renfermés dans l'enceinte de l'Acro-Corinthe; le moins élevé se trouve à l'ouest, et ses fortifications sont vénitiennes; le plus haut (jue nous gravissons, et qui se dresse à l'est, n'est plus qu'un rocher couvert de plantes aromatiques et terminé par un plateau portant une enceinte carrée, de construction hellénicfue, en grande pai'tie détruite. Une chapelle turcpe, ruinée, y a remplacé le temple de Vénus, au pied duquel, dit M. Beulé , jaillissail et jaillit encore la fontaine Pirène, célèbre parmi les poètes par le volume et la fraîcheur de ses eaux, où le cheval Pégase se désaltérait quand il fut saisi par Bellérophon i. De ce point élevé et par un temps clair, l'œil embrasse à la fois cet isthme célèbre par ses jeux en l'honneur de Neptune, pont gigantesque jeté entre le Péloponèse et le continent de la Grèce, les côtes de l'Argolide, de la Béotie et de l'Attique, cjuc dominent les sommets du Parnasse, de l'Hélicon et du Cithéron. A. l'ouest "se déploie le golfe de Corinthe ou de Lépante, dont le nom moderne rappelle la victoire remportée en 1571, par don Juan dWutriche, sur les Turcs, dont elle arrêta les envahissements, tandis qu'à l'est, dans le golfe d'Égine, la vue de Salamine fait battre le cœur au souvenir de cette autre victoire qui sauva la Grèce du joug des Perses. Malheureusement nous ne pouvons jouir que séparément de chacun des traits de ce merveilleux tableau; d'épais nuages nous environnent , mais de temps en temps le vent les écarte, les déchire, et une partie du panorama nous a})paraît.

L'intérieur de l'Aci-o-Corinlhe contient les ruines d'une véritable ville où la population entière pouvait cherchei' un reluge ; aussi y trouve-t-on, pêle-mêle, des constructions de tons les siècles, de nombreuses citernes de diverses époques . d'anciennes colonnes de vei't et de rouge anti([ues, de cijjulliiu), de gi'aiiit. etc.. les inics (•()iich(''(^s. les autres (1(>-

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bout, mais toutes liors de leur place primitive, deux haiiis turcs, une pelite uiosquce dont le vestibule est rempli de bnulcts et de bombes, une église grecciue consacrée à saint Dimitri. plusieurs fontaines turques, etc.

A Fouest de rAcro-Corintlie. sur une pointe un peu ninins ('levée, est une petite lurteresse constiiiile par le prince (Juillanme (le(jlVroy. f|ui l'appela Moiitosf/in'ou, Mo-jv-Ecy-oîês; elle est nonimi'i^ aujonrdliui TIî'vts iiy.ucpia, les Cinq-Coupes.

En descendant de la citadelle, nous trouvons, au pied de lu montagne, une fontaine turcjue construite de débris plus anciens; les piédroits ont pour impostes deux marbres byzantins , portant chacun un monogramme du Christ que les musulmans avaient respecté faute, sans doute, d'en comprendre la signification. Du reste, j'ai recoimu aussi plusieurs croix et monogrammes sur les murailles intérieures du l'ameux château des Sept-Tours, à Constantinople, occupé cependant par les Turcs depuis le xv'' siècle.

Temijlo ili) Curiiitlic.

A peu (le distance de la fonlainf». en allant vers la ville, on \i>it s élever sur une sorte d'esplanade les ruines d'mi temple (|ui lut eiiii>,iiiv . soit à Mincrrc Chaiiitiiis (Minei\e au livin). soit U ./l'im,, /iiinrcnin': ces deux attributions pouvant cire suggérées ])ar la lecture de IViusauias. Ce tem|)le. le plus ancien de la, (hvci^ ». nMiiente au\ dernières aum'.--

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