ENTRÉE DE L'ACROPOLE. - TEMPLE D'ATHÉNA XIKÉ PROPYLÉES
Hutréc de r Acropole ail V' siècle. — « L'Acropole, écrit Pausanias', n'a qu'une entrée ; elle n'est accessible d'aucun autre côté, étant partout escarpée et enclose d'un puissant reni]iart. « Le seul côté abordable était à l'ouest ; l'entrée unique dont ])arle Pausanias n'était autre que les Propylées et la rampe qui les précédait. Vers la fin du \'' siècle, après les travaux de Périclès et de Xicias, l'entrée de l'Acropole ne ressemblait plus à ce qu'elle avait été cent ans plus tôt. après la chute des Pisistratides ; elle ressemblait encore moins à ce qu'elle est devenue au li" siècle après Jésus-Christ et à ce qu'elle est aujourd'hui. C'était une simple rampe remblayée, large de 23 mètres. 11 n'y avait ni escalier, ni mur> de défense, en contre-bas des Propylées, autres que les ruines du Pélargicon ; sur le côté nord, un parapet courait sur les escarpements du roc.
Pausanias, 1 {/l//;Vii). 22. 4.
La Voie sacrée qui prolongeait les rues venant de 1 Agora et du versant sud contournait le bastion d'Athéna Niké et serpentait jusqu'aux Propylées après avoir décrit un coude à travers toute la largeur de la rampe. Celle-ci était coupée en deux terrasses ou plans inclinés par un soutènement transversal que le chemin franchissait par une porte, au pied de l'aile Nord des Propvlées. La voie formait une piste dallée, dont le milieu était entaillé de stries pour faciliter la montée des animaux de sacrifice.
Porte Beulé et entrée de l'Acropole.
Le corps de garde de l'Acropole logeait sur la terrasse inférieure. Il se composait sous Périclès de trois archers sc\'thes et de cinquante gardiens qui assuraient la police du sanctuaire par des rondes de jour et de nuit, mais n'habitaient pas à l'intérieur du péribole sacré. Sur la terrasse supérieure, un chemin latéral se détachait vers un petit escalier affecté au service du temple d'Athéna Xiké p. 5(3 .
Tcinplt- d'AthciU} Nike Victoire Aptère . — La gracieuse apparition de ce temple en miniature, si léger sur son haut jjiédestal, est comme le premier accueil de l'atticisme au seuil de l'Acropole.
.Sa blancheur virginale semble plus immatérielle que le fond bleu du ciel. Pourtant, c'est à ce tabernacle d'étagère, menu comme une châsse.
ENTRÉE DE L'ACROPOLE. TEMPLE DATHENA NIKE
que les Athéniens confiaient le s\mbole de leurs espoirs les plus vastes et les plus tentices : l'idole de l;i Victoire. C'était, en réalité, sous le nom d'Alhéna Xiké un aspect particulier de leur grande Protectrice. La déesse, fiourée sans ailes, reçut le surnom populaire de Victoire Aptère (sans ailes) : ainsi, disait-on, elle ne pourrait s'envoler hors d'Athènes. L'emplacement n'avait pas été choisi au hasard. Le socle cubique du temple remplaçait l'ancien saillant du rempart mycénien. Dressé sur un éperon du roc, ce bastion avait servi de guette d'où l'on
R.impe d'accès de l'Acropole, avec la Tour franque. aujourd'hui démolie.
surveillait la campagne et la mer I>a légende en faisait l'observatoire d'où le roi Egée aurait épié le retour du vaisseau (1(> Thésée, parti en Crète pour combattre le .Minotaure. 1 1 avait été convenu que le navire, en cas de victoire, arborerait une voile blanche ; le héros victorieux, mais troublé par l'abandon d'Ariane, oublia sa promesse Egée, apercevant une voile noire, se précipita dans son désespoir du haut de la tour ; un hérôon, ou chapelle appelée .Egeion, lui était, en effet, consacré au pied du rocher. Il n'y a là sans doute qu'une légende régressive, analogue à celle d'Krechthée et d'Agraulos '. .Egée devait être un ancien dieu marin, primitivement adoré au pied du rocher Tombé comme Erechthée au rang de roi. il était monté sur le plateau de la citadelle royale.