I. — TOPOGRAPHIE GÉNÉRALE
L'Acropole, berceau d Athènes, fut le centre et comme le pivot de la ville basse dès sa formation. Cette ville, au dire de Thucydide ', se serait formée au sud de la citadelle: « .Vvant Thésée. l'Acropole d'aujourd'hui constituait la \'illc. avec la réyioii inférieure qui s'étendait surtout au midi. En voici la jjreuve : c est sur IWcropole même que se trouvent aussi, avec celui d'Athéna, les sanctuaires d'autres divinités, et ceux du dehors se sont fondés plutôt de ce côté de la ville : ainsi celui de Zeus Olympien, le Pythion, le sanctuaire de la Terre, celui de Dionysos aux Marais, en l'honneur de qui on célèbre les plus anciennes Dionysies, le 12 du mois Anthestérion, comme c'est encore l'usage actuel chez les Ioniens, issus (les Atliéniens 11 y a encore d'autres temples anciens situés dans ce ([uartier. 1)<- ])lus. la fontaine, qui porte aujourd'hui, par suite de
I. Il, 15. — Cu texte a été fort discuté, surtout on ce qui concerne la position de rEnnéacrounos, située par Pausanias à l'ouest de l'Acropole, où Dœrpfeld croit l'avoir retrouvée (Voy. p. 129 et le plan de la p. 15}.
l'aménagement qu'en firent les Tyrans, le nom d'Ennéacrounos (aux neuf bouches), et qui, anciennement, quand ses eaux coulaient à découvert, s'appelait Kallirrhoé, servait, en raison de sa proximité, aux usages les plus solennels : maintenant encore la tradition antique subsiste dans l'emploi rituel de cette eau pour les préliminaires du mariage et autres cérémonies religieuses. Enfin, c'est à cause de l'établissement primitif qui était sur l'Acropole que jusqu'à ce jour les Athéniens continuent à l'appeler Polis la A'ille »
Mais peu à peu ce premier faubourg, nommé Liiniiai (les .Marais), à demi rural et sacré, fut délaissé avec son agora ancienne (occupée plus tard par l'Odéon d'Hérode Atticus) et ne connut plus que l'animation interniittente des fêtes dionysiaques. La vie urbaine se concentra au nord-ouest, dans le faubourg ouvrier, autour de la nouvelle agora du Céramique, véritable cœur de la ville basse ou Asty à partir du VU- siècle.
L'enceinte des Pisistratides décrivait, autour de l'Acropole comme centre, un circuit elliptique allongé d'est en ouest sur un axe de 1.300 mètres et un axe nord-sud de i.ooo mètres. Celle de Thémistocle, complétée à l'ouest par Cléon, arrondit ce périmètre en l'étendant de 500 mètres vers le nord^ Il en résulta un périmètre à peu près circulaire de 6 kilomètres, avec un diamètre de 1.300 mètres. L'Acropole se trouvait ainsi reportée en dehors du centre, à la limite de l'agglomération la plus populeuse.
Le rempart ' longeait au sud-est la berge de l'Ilissos ; à l'ouest, il couronnait la crête du croissant de hauteurs qui formait du côté de la mer, entre les deux tètes des Longs-31urs, le bouclier de la ville. Au nord et à lest, il s'étalait en plaine Les régions intérieures de l'Asty étaient délimitées par les accidents du terrain Au sud, entre l'Acropole et le mur méridional, s'étendait, du côté sud-est, la solitude sacrée de Limnai ; du côté sud-ouest, le quartier plus populeux de Kollytos, entre l'Acropole et le Mouseion. Au nord, dans une sorte de cuvette dont l'Acropole. l'Aréopage et la butte de Kolonos Agoraios formaient le
1. Il n'en reste que fort peu de traces; les plus visibles se remarquent sur le côté ouest, entre le Mouseion et la colline des Nymphes et près du Dipylon. Le rempart de Thémistocle, improvisé en neuf jours environ, grâce au concours de toute la population et à une division méthodique du travail entre les dix tribus, se composait d'un socle en maçonnerie expéditive, fait de matériaux de fortune, haut de i mètre, épais de 2"". 40 ; le corps du mur était en briques crues, avec chaînage de bois, créneaux et galerie de ronde couverte d'un toit. Des tours flanquaient les courtines et les portes. Ces murs furent remaniés et réparés par Conon en 394-3. et par Habron. fils de Lycurgue, en 305. (Voy. Noack, At/tenisclie Mitfcrl. des K. Lirrh. Instituts, xx.vir, 1907, p. 123-160,473-566.