‹ Athènes (volume 3)Chapitre 4 sur 234 · IIkhodotf. L. I\, c. l't · texte numérisé non relu

IIkhodotf. L. I\, c. l't

ENCEINTE DE L'ACROPOLE. lo

traça aux Athéniens la marche à suivre pour mener à bonne fin la ruse qu'il avait imaginée. « On devait ensuite, dit Thucydide*, lui choisir des collègues; mais au lieu de les faire partir sui-le-champ, on devait les retenir jusqu'à ce (iiic la muraille eût atteint la hauteur strictement nécessaire pour la délcnse. Tout ce qu'il y avait d'habitants dans la ville, liommes, femmes, enfants, devait se mettre au travail, sans épargner ni édifices publics, ni maisons particulières; tout ce qui pouvait ofiVir ({uelque utilité pour la construction du mur devait cire démoli. » Cependant Thémistocle. amusant les Lacédémoniens par de belles paroles, parvenait à gagner du temps; le l)ruit des travaux exécutés à Athènes étant arrivé à leurs oreilles, il leur persuadait d'envoyer vérifier le fait par des délégués que les Athéniens, à leur tour, retenaient sous divers prétextes et dont ils se faisaient des otages pour garantir la sûreté de leur ambassadeur 2. » C'est ainsi, ajoute Thucydide, que les Athéniens fortifièrent leur ville en peu de temps; aussi reconnaît-on, aujourd'hui encore, que les constructions furent élevées à la hâte; les fondements sont formés dejjierres non a|)pai'ei liées, souvent tout à fait brutes et jetées là au hasard, comme on les apportait; on ti'ouve même des cippes funéraires et des sculptures mêlés à la maçonnerie^. »

■2. 11 essaya incontinent de rehastir la ville et les nnirailles dWthènes, en corrompant par arpent les officiers (éphores) de Lacéd('mniie, afin cju'ils ne lui donnassent point d'empesclicment à ce faire, ainsi comme escrit Theopompns ; ou, comme tous les autres disent, en les ayant abusez par vne telle finesse : il s'en alla à Sparte, comme ambassadeur despéché exprès sur ce ([ue ceux de Licédémone se plaignoyent que les Athéniens renfermoyent leur ville de murailles, et les eu accusoit enuers lo côseil de Sparte; vu orateur nommé Polyarchus, y ayant expressément esté enuoyé pour ce fait par les .î^iiinètes. Thémistochjs leur nia fort et ferme, et leur dit que, pour s'en informer i\ la vérité, ils tmuoyassefit de leurs gens sur les lieux, \(iulaiit par ce délai f^airncr tuusiours autât de temps ;ui parachèvement des murailles, et aussi que les Athéniens retinssent i)iiur ostages d6 la seureté de sa personne ceux ((ui seroyét enuoyez à Athènes pour en faire le r;ippui't : comme il auiut. n

l'i.i TAiMji t;. Tlii'iiiislocle.

» 'l'iiéniistorle triiiiipa les Laci'di'iuoiiieiis (le l;i iiianièi'e sni\:iiite. Il arriva ;"i liaci'di'mone en ((ualilé d'amhassadeiu", et nia iprini relevât les murs. Si vous ne nu' rruyi'z pas, dit-il, euxuyez les citeveiis les plus distingU(''s d'entre vous pour s'assnier ilu l'ait et retenez-moi. I,es en\(iyi''s laci''(ir'monl('Ms partirent et Tln'-mistocle donna secrètement l'ordre aux Athéniens de les retenir juscpi'à ci; cpie les murailles fussent relevées; après quoi ils ne devaient les laisser aller (|ue lors(pi'il serait lui-mèmi! de retour. La chose se passa comme Thi'mistocle l'avait dit : les nnirailles furent relevées; Thémistocle re\int à Athènes, et les envoyés de S|)arte furent rendus. >> I'oi,vk\. Strata;/. I, .'!('.

Cf. DioixniK iti; Snii.i . I,. M, §§ 39 et U). Counki.iis Nkpos, Théinistoclc, fi <l 7. .Ii-:i\. I,. Il, r. li. I''noNTi\. Slnilaij. L. I, 10.

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Cinioii. à son tour, entreprit de compléter ou de remplacer les mul'aillcs (|ui venaient dèlrc élevées à la hâte; il put alors construire à loisir et avec soin le rempart méridional de l'Acropole, et sans doute il eût terminé l'enceinte entière si le temps ne lui eut manqué. « Cimon, dit Plutarque . avait acquis honorablement une grande fortune sur les Barbares et l'employa plus honorablement encore 'i. » Et en efiet ses |)ropi'es richesses ne contribuèrent pas moins que le trésor de l'Etat aux grands travaux (]ui furent exécutés sous son administration.

En /|05. à la fm de la guerre du Péloponèse , Lysandre , maître d'Athènes, en fit démolir les fortifications, et ce fut sans doute à cette époque que furent détruites les parties de l'Ennéapyle épargnées sous Périclès. lors de la construction des Propylées.

Mluaillks de Conon. Enfin, les murailles d'Athènes et celles de l'Acropole furent relevées ou réparées encore une fois par Conon dans la i)remière année de la Q?*" olympiade (392 avant Jésus-Christ).

Lorsqu'en l'an 87 avant Jésus-Christ Sylla s'empara d'Athènes, il fit démanteler l'entrée de la citadelle-. Nous dirons plus tard comment elle fut remplacée à la hâte sous Valérien, lorsque l'Orient se vit menacé ])ar les premières invasions des Goths.

Enceinte de l'Acroi'OLe au moyen âge. Les murailles en partie ruinées furent plusieurs fois restaurées par les seigneurs d'Athènes, français

1. (I C'est, (lit ailleurs le même historien, avec le produit de son expédition contre les Perses qu'on bâtit notamment la muraille de l'Acropole qui regarde le midi. » Vie de Cimon.

2. Les historiens latins ne sont guère d'accord sur le rôle que les Athéniens jouèrent dans cette guerre :

it Vainqueur des généraux de Mithridate, dans l'Attique, la Béotie et la Macédoine, Sylla rcjn-it Atlièrifs, di'ti-uisit à grand'jjeine les fortifications du Pirée, tua plus de deux cent mille ennemis, et en prit un ])areil nombre. (À; serait ignorer l'histoire et la vérité de croire ((u'Athènes était révoltée contre nous lorsque Sylla en fit le siège. Les Athéniens se sont toujours conduits à notre égard avec uni' lidélilé si inaltérable ([uc la foi attique était passée en proverbe à Rome pour cxprinicr une lidi-Iité à toute épreuve. Au reste, accablés sous la puissance de Mithridate, les AthiMiicns avaient le double malheur de voir leur ville occupée i)ar leurs ennemis et assiégée par leurs amis. Leurs affections étaii'iii hnrs des murs où la nécessité les retenait captifs. »

Vku.ehjs Pateuculls. llist. roin. L. Il, c. 23.

'■ Sylla fait dalK-nl le si.'ge (fAtliènes; il la presse par la famine, et, qui le croirait? il réduit cette

ville, la mère des moissons, à se nourrir de chair humaine. Il ruine bientôt le port du Pirée, renverse

plus de Rix enceintes de murailles, et, après avoir dompté les plus ingrats des hommes (c'est ainsi

• pi'il appelait les Athéniens . Il leur pardonne cependtmt en considération de leurs ancêtres, de leurs

rèrémoniei sacrées et de leur n'ii'hriti'. »

Ti.oiiLS. llisl. ruiii. L. III, c. G.

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OU florentins , mais de nouveaux travaux de défense furent rendus indispensables par l'invention de l'artillerie, et lorsqu'on 4 456 Mahomet 11 se fut emparé de la ville et de la citadelle, il dut protéger celle-ci, surtout du côté de l'ouest que commandait la colline de "Musée, et il éleva alors cet énorme bastion sous lequel, à 14 mètres de profondeur, M. Beulé a su retrouver l'entrée antique. Depuis lors enfin, des restaurations plus ou moins grossières, des additions plus ou moins considérables, ont eu lieu, surtout à l'occasion du siège de l'Acropole par les Vénitiens en 1687, et aussi à l'époque de la guerre de l'indépendance, lorsque les Grecs et les Turcs s'y assiégèrent tour à tour.

L'enceinte de l'Acropole suivait les inégalités du rocher, ce qui fa'it que si sa partie supérieure était à peu près horizontale, la hauteur de la muraille n'en était pas moins très-variée.

Mlr de Cimon. Le mur du midi, Notium (de Noxo;, sud), ou Cimonium, qui se composait de deux lignes à peu près droites (Pl. V\ AB et BG), a disparu en grande partie sous les reconstructions tui'cjues. A l'intérieur, près des brèches, on en voit encore quelques traces, mais le fragment le mieux conservé , et resté presque vierge de toute restauration , est celui qui forme extérieurement l'angle sud-est de l'enceinte *. Quekfues pierres seulement ont éclaté sous le choc des boulets. Les assises sont en retraite l'une sur l'autre d'environ 0"',02, ce qui donne à la muraille une inclinaison légèrement pyramidale. L'appareil n'est pas très -grand et les pierres les plus longues n'atteignent pas un mètre. C'est au pied de cette muraille (juc se trouvent les deux théâtres, le porticjue d'Eumènes, et le monument choragic[ue de'Thrasyllus.

Le mur oriental (l*i.. V\VA)) a (''t('' r<'C()nstriiit en entier à rcxh'ricur; mais à l'inti'rieur, ;ni pied du Belvédère situé à l'angle nord-esl (Pl. I'^ D) de l'esplanade, on reconnaît à fleur de terre (•in(| assises de l'ondat'ons de plus de 3 mètres d'épaissein-. (pii peiil-èire ont apparteiui à la nun'aille anti(|ue. Sous le rempart oriental s'ouvre une vaste groth», elTrayanle par ses éboulements ([iii ont couvert de blocs et de débris tout le liane du rocher.

Mrn ni': TmhiiSTOCi.i':. Le rempart du nord (Pi,. \" . I) G I), coniiiosi' d'une longue ligne brisée formant de nonil)reux| angles saillanis on vow-

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