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LA VILLE BYZANTINE, FRANQUE ET TURQUE

brique dans le corps des murs ; des fragments décoratifs, bas-reliefs antiques, panneaux byzantins du vi" et du Vil'' siècle, chapiteaux corinthiens de pilastres, frises, moulures, linteaux de porte en arceaux, caissons de plafonds, etc., encastrés dans les parties hautes des parements }• forment une marqueterie de sculptures hétéroclites, pourtant harmonieuse et pittoresque sous la chaude patine du temps.

I.a façade surtout, avec son fronton e: sa cymaise moulurée, rappelle

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Tordonnance antique. On y remarque, entre autres ornements d'emprunt, une jolie frise du iV siècle avant Jésus-Christ : elle représente un calendrier liturgique où les mois sont figurés par leurs signes zodiacaux et caractérisés par les épisodes de leurs fêtes, scènes de vendanges, danses. jeux gymniques, pomjjc dionysiaque, sacrifices, etc. Des croix grecques y ont été sculptées ajjrès coup. Les de la Roche et les Villehardouin firent aussi plus lard encastrer leurs armoiries sur cette façade. Le même mélange de stèles et frises antiques, de plaques ornementées et d'emblèmes byzantins tapisse les côtés nord et sud et les murs d'absitle. Il a semblé que cette profusion de matériaux antiques et d'ornements byzantins du vr et du VII' siècles attestait l'ancienneté de la construction. Aussi

quelques-uns la datent-ils du règne d'Irène et du début du ix^ siècle ; mais d'autres ne la font pas remonter au delà du milieu du Xli" siècle.

Deux autres églises du xi' siècle méritent une mention. La Panaghia du Gi'ûild Monastère conserve des chapiteaux de pilastres d'une remarquable pureté de style ; le profil de sa coupole rappelle .celui de Sainte- Sophie. La grande et magnifique église, dont le nom ancien, Panagliia ton Lvicodcnion, a été récemment altéré en Haghios Nikodi'nios, est aujourd'hui afl^ectée au culte orthodoxe russe'. Une inscription la date d avant l'année 1044, mais elle a été complètement restaurée et modernisée, à l'intérieur comme à l'extérieur, aux frais des tsars Nicolas I^' et Alexandre II, et pourvue par eux d'un campanile. L'abside est triple. Au dehors, court une frise de terre cuite ornementée.

L'église de Kapuicai'ca, dont le nom est une altération moderne de l'épithète Ka)uoiil<liûrca la \'ierge à la robe) étale, en travers de la rue d'Hermès, sa largeur et sa petitesse ramassée et compliquée. Elle se compose en réalité de deux églises accolées. La plus ancienne (milieu du Xli'^ siècle) comprenait un narthex, une nef cruciforme avec coupole unique sur le carré central, une triple abside polygonale, le tout ordonné en une masse p}'ramidante de frontons et de versants dominés par le tambour octogonal et festonné de la coupole. Sur les parements antérieurs, en assises de pierres séparées par des lits de briques minces, des galons de briques denticulées creusent des raies d'ombre Contre le flanc sud, fut ajouté un petit porche latéral à deux colonnes et à trois frontons, pour remplacer une ancienne porte du transept, surmontée d'un bel arc en fer à cheval, qui fut murée. A cette église primitive, on adjoignit, au long du flanc nord, une autre nef consacrée à Haghia Varvara, avec une seconde coupole, mais sans abside saillante.

On retrouve le même plan primitif à l'état pur, avec la même décoration extérieure dans l'église Saint-Théodore -, la plus complète et la mieux conservée des vieilles églises byzantines d'Athènes. Elle date de 1149. Sa coupole assez large coiffe un tamljour octogonal ajouré de baies jumelles encadré de fines colonnettes et d'arceaux en festons. Les trois absides pol3''gonales sont éclairées par des fenêtres cintrées et bilobées qu'encadrent de jolis galons de briques dentelées, le tout sur un socle cerné dune fine moulure. L'appareil des murs, en assises de pierres aux joints de briques plates, est d'une simplicité robuste et élégante. Le fronton du transept nord-est est surmonté d'un gable ajouré formant campanile.

1. Couchaud. Choix d'rgliscs hr^Liutiiics en Grèce, pL 11-13.

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