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HISTOIKK KT TOPOGRAPHIE MONUMENTALE

phère. attache sun regard sur les éclaircies par où il entrevoit à travers les nuages rimmuable sérénité du ciel bleu, il supportait froidement les caprices du hasard et les inconstances humaines. Sa pensée haute et confiante refusait de changer au gré des événements ; elle prétendait les diriger par une volonté imperturbable et méthodique. N'oilà ce quil ne cesse de redire aux Athéniens, dans les discours ([ue Thucydiile met en sa bouche. 11 professait.

sur le chapitre des devoirs de la démocratie, un optimisme exigeant.

Optimiste parce qu'il croj^ait au progrès, exigeant parce qu'il estimait nécessaire le perfectionnement, il comptait sur l'ascendant de la raison pour préparer le règne de la cité modèle.

Aussi son patriotisme d'homme d'Etat était-il avant tout éducateur.

Il multiplie les enseignements et leur ajuste ses actes. Convaincu que l'équilibre social est, ]3c)ur la cité, la première condition du bonheur, il pourchasse les conseillers d'anarchie, la misère, l'oisiveté, l'ignorance. Il s'efforce de relever et d'accroître la personne morale du citoyen déshérité: il lui garantit un minimum de dignité par l'instilulion du salaire des juges, il lui i)ro('urc du travail et des terres. Ainsi il poursuit l'une par l'autre une double fin : assurer la prospérité générale de la cité par le bien-être individuel des cito}'ens, et garantir celui-ci par celle-là. Ses expéditions coloniales répondent à ce dessein : l'armée et la marine portent à son maximum la puissance matérielle et la suprématie extérieure d'Athènes ; en même temps, elles occupent une foule de citoyens, elles débarrassent la ville de ses éléments turbulents, elles ouvrent mille débouchés au commerce et font affluer la richesse dans la métropole.

L'excédent de cette richesse, une fois pourvu l'armement de la cité.

Portrait de Périclès, d'après une œuvre de Crésilas (Musée du Vatican).

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Périclès décide de l'employer à des fins utilitaires et idéalistes. Et c'est là. dans ce rêve de beauté bienfaisante, qu'est l'immortelle originalité de son gouvernement. C'est aussi l'éternel honneur de Phidias, qui réalisa avec tant de bonheur les nobles conceptions de son ami. Périclès et Phidias croyaient de toute leur âme au pouvoir éducateur de l'art. Les constructions somptuaires de l'Acropole, sans parler des autres, comme les entreprises logiquement conçues et exécutées dans l'enthousiasme, satisfaisaient à des intentions multiples et à des exigences diverses, matérielles et morales. Ce fut à la fois une œuvre pratique de bon socialisme d'Etat, de glorification patriotique, de dévotion, d'édification. Elle fit contribuer dans le présent la richesse publique à l'entretien des corps de métiers les plus variés ; elle donna le branle à la production des artistes de tout genre ; elle honorait la ville d'une parure incomparable et partout enviée ; elle fixait une fois pour toutes l'idéal collectif le plus sublime, source de jouissances, leçon permanente de beauté, de solidarité, de haute tenuemorale, objet d'orgueil pour la cité privilégiée qui lavait conçu, pour toute la Grèce qui l'admirait, pour l'humanité entière dont il exprime la plus éminente dignité et résume toutes les noblesses.

Ainsi Périclès réalisait son rêve d une Athènes souveraine et belle, régnant non seulement par la puissance, mais par le pi-estige éblouissant de son génie, idole de la Grèce extasiée, modèle de perfection même aux yeux de la postérité. Pour mesurer ce bond prodigieux de l'idéal attique au milieu du v" siècle, il suffit de comjiarer l'expression habituelle aux statues contemporaines de Pisistrate à celle des œuvres de Phidias. Chez les archaïques, c'est un réalisme souriant, portrait fidèle des élégances du jour : c est un optimisme ionien à fleur de peau, la béatitude d'une existence facile et brillante ; mais nulle pensée, nulle intention profonde Voyez ensuite l'Athéna de Phidias, les frontons et la frise du Parthénon : c'est l'image d'une humanité spiritualisée, divinisée, qui se dresse au-dessus de la ville comme le « siirsiim corda » de toute la cité.

Les projets de Périclès n'étaient pas limités à l'embellissement de l'Acropole. Dès que son autorité fut bien assise, sans doute après la conquête d'Egine en 456, Périclès, au dire de Plutarque ', aurait rêvé la réunion d'un congrès panhellénique à Athènes. Il se proposait de lui soumettre un programme de restauration des temples incendiés par les barbares, avec l'arrière-pensée de transformer, grâce à la collaboration de tout le monde grec. l'Acropole en un sanctuaire panhellénique. rival de Delphes

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