LA \II,LK BASSK
lieu fait à souhait pour les villégiatures épicuriennes des riches Gréco- Romains : les villas, les thermes s'}' multiplièrent parmi les parcs.
A cette cité de luxe on fit une entrée monumentale. Ce qu'on appelle ÏArc d'Hadrioi est un monument composite en marbre pentélique, à double façade et à deux ordonnances superposées. Celle d"en bas, en arc romain cantonné de pilastres, supporte un portique grec, décoré de colonnes corinthiennes, couronné d'un attique et d'un fronton. Les trois baies su]3érieures , aujourd'hui à jour, étaient jadis aveuglées par des cloisons et garnies de statues sur les deux côtés .
Comparé aux fastueuses constructions d'Hadrien, le monument parait plutôt maigre. 11 est possible qu'il soit (lu non pas à l'emjjereur luimême, mais à la reconnaissance un peu indigente des Athéniens. En tout cas. le ton flatteur de la dédicace est un hommage rendu au fou dateur de l' Athènes-Nouvelle ou Hcidrianopolis Klle dit, en vers grecs, du côté de lAcrojiole : « C'est ici Athènes, l'ancienne ville de Thésée », et, du côté opposé : « C'est ici l'Athènes d'Hadrien et non plus la ville de Thésée. » Ces termes se justifient par le fait que l'arc s'élevait à la place d'une porte de l'enceinte archaïque du vi' siècle, que les 'contemporains d'Hadrien identifiaient avec la cité de Thésée.
Tout près de cette porte, les colonnes de VOlyinpicion rappellent la plus colossale entreprise d'architecture qui ait été tentée à Athènes. Après plusieurs essais avortés, elle n'al)outit que grâce à Hadrien. Te
L'arc d'Hadrien côté Est). Au fond, l'Acropole.
premier. Pisistrate. vers 530. avait posé les assises d"un immense temple dorique de Jupiter Olympien, tout entier en tuf. L'œuvre inachevée resta à l'état d'ébauche jusqu'à ce qu'Antiochus IV. roi de Svrie. confiât en 174 avant Jésus-Christ à l'architecte romain Cossutius le soin ilc la reprendre sur un plan et avec des matériaux nouveaux. A la mort du roi, en 164, le temple, en marbre pentélique. n'était qu'à moitié construit : tel quel. il était, dit Tite-Live. » le seul au monde qui parût proportionné à la majesté du dieu ». Hadrien le termina, dans l'intention d'en faire le
Les colonnes de l'Ôhuipieion et le Zappeion.
centre de fêtes panhelléniques où seraient représentés les peuples de la Grèce réconciliés par la paix romaine. 11 eut la satisfaction de le consacrer lui-même en i 29 après Jésus-Christ, à l'inauguration des Panlu'Ucjiia Le temple se dressait au milieu d une terrasse rectangulaire contrebutée par un péribole à contreforts. Le périmètre enclos mesurait 668 mètres qui équivalent à peu près aux quatre stades indiqués par Pausanias. On v entrait par un propylée dorique au nord-est. LTne quantité de statues peuplait les abords et l'intérieur de l'enceinte. Il y avait aussi un sanctuaire de Kronos et de la Terre olympienne, avec un trou sacré qui passait pour être l'ancien déversoir des eaux du déluge de Deucalion.
LA VILhE BASSE
Le temple lui-même comptait parmi les colosses de l'architecture grecque. Ses dimensions en faisaient le rival des grands temples d'Ephèse, d'Agrigente et de Sélinonte. Il mesurait 107'", 75 de long sur 41'", 70 de large ; sa superficie était une fois et demie celle du Parthénon.
L'01\mpieion, l'Acropole et le Mouscion.
La cella formait une cour hypèthre, c'est-à-dire à ciel ouvert, entourée d'une double rangée de 20 colonnes corinthiennes sur les côtés longs et d'une triple rangée de 8 colonnes sur les façades, véritable forêt de 104 fûts hauts de 17 mètres II ne reste jjIus de cette futaie de marbre que 15 colonnes debout, dont un bouquet de i;,. ]3ortant leur architrave et placées sur trois rangs à l'angle sud-est (ki jjronans. Une 16'' colonne.
l'ilnl.. .1.- .M. Oia
Colonne renversée de l'OKiiipieion.
al)attue par un cyclone en 1852. allonge sur le sol ses tambours disloqués. Pour que ce temple n'eût rien à envier aux plus magnifiques, Hadrien avait fait représenter le dieu \n\r un colosse d'or et d'ivoire. Sa propre litatue colossale, offerte par les Athéniens, se dressait dans l'opisthodome. Les autres cités de la confédération jianhellénique avaient également consacré une effigie en bronze de l'empereur philhellène. Ce monument solennel consacrait officiellement Athènes comme métropole
i=,o ATHENES
de toute la Grèce ; il s3'mbolistiit dans la pensée impériale, l'union définitive de la Grèce et de Rome, sous la forme d'un hommage au souverain de l'Olympe hellénique auquel s'associait le souverain du monde terrestre. On ne saurait séparer de la Nouvelle- Athènes le district des bords de l'Ilissos. C'était, au temps de Socrate. une promenade délicieuse dont Platon a laissé, au début du Phèdre, une description poétique. Sans doute, l'Ilissos était alors un cours d'eau moins illusoire que de nos jours.
Stade panatliénaïque. restauré par .\vérof. et jeux olympiques de igo6.
Bordé de platanes et de tapis de gazons, il offrait aux citadins, fatigués de l'atmosphère étouffante de la ville, un asile agreste, embaumé et fleuri d'agnus castus et de lauriers-roses. Des sources jaillissaient au pied des arbres, et .Socrate pouvait s'v reposer sur l'herbe en aspirant leur fraîche haleine. Entre les remparts et le lit du torrent, des Jardins avaient donné leur nom à cette banlieue id\-llic[ue. vouée à Aphrodite, aux Nymphes et à l'Achélôos. Aujourd'hui, à défaut d'eau, de sources et de gazon , les émanations vespérales du torrent desséché suffisent au bonheur des Athéniens qui fréquentent les cafés en plein air ou « Paradis » de l'Ilissos.
r.A VILLE BASSL 151
Dans le voisinage de rOlymjjieion. le lit de 1 llissos forme un seuil rocheux, d'où s'échappent. ]iar des bouches naturelles, quelques filets d'eau. Depuis les Byzantins, qui donnèrent à ces cascatelles intermittentes le nom de Kallirrhoï, on y a reconnu l'antique Kallirrhoé Ennéacrounos de Thuc3'dide. Mais la découverte du caveau de source et de l'aqueduc archaïques au sud-ouest de l'Acropole rend cette identification beaucoup moins ])lausible '.
Le torrent, su'età des crues subites, était endigué. Sur la berge opposée
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Panomma restitué d'.Vthènes à l'époque d'Hadrien, vu des bords Je l'Uissos et du Stade panathénaïque.
à r01yni]jieion, la colline Ardettos, appelée aussi l'Hélicon, portait le faubourg d'Agrai (les Chasses) et un temple de Déméter et Perséphone où l'on célébrait des mj'stères. Ce joli édicule ionique de la fin du V" siècle, frère du temple de la Victoire Aptère, existait encore au xviir siècle : il a été dessiné par .Siuart et Ri'\elt avant sa destruction par les Turcs en 1778'. .Vlais le monument le plus important de cecanton suburl)ain était \e Stinic piiiit]//i<'iiiin/in\ installé dans un ravin naturel