HISTOIRE ET TOPOGRAPHIE MONUMENTALE
leur résistait avec désespoir; la tyrannie des Pisistratides les avait habilement, puis violemment comprimées. Enfin la constitution de Clisthène
en 507 inauL;ura le rét;ime rationnel du sclf-govtriiint/it' . Désormais, sûr de recueillir un profit ou une jouissance des sacrifices quil consen-
I. Cf. Alfrctl Croisot. I.i-s i/t-iiiorr.ilirs .iiiliqiits. p. 60 et suivante;
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tira pour la cité, le citoyen libre ne ménagera rien de ce qui contribue à la puissance, à la beauté, au rayonnement lointain de la patrie
Au moment précis où Athènes se forgeait une àme nouvelle et un idéal de progrès par le libéralisme et l'esprit civique, un hasard providentiel fit éclater la double crise des guerres médiques. Le Grand Roi en voulant subjuguer la Grèce, savait qu"il allait frapper à la tète du mouvement émancipateur de l'hellénisme. Pour la cité athénienne, ce danger fut comme l'épreuve qui sert à vérifier le maximum de puissance d'un mécanisme tout neuf Les ressorts de l'énergie athénienne se tendirent jusqu'à l'extrême limite de la résistance. Des quatre journées libératrices de Marathon, de Salamine. de Platées et de .Mycale. trois furent l'œuvre personnelle d'Athènes. Celle-ci s'était vraiment sacrifiée pour tous : à deux reprises la ville avait été anéantie par les Perses 480 et 479 ; les Athéniens n'eurent plus que des ruines pour foyers. Au début de septembre 480, tandis qu'après le combat des Thermo- P3'les, toute la population d'Athènes s'était réfugiée à Salamine et à Trézène et que l'armée montait les deux cents vaisseaux ancrés devant Salamine, Xerxès avait débouché en Attique par la Béotie et sa flotte s'était embossée dans la rade de Phalère. Les barbares avaient pénétré sans coup férir dans la ville abandonnée : ils s'étaient précipités à l'assaut de l'Acropole, et. après un siège de deux semaines, l'avaient complètement incendiée. Quelques jours plus tard 27-28 septembre) la déesse avait pris sa revanche à Salamine. 3lais dix mois après (juinjuillet 479. Mardonios revenait exercer de nouvelles représailles au nom de son maître vaincu. Il trouva Athènes de nouveau déserte. A\-ant négocié sans succès la soumission des Athéniens réfugiés une seconde fois à Salamine, il assouvit sa fureur sur les pierres de la ville. Tout fut jeté bas et incendié. Rien ne subsista ni de l'enceinte des Pisistratides, ni des temples, ni des maisons, sauf de celles où les plus nobles des Perses s'étaient logés. L'Acropole sans doute subit de nouveaux outrages. Mais peu de temps après (septembre 479 , le triomphe de Platées libérait définitivement la Grèce et permettait à Athènes de réparer son double désastre.
Il fallut d'abord parer au plus pressé, c'est-à-dire à la restauration de la ville détruite, à la mise en état de ses défenses militaires. C'est à quoi pourvut l'activité de Thémistocle durant l'hiver 479-478. Éludant habilement la surveillance jalouse de Sparte, il refit à la hâte une enceinte plus vaste, improvisée en partie avec des matériaux de fortune, décombres de la ville et débris de stèles funéraires provenant des cimetières profa-
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nés. Terminé en neuf jours ce rempart suffisait à mettre la ville à l'abri dunf surprise et d'une escalade ; il fut ensuite complété à loisir'. Une fois assu rée d'un refuge, Athènes poursuivit sa tache : Thémistocle commença à relever le mur Xord de l'Acropole, par où les Perses avaient escaladé la citadelle, puis il entreprit l'aménagement d'un port de guerre et de commerce au Pirée, plus sur que la rade foraine du Phalère. Un rempart, en belles pierres de taille reliées par des crampons, entoura les trois bassins du Pirée d'une ceinture de dix kilomètres de développement.
JJ'aprùs G. Fuua
.Athènes, le Pirée et les longs murs.
r,r,- uni. Collection des Guides Joanne. H.ieliette et C cditcu
Un élan d'entliousiasme et de confiance, qui contrastait avec réooïsmc jaloux et temporisateur de Sparte, entraînait Athènes vers une politique d'expansion et d'hégémonie maritime à grande portée. Ses hommes d'État se mirent en devoir de soutenir ce rôle ambitieux. Par un bonheur suprême, la découverte récente (483) de la « source d'argent ' » de Maronée au Laurion, après lui avoir fourni les moyens d'équiper la flotte de Salamine. ajoutait de nouvelles ressources financières au butin considérable récolté à Marathon et à Platées. Le tribut perçu des alliés en échange de la protection alliénicnnc n'allait pas cesser d'alimenter le trésor. C'est dans ces conditions qu'Aristide fonda en 477 le protectorat d'Athènes sur les îles et les rivages de la mer Kgée. et que Cimon en assura les profits en promenant victorieusement le pavillon athénien à travers les mers grectiues '466-449}.