I.A VII, LE MODKRNI
1 assaut du Lycabelte s'iiarmonise avec le l>leu du ciel et les tons fauves des roches. .Mais ni la géométrie du plan ni rarchitecture des maisons n"ont été aménagées en vue du climat méridional. Le vent fait rage dans les larges avenues droites ; il y pourchasse des trombes de poussière ; aucun refuge n'est prévu contre la réverbération : les arbres étiques des Ijoulevards ne donnent pas d'ombre. 11 faudrait ici les longs
L'ancienne mosquée de la place d Ares.
p()rli<|ues de l'ancien Dronios ou les arcades des villes italiennes La gaieté d'Athènes manque de confortable.
Une joie, cependant, vient aux yeux du fond de ces voies droites, où surgit toujours la silhouette familière d'une roche fauve ou le paysage lointain d'une croupe bleutée. Le Lycabette. l'Acropole, l'ilymette. le Pentélique. l'^ï^galéos encadrent d'exquises a(|uarelles entre les marges blanches des maisons. Ces reposoirs de nature enjolivent toutes les persliectives athéniennes : ce serait un crime de jjermettre à la mégalomanie «les bâtisseurs de les masquer
Il y a deux villes l'une dans l'autre La plus pittoresque n'est pas la
plus neuve. Le vieux quartier de Tépoque turque, aujourd'hui r.4..s/v ou cité des affaires, s'étend dans un trapèze compris entre la place du Varvakion au nord. l'Acropole et l'Aréopage au sud, et bordé par les rues du Pirée. du Stade et des Philhellènes. D'est en ouest, du Dipylon à la place de la Constitution, une longue rue droite le traverse dans son grand axe, la rue d'Hermès: du nord au sud, deux percées parallèles, la rue d'Athéna et la rue d'Eole. filent droit vers l'Acropole, dont la haute falaise nord barre l'horizon De sa compression entre les anciens remparts
J de i L'uivcrMic. A gauche, aile Je l'AcaJémie et Hôpital ophtalmo'iOyn^t
turcs, tout ce quartier reste encore congestionné, en dépit des incendies et des nouveaux percements. C'est là qu'on peut retrouver quelque chose de la phj'sionomie de l'Athènes antique et de la fantaisie pittoresque de ses rues étroites et tortueuses. Visiblement cette ancienne ville s'est modelée autour du pivot de l'Acropole : le réseau de ses ruelles figure, à la base du rocher, une toile d'araignée, avec une trame irrégulière d'arcs concentriques. C'est un labj^rinthe riche en surprises, où la vie populaire s'ébat dans un entassement de masures blanchies à la chaux, souvent dépenaillées et pantelantes, mais d'autant plus amusantes qu'elles sont au moins personnelles et sans prétentions architecturales. Il y a d'abord, escaladant les premières pentes, à la lisière de la ville, une sorte