I. \'oy. les gravures p. 55 et ibi
Le patriotisme néo-grec et la ferveur des archéologues se sont appliqués à expurger l'Acropole et la ville des souvenirs parasites des dominations franque, vénitienne et turque. Aussi n'en reste-t-il presque plus rien. On est réduit au témoignage des vieilles gravures pour se représenter le délabrement pittoresque du plateau, encombré par les Turcs de mosquées, de masures et de bastions. Les Vénitiens, protecteurs d'Athènes de i^gs à 1458. n'eurent qu'une préoccupation : celle de rendre
\ uc intérieure de l'Acropole turque en 1765. Mosquée à l'intérieur du Parthénon D'après Stuart et Revett. Antiquités d'Athènes'.
la citadelle invulnérable. Ce sont eux qui blindèrent de maçonneries et de contreforts les murs de Cimon et de Thémistocle. Les Turcs, après leur prise de possession en 1458, entourèrent l'Acropole d'une enceinte basse, dite Mur de Scrpent^é , assise sur le portique d'Eumène et l'Odéon d'Hérode. Ils firent du Parthénon une mosquée, hérissée d'un haut minaret : il en subsiste une cage d'escalier, logée dans un coin de l'opisthodome et préservée par les risques qu'entraînerait sa démolition. Le harem du ilisdar ou gouverneur militaire fut installé à l'Erechtheion : les Prop3dées, couverts d'une coupole, servirent d'arsenal, de poudrière et de logement à 1 aga. Ils sautèrent par accident en 1646. En 1674, le marquis de Xointel fit dessiner les frontons du Parthénon par un peintre de sa suite, le Troj-en Jacques Carrey, suivant la tradition, le Flamand
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Rombautl Faidherbe, suivant ilauti-cs Kn 1676, Spon et Wheler passaient et décrivaient, ainsi (jue (iravirrs d'Ortières en 1686. L'année suivante eut lieu 1 ai)])ariti()n subite et désastreuse du doge Morosini. Il installa une batterie dObusiers sur la colline des Muses. Le 26 septembre 1687, à sept heures du soir, une l)ombe trop tjien dirigée par un artilleur allemand à la solde de Venise tombe sur le Parthénon, où les Turcs avaient déposé de la poudre. Le Parthénon saute, trois cents hommes sont tués. .Morosini complète sa destruction en essayant d'arracher un trophée au fronton Ouest : le char d'Athéna. qu'il convoitait, échappe aux mains de ses ouvriers et s'écrase sur le roc. l^e doge repart. n'a\ant conquis ni Athènes, ni ses chefs-d'œuvre, qu'il laissait détruits sans excuse.
11 était encore réservé à lord Elgin de parfaire le ravage, de 1 800 à 1 804, cette fois par amour de l'art. Bientôt après. l'Acropole, refuge des défenseurs de l'Indépendance grecque, Odysseus, puis Gouras et le colonel Fabvier, sul)it en 1826-1827 ^c bcjmbardement de Reschid-Pacha. .Mille bomljes et boulets firent à ses murs et à ses marbres de nouvelles blessures. Elnfin, à partir de 1833, la liberté victorieuse la fit entrer dans la paix réparatrice.
Cependant la ville, désormais maîtresse de ses destinées, se dépouillait prestement des loques de l'esclavage et i^arachevait sa métamorphose en capitale moderne.
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Les Propylées, avec la Tour franque aujourd'hui démolie, vus du Parthénon.
Université d'Atliènes.