Xopy^yoç, de xopoç, chœur, et âyo), je conduis
Voy. Lysias, de Muneribus, et Plutarque, de Prudentiâ Athen. « Mais Antisthène, dit Socrate, est passionné pour la gloire, qualité nécessaire à un général. Ne vois-tu pas que toutes les fois qu'il a été chorége, son chœur l'a emporté sur tous les autres? — Par Jupiter! s'écria Nicomachide, autre chose est d'être à la tête d'un chœur ou d'une armée. — Cependant, reprit Socrate, Antisthène, qui ne sait pas chanter, qui est incapable d'instruire des chœurs, a eu malgré cela le talent de choisir les meilleurs artistes. Si donc il sait trouver et choisir les meilleurs soldats, comme il a choisi les meilleurs choristes, il pourrait bien aussi remporter la palme
guerrière. » Xénophon. Mém. sur Socrate. L. III, c. 4.
3. Stuart cite ce curieux fragment de l'un des plaidoyers qui nous restent de Lysias : u Inscrit dans le catalogue des citoyens sous l'archonte Théopompe (411 ans avant J.-C), et nommé chorége pour les tragédies, je tirai 30 mines de ma bourse (2,700 liv.). Trois mois après, pendant les Thargélies*, j'obtins le prix avec un chœur d'hommes faits, et il m'en coûta 2,000 drachmes (1,800 liv.); plus 800 drachmes (720 liv.) sous l'archonte Glaucippe (410 ans avant J.-C), pendant les grandes Panathénées, pour ceux qui exécutèrent la danse pyrrhique ; sous le môme archonte, dans les fêtes de Bacchus, je fus encore chorége, et je remportai le prix avec un chœur d'hommes faits, dont les frais, avec la consécration du trépied, montèrent à 5,000 drachmes (4,500 liv.). »
4. « Quelle charge publique n'a-t-il pas exercée d'une manière distinguée? Quelle contribution n'a-t-il pas acquittée des premiers? Quel devoir a-t-il jamais manqué à remplir? Étant chorége, il fournit à la dépense d'un chœur de jeunes garçons, remporta le prix et dédia, comme un monument de sa libéralité, le trépied que vous voyez ici. » Isée. Pro hœred. Apollod.
« Je fus chorége, triérarque; je fournis aux dép^ises d'Athènes; jamais je ne manquai l'occasion d'une libéralité publique ou privée. » Démosth. Disc, sur la couronne.
Thémistocle lui-môme comptait parmi ses titres de gloire une victoire remportée comme chorége à l'occasion d'un concours tragique. « Il fit les frais d'vne tragœdie qui fust iouée publiquement, et en aiant gaigné le prix , estant desia l'honneur de vaincre en tels ieux fort enuié et chauldement pour-
* Fête en Thonneur d'Apollon, que l'on célébrait le fi elle 7 du mois de thargélion (juillet).
xMONUMEiNTS CHORAGIQUES. 269
Quelquefois, à défaut de chorége, c'était la tribu même, le ^^pç, qui en remplissait les fonctions. Le prix du concours était un trépied de bronze, le trépied choragique que décernaient les magistrats athéniens^. Le chorége de la tribu qui avait remporté la victoire érigeait ordinairement, pour en perpétuer le souvenir, un petit monument sur lequel était fixé le trépied 2; une inscription faisait connaître les noms du chorége, de la tribu, du poëte ou du musicien, et du joueur de flûte qui avaient droit à une part du triomphe, enfin le nom de l'archonte qui avait présidé au concours. C'étaient ces monuments plus ou moins riches et de formes variées qui portaient le nom de choragiques ^. On les élevait presque
suiui à Athènes, il fist peindre ceste sienne victoire en vn tableau qu'il dédia et fit atacher en vn temple avec une telle inscription : Themistocles Phrearien * en faisoit les frais; Phrynicus l'avoit composée ; Adimanthus estoit préuot **. » Plutarque. Vie de Thémistocle.
1. « Un trépied est le prix du vainqueur dans les fôtes de Bacchus. »
Athénée. Deipnos. L. II.
Ces trépieds furent de tout temps la récompense le plus ordinairement destinée aux vainqueurs dans toute espèce de jeu ; ainsi, dans ceux qui furent célébrés aux funérailles de Patrocle : « On apporta, dit Homère, pour être distribués aux vainqueurs, du fer brillant, des bassins, des trépieds^ des chevaux, des mules, des bœufs au front robuste et des captives ornées de belles ceintures. »
Iliade. L. XXIII, v. 264 et suiv.
« Plus loin, des guerriers combattaient, à cheval et sur des chars, pour le prix de la course... Au bout de la lice paraissait un grand trépied d'or, fabriqué par Vulcain, qui devait être le prix de la victoire. » Hésiode. Bouclier d'Hercule, v. 305.
« J'allai à Chalcis paraître au concours de poésie publié par les ordres d'Amphidamas, qui avait
proposé des prix considérables. J'y remportai pour prix de ma victoire un trépied magnifique, que je
consacrai aux muses de l'Hélicon pour les remercier. »
HÉSIODE. Les Travaux et les Jours, v. 652. Dans les fôtes offertes aux Troyens par Aceste :
Muiiera principio ante oculos eircoque loeantur In medio : sacri tripodes, viridesque coronœ, Et palmœ, pretium victoribus, armaque...
« D'abord on expose au milieu du cirque les prix réservés aux vainqueurs, les trépieds sacrés, les couronnes verdoyantes, les armes, etc. » Virgile. Enéide. L. V, v. 209.
2. « Andocides fut chorége de sa tribu dans les jeux dithyrambiques, et, ayant obtenu le prix, il fit la dédicace de son trépied dans un lieu élevé en face du Silène de Porus. »
Plutarque. Vie des dix orateurs. « Nos aïeux ont d«;dié dans le temple de Bacchus les trépieds obtenus par eux sur leurs concurrents comme choréges et comme vainqueurs. » Isée. Pro hœred. Dicœog.
Si l'on en croit Théophraste, quelques vainqueurs satisfaisaient à l'usage à meilleur marché : h Si un tel homme, dit-il, a remporté le prix de la tragédie, il consacre à Bacchus des guirlandes ou des bandelettes faites d'écorce de bois, et il fait graver son nom sur un présent si magnifique. »