I 2. — LES COLLINES A L OUEST DE L ACROPOLE : MOUSEION. PNYX. ARÉOPAGE
Le front du rocher qui fait face à l'Acropole, à l'ouest, se décompose en trois hauteurs : la colline des Muses ou Mouseion, celle de la Pnyx et celle de.^ Xymphes.
La colline des Muses, la plus haute ^147 mètres domine l'Acropole de son cône aigu, excellent observatoire sur la route du Pirée et point stratégique des Longs-Murs. Le Long-3Iur Sud venait s'amorcer sur cette crête à l'enceinte de Thémistocle et au mur de Cléon. Mais, en dépit de son nom, cette colline n'a guère porté bonheur à Athènes Démétrios Poliorcète V installa, en 204. une forteresse pour s'assurer la maîtrise de la ville et de ses communications avec la mer. Ironie plus cruelle encore, c'est de la colline des Muses que partit, en 1687. la funeste bombe vénitienne qui fit sauter la Parthénon I Une autre disgrâce lui est restée : celle d'une ruine informe dont la silhouette tronquée la coifiFe déplorablement. Tout est ridicule dans ce mausolée de Philopappos : son air balourd et emphatique, le nom Celui qui aime son grand'père^ et le personnage qu il honore, épave de la dynastie déchue de Commagène, qui, grâce à son opulence, avait acheté le consulat chez les Romains, en 100 après Jésus-Christ, et le titre de cit03'en chez les Athéniens. Philopappos obtint, sans doute à ses frais, les honneurs de ce monument, où il était représenté sur son char consulaire, précédé de six licteurs, et statufié entre deux de ses ancêtres. A cette époque, Athènes n'était guère difficile sur le choix de ses grands hommes, pour peu qu'ils fussent généreux : sans honte, elle accepta d'exalter bien en vue, en face et au-dessus du Parthénon . la vaniteuse nullité d'un « rastaquouère » svrien.
La colline de la Pnyx est la pente rocheuse qui s'oppose au front Ouest de Tx-Vcropole. La Pnyx 'c'est-à-dire : l'endroit où l'on est serré} était le siège de l'assemblée du peuple, avant qu'il eût pris l'habitude, à partir du milieu du IV^ siècle, de se réunir sur les gradins plus confortables du théâtre de Dionysos. Aristophane et d'autres auteurs la désignent comme un local aménagé sur des roches, en vue des Propylées, Or, il existe, sur le versant rocheux qui regarde l'Aréopage et les Propj'lées, les restes d'un aménagement en forme d'esplanade à demi circulaire : cet hémic\'cle, de 1 20 mètres de diamètre, dont l'axe est orienté du sud-est au nord-ouest, s'appuie sur un énorme mur de soutènement