Iliade, ii
2. Ce chiffre de neuf est sacré (Cf. XEitiicacroiinos, la fontaine aux neuf bouches, construite par les Tyrans). On a aussi allégué que le mot Pélasgicon désignait toute l'enceinte primitive, y compris celle du plateau supérieur.
L'ACROPOLE AVANT PÉRICLKS 35
cherchaient un abri et un appui dans les luttes incessantes des grandes familles à propos de l'archontat : c'est ce que fit Cvlon. candidat à la tyrannie, entre 632 et 628.
C'est vers la fin du vil" siècle que fleurit sur l'Acropole l'architecture archa'ique de tuf pol3-chromé, l'une des révélations les plus inattendues de l'archéologie. La série semble avoir été inaugurée par la construction d'un temple double d'Athéna-Pandrosos et de Poseidon-Erechthée, sur le site même de l'ancien palais royal. A défaut des ruines du temple luimême, que firent disparaître le vandalisme perse en 480 et la construction de l'Erechtheion en marbre en 420, un liasard inespéré nous en a restitué
Fronton de l'olivier. Représentation de l'ancien Erechtheion Musée de l'Acropole
1 image. C'est un fragment de fronton s(iil])iè en tuf. provenant des restes de l'Hékatompédon de Pisistrate. On y reconnaît un édifice sacré, décomposé en deux parties : à droite, un petit temple couvert d'un toit en tuiles, sans frise ni fronton, avec des murs aux assises alternativement hautes et basses; à gauche, en retrait, se détache un mur d'enclos, d'où émerge un feuillage d'olivier. Deux figures de femmes, porteuses de corbeilles, et les restes de deux figures d'hommes appartenaient à une procession sacrée qui longeait le sanctuaire. Comment ne pas reconnaître, dans ce sanctuaire double, l'enclos de l'arbre sacré de Pandrosos-Athéna ou Pandroscion, et la chapelle d'Erechtheus ou E redit lie ion, enfin dans les canéphores de la procession le prototype des futures Caryatides de l'Erechtheion de 420? Il n'est pas certain qu'Athéna Polias ait alors cohabité à l'intérieur de la chapelle avec Erechtheus: son autel et peutêtre son idole en bois d'olivier pouvaient se dresser au dehors, devant la façade Est de cet antique Erechtheion. .Mais, après la constitution de
3b ATHENES
Solon (594). à mesure que la cité prenait conscience d'elle-même, la personnalité d'Athéna se dégageait du mythe naturiste de Pandrosos, et gagnait en autorité: elle s'identifiait plus étroitement avec la cité dont elle devenait la personnification la plus populaire.
Ce fut sans doute Pisistrate qui organisa le culte officiel d^Uhéna Polias. Il reconstitua, sans les supprimer, les Panathénées annuelles en une grande fête quinquennale, avec concours gj^mniques et musicaux. Ces Grandes Panathénées, dans sa pensée, devaient rivaliser avec les jeux olympiques et pythiques. Une telle extension, aussi politique que religieuse, du culte d'Athéna exigeait que la déesse fût pourvue d'un temple où elle fût vraiment chez elle, entourée de ses trésors. C'est pour-
Lutte d'Héraklès contre Triton, devant Typhon. Fronton Ouest Je l'ancien Héliatompédon. partie gauche (Musée de l'.'^cropole] .
quoi l'on est fondé à rattacher à l'institution des Grandes Panathénées, en 566, la construction du premier temple spécialement consacré à Athéna Polias, et à en faire honneur à Pisistrate. On l'appela \' Hékatompèdon ou temple de cent pieds '. nom qui indique qu'on avait voulu faire grand Les substructions, en pierre de l'Acropole, et divers fragments en ont été retrouvés. Il fut dressé tout contre le Pandroseion-Erechtheion, sur les ruines mêmes du mégaron mj'cénien. C'était un temple dorique amphiprostyle in antis. à 2 colonnes sur chaque façade, long de 32™. 80 fioo pieds éginétiquesj, en tuf enduit de stuc blanc. Le plan intérieur se décomposait en deux parties. La moitié Est du temple était le lieu saint, le naos, partagé en trois nefs par une double rangée de colonnes : là fut installée l'idole d'Athéna Polias. grossier fétiche en bois d'olivier, vénéré comme le Palladion de la cité. L'autre moitié, à l'ouest, divisée en trois salles, formait le mégaron ou Gpisthodonie affecté au temporel