‹ AthènesChapitre 15 sur 84 · I. Il s'agit du pied éginétique de o · texte numérisé non relu

I. Il s'agit du pied éginétique de o

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de la déesse, à ses trésors, à ses offrandes les plus précieuses, au matériel du culte. Plus tard, en 485. ces salles étaient ouvertes aux visiteurs trois fois par mois

Très originale et pittoresque était la décoration de l'entablement, en calcaire de l'Hymetteet en marbre stuqué et polychrome. La frise extérieure ou triglyphon dorique présentait une alternance de triglyphes de teinte noirâtre et de métopes lisses, en calcaire stuqué ou en marbre blanc, et bordées en haut d'un liseré de feuilles bleues et rouges. Les mutules du larmier, peintes en noir, se détachaient entre deux bandeaux rouges. Le triangle des frontons encadrait d'étranges groupes de sculptures en calcaire vivement jiolychromé Celui de l'est représentait

Lutte d'Iiér.iklès contre Triton, devant Typhon. Fronton Ouest de l'ancien HéliatonipéJon. partie droite (Musée de l'Acropole).

V Apothéose cf Ilri'iiklcs : il en reste la ])artie droite, qui ligure le héros, escorté par Iris, s'a]iprochant devant Athéna et Zeus assis au centre de la coinposition ; dans les angles, deux serpents figuraient les gardiens du double sanctuaire. Sur le fronton Ouest, se déroulait un drame plus violent : lu lutte d'Hcmklès contre le dieu marin Triton, assisté de Typhon ou de Tritopator, dieu de l'ouragan. Le corps-àcorps athlétique du héros fortement musclé et du dieu mi-homme et mi-serpent, remplissait la moitié gauche ; au milieu si' dressait une figure centrale non retrouvée : dans la moitié droite, s'allongeait Typhon, monstre à trois corps composés de trois bustes humains que terminaient trois corps de dragons enroulés. Les barbes et les chevelures étaient peintes en bleu, les yeux en vert. Les mains de Typhon tiennent des flammèches et des oiseaux ; des ailes au plumage bariolé sont attachées à ses épaules ; des bandes multicolores, bleues et rouges, figurent les écailles d("s corps de serpents de Triton et de Typhon. Sous le plafond <lu fronton. alternai<'nt des motifs végétaux et animaliers, de

grandes palmettes de lotus et des aigles pécheurs aux ailes déployées. La c3Tnaise en marbre déroulait un bandeau de palmettes et de fleurs de lotus rouges sur fond bleu, entre deux cordons d'ornements rouges. Elle se recourbait en volutes aux angles et aux faîtes des frontons. En guise d'acrotères, il y avait, aux quatre angles, des panthères et des lionnes accroupies en marbre peint, et sur le faîte de chaque fronton, des Gorgones ailées et agenouillées tenant des serpents (p. 471.

Cet art violemment bariolé et enluminé convenait à ces épisodes d'une mythologie encore barbare qui cherchait à frapper les imaginations en mettant aux prises l'héroïsme du héros bienfaisant avec les forces monstrueuses de la nature. Ce sont là des procédés enfantins d'édification, pareils à ceux de l'imagerie d'Epinal. Il y avait en outre cinq autres édicules plus petits, en tuf peint, d'un style encore plus primitif, dont les fragments ont été retrouvés sans qu'on puisse les replacer sur des substructions dûment reconnues. Le plus ancien paraît remonter à la fin du Vil" siècle. Son fronton représentait Héraklès luttant contre l'Hydre de Lcrnc. qu'il écrasait de sa massue : lolaos, cocher du héros, un pied posé sur le char, regardait le combat: dans un coin, à gauche, le crabe envoxé par Héra au secours de l'Hydre, pinçait Héraklès au talon. Sur un autre fronton, se voyait encore la lutte d' Héraklès et de Triton. Tous ces sujets, tirés de la légende du même héros, attestent sa popularité en Attique. Mais ensuite, par jalousie à l'égard de l'Héraklès dorien. les Athéniens lui créèrent un doublet et un émule en la personne de Thésée, dont ils firent l'Hercule attique'.

Dès le début du W siècle commencèrent à se dresser aux alentours de tous ces édifices les offrandes de statues ou de groupes, les unes en tuf peint, comme ces combats de lions terrassant des taureaux, les autres en marbre peint, tels que le Moschophore (sacrificateur portant un veau) , puis, à partir de 540, toute cette série de statues de jeunes femmes (korai) et de jeunes hommes [kouroi], de cavaliers, etc., qui s'échelonnent jusqu'aux premières années du V'' siècle. Il en sera question plus loin, dans la description du 31usée de l'Acropole. La technique du marbre s'était substituée, vers la fin du Vf siècle, en sculpture, à celle du tuf et du calcaire. La polychromie outrancière, nécessaire pour dissimuler les rugosités de la matière, se réduisait, avec le marbre, à un ornement plus discret. Les sculpteurs employèrent, après le tuf tendre du Pirée. le calcaire dur et grisâtre de l'Hymette, puis le marbre blanc du Pentélique. et

I. E. Pottier. Pourquoi Tliésèc est devenu !\i!in' d'Hercule.

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enfin celui de Paros. Kn architecture, le calcaire dur de l'IIymette et le marbre du Pentélique n'étaient employés que partiellement, comme dans IHékatompédon in anfis, pour les parties décoratives, métopes, corniches, frises et acrotères. L'application de ce luxe nouveau aux façades du temple périptère de Delphes, construit par les Alcméonides entre 536 et 315. fit sensation. Les fils de Pisistrate. Hipparque et IHppias, rivaux des Alcméonides, se firent un ]ininl d'honneur d'en doter aussi leur Acro-

Athéna terrassant Encelade. Fronton Hst en marbre de l'Hékatompédon périptère (Musce de l'Acropole'.

pôle. Comme leur père, ils avaient à cœur l'éclat du culte d'Athéna : c'est en présidant aux préparatifs des Panathénées qu'IIipparque fut assassiné en 514 par Harmodios et Aristogiton.

Ils décidèrent donc, vers 520, la transformation de l'Hékatompédon in antis. construit par leur père en tuf et en calcaire. N'osant pas le démolir en entier, ils se contentèrent de l'agrandir en temple périptère par l'adjonction d'une colonnade extérieure ou pèristasis dorique en tuf. avec frise et frontons de marbre. lîn effet, partout le temple périptère s'était imposé comme le type définitif de la maison divine. En .Sicile, en Argolide, à Corinthe. à Olympie. à Delphes, dans les îles et en lonie

(Samos et Ephèse), des périptères colossaux faisaient l'orgueil des riches cités. A cet égard, Athènes restait fort en arrière, car l'Olympieion, commencé vers 530 par Pisistrate, n'en était encore qu'au sous-œuvre. La colonnade des Pisistratides fut ajoutée comme une enveloppe autour du temple /;; antis, converti en sècos ' du temple nouveau, mais pourtant remanié de façon à s'adapter aux proportions plus élevées du périptère. C'est ainsi qu'il perdit tout son toit et son couronnement dorique, sa frise à triglyphes et à métopes, ses frontons de calcaire peint, sa cymaise, ses acrotères. Ses colonnades doriques in antis devenaient trop basses pour servir de façades au pronaos et à l'opisthodome; on suppose qu'elles furent remplacées par des colonnes ioniques, plus élevées, à raison de quatre sur chaque front, ce qui donnait un pronaos et un opisthodome non plus /// antis. mais amphiprostj-les, à la mode ionienne. La frise dorique, auparavant extérieure, aurait été remplacée sur les parois du sécos, sous le péristyle, par un bandeau continu de bas-reliefs, également sur le modèle des frises extérieures des temples ioniques. Cette frise aurait représenté la procession des Panathénées-. Le résultat de ces remaniements aurait donc été d'enfermer un sécos ionique à l'intérieur d'une enveloppe dorique, et de créer ainsi un monument composite, dont s'inspira plus tard l'architecte du Parthénon.

Extérieurement, en tout cas, l'ordonnance de l'Hékatompédon périptère était toute dorique. Les nouveaux frontons, en marbre discrètement polychrome, représentaient : à l'est, une Gigantoniachie, avec un groupe central d'Athéna terrassant le Géant Encelade (p. 39; ; à l'ouest, un combat d'animaux. La cymaise, en marbre, était décorée de chéneaux en muiles de lion et de palmettes peintes.

Plus imposant et plus vaste que son aîné, le nouvel Hékatompédon avait douze colonnes de tuf stuqué sur les grands côtés et six colonnes sur les façades: il formait un rectangle de 43'", 95 sur 2i"\85. Mais cette modernisation lui faisait perdre la saveur de l'archa'isme pittoresque de son devancier En revanche, le gracieux entourage des korai en marbre

1. Ce terme désigne la partie murée du temple, à l'inténeur de la péristasis, c'est-àdire le pronaos, la cella et l'opisthodome.

2. Telle est du moins la théorie récemment soutenue par Schrader et Dœrpfeld (Atlienische Mitteilungen des K. archceol. Instituts (XXX, 1905, p. 305; XXXVI, 1911, p. 41). Schrader attribue à cette frise de THékatompédon périptère les bas-reliefs archaïques de la Divinité innntant en char et de V Hermès au pèlase {Musée de l'Acropole) ; mais d'autres (Furtwaengler. Muncliener Sit^tingsberichte, 1906, p. 143) croient que ces reliefs décoraient le grand autel d'Athéna. Du moins, la théorie de Schrader a l'avantage (peut-être spécieu.v) de reconstituer les antécédents du Parthénon. comme cela sera e.xpliqué plus loin.

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