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consacrés. Chaque enclos avait son clergé, ses fidèles, ses protecteurs tout-puissants et très conservateurs. Autant de chapelles, autant de coteries aristocratiques et sacerdotales, hostiles au chef de la démocratie, ardentes à défendre leurs privilèges contre les empiétements et les prétendues profanations des architectes. La rectification dun péribole, le déplacement d'un autel ou d'une idole soulevaient des clameurs, qui inquiétaient les consciences superstitieuses, et faisaient parfois hésiter les auteurs du programme. Il leur fallait négocier, transiger avec ces résistances particularistes. rogner certains projets ou même en ajourner l'exécution. Les ruines elles-mêmes nous révèlent ces menus conflits : ainsi le plan tronqué et asymétrique de l'aile Sud des Prop3-lées accuse la mauvaise volonté des sanctuaires d'Athéna Xiké et d'Artémis Brauronia. La situation de l'Erechtheion était encore plus compliquée. Il y avait là à respecter et à concilier les prétentions des sacerdoces les plus anciens, les plus aristocratiques, fort entichée de leurs prérogatives. La famille des Etéoboutades n'eût guère permis à Périclès de toucher, même pour le parer d'un cadre momumental, à cet amas hétéroclite de reliques : l'idole en bois d'Athéna, l'olivier sacré, les marques du trident. 31ieux valait ne pas commencer par agiter ce pieux guêpier, mais débuter par une entreprise qui ne se heurtât à aucun veto rituel ou liturgique.
Tel était le cas du Parthénon. Là, le terrain était libre de toute opposition : il n'}' avait aucun clergé à ménager. La démocratie avait conçu et ébauché ce monument, symbole de la cité moderne, en face de l'Erechtheion et de l'Hékatompédon, sj-mboles de la vieille Athènes ro5^ale et oligarchique. Elle avait à cœur d'achever cette œuvre, preuve de sa vitalité. 31ème le serment de Platées ne soulevait aucun scrupule à son égard : le temple, à peine sorti de terre, n'était pas encore consacré par la présence d'une idole. C'est pourquoi Périclès dut, et put sans difficulté, commencer par le Parthénon.
Les constructions de l'Acropole se succédèrent dans l'ordre suivant : entre 460 et 450, le socle et l'autel d'Athéna Niké : de 447 à 438, le Parthénon; de 43 7 à 43 2 , les Propylées; après la mort de Périclès et par les soins de Nicias et du parti aristocratique, de 420 à 407, l'Erechtheion; vers 420, le temple d'Athéna Xiké.
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Monnaie d'.-\thénes
■icsiituiiuii de Icu'.iec Je i Acropole au V siècle avan;