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2. « C'est sur cette colline que les Amazones, jadis, fixèrent leur séjour et leurs tentes, lorsque, pleines de courroux contre Thésée, elles attaquèrent la ville, nouvelle encore, et à ses hautes tours opposèrent des tours ennemies. » Eschyle, les Euménides.

3. « Les Perses assirent leur camp sur la colline qui est vis-à-vis de la citadelle et que les Athéniens appellent Aréopage, et en firent le siège de cette manière. Hs tirèrent contre les barricades des flèches garnies d'é loupes auxquelles ils avaient mis le feu. » Hérodote. L. VUI, c. 52.

4. « La gloire de Thémistocle est certes très-légitime ; le nom de ce grand capitaine est même plus illustre que celui de Solon. On cite avec éclat la victoire de Salamine, on la met au-dessus de

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rattrîbuent à Solon. Ces derniers sont évidemment dans Terreur, et il est hors de doute que cette institution est bien antérieure à la législation de Solon, qui ne fit qu'augmenter son importance en attribuant à l'Aréopage certains pouvoirs judiciaires et politiques qu'il n'avait jamais possédés jusque-là*.

L'assertion la plus généralement admise est que l'Aréopage fut établi pour juger Oreste, qui, non content d'avoir été purifié selon les rites religieux après le meurtre de sa mère, dut encore, par ordre d'Apollon, se soumettre à un jugement 2.

, C'est ce jugement qui a fourni à Eschyle le sujet des Euménides , troisième partie de sa grande trilogie, intitulée rOrestie. Poursuivi par les Furies, malgré ses expiations, Oreste s'est réfugié sur l'Aréopage, et, embrassant la statue de Minerve, demande à être jugé^. La déesse

rétablissement de TAréopage, création du sage législateur ; et cependant l'œuvre de Solon n'est pas moins admirable que l'exploit de Thémistocle. » De Offlciis. L. I , S 22.

1. « Si voulut Solon que la cour souueraine de l'Aréopage eust l'auctorité et la charge d'enquérir de quoi vn chacun des habitants viuoit, et de chastier ceux qu'elle trouueroit oisifs et ne rien faisans. » Plutarque. Vie de Solon.

Périclès, au contraire, s'efforça d'affaiblir l'autorité de ce tribunal dont il n'était pas membre, « pour ce qu'il ne lui estoit onc escheu par le sort d'être ni préuot annuel {archonte)^ ni conservateur des loix {thesmothète)^ ni roi des sacrifices (archonte-roi), ni maistre des guerres {polémarque)^ qui estoyent offices lesquels de toute ancienneté se créoyent par le sort; et ceux à qui le sort touchoit, s'ils s'estoyent bien portés en l'administration de leurs magistrats, montoyent et venoyent à estre du corps de la cour d'Aréopage. Périclès donc, ayant acquis grand crédit et grande auctorité entre le menu peuple, embrouilla tellement ce sénat d'Aréopage qu'il lui fist oster la conoissance de plusieurs matières, n Plutarque. Vie de Périclès.

« Éphialte et Périclès abaissèrent la puissance de l'Aréopage. »

Aristote. Polit. L. IL

A partir de ce moment ( 149 ans après Solon), l'Aréopage ne fut plus qu'un tribunal chargé exclusivement de prononcer sur les crimes entraînant la peine de mort.

2. « Apollon : Tu iras dans la ville d'Athènes, où tu auras à rendre compte de ton parricide aux trois Euménides. Les dieux seront juges du procès et rendront leur sentence dans l'Aréopage où tu dois triompher. » Euripide. Oreste.

3. « Puissante Minerve! c'est Tordre d'Apollon qui m'amène. Reçois avec bienveillance un malheureux persécuté qui n'est plus impur, dont les mains ne sont plus souillées. Le meurtre est expié; bien des temples m'ont déjà reçu; bien des mortels m*ont salué au passage. J'ai traversé et la terre et les mers, fidèle aux ordres fatidiques de Loxias *, et je viens, ô déesse! vers ton temple; j'y reste, j'y attends ma sentence. »

* Loxus, qui rend des oracles obscurs, surnom d'Apollon.

Macrobe {Saturn. L. V, c. 22) cite deux- passages d'une autre tragédie d'Eschyle, aujourd'hui perdue, les Prêtres, où se retrouve ce même surnom d'Apollon. « Il faut partir le plus tôt possible, car voici les oracles que Jupiter dicte à Loxias... ».

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« Jupiter est le pèro prophétique de Loxias. >•

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ARÉOPAGE

apparaît; Oreste expose sa défense, les Furies Taccusent et refusent de lâcher leur proie. C'est alors que Minerve, ne voulant point prononcer elle-même, dit : « Je vais prendre des juges du meurtre, les lier par le serment, fonder un tribunal qui dure "à jamais. » Ce tribunal, c'est celui de l'Aréopage qui « doit être à jamais l'arbitre d'Athènes... Ce tribunal imprimera toujours aux citoyens le respect et la crainte ^. L'homme n'osera plus commettre l'injustice, le jour ni la nuit... Ayez donc, ajoute Minerve, pour ce tribunal une crainte respectueuse. Ce sera le rempart de votre pays, le salut d'Athènes, une magistrature comme n'en possède aucun peuple au monde, ni les Scythes ni les habitants de la terre de Pélops. Incorruptible, vénérable, sévère, sentinelle éveillée même quand la cité dort : tel sera ce nouveau tribunal. Ce que je viens de dire à mon peuple, c'est ce qui doit être dans l'avenir 2. »

L'absolution d' Oreste est prononcée, les voix des juges s' étant également partagées^.

(( La fin de cette cour de justice , dit Chandler ^, n'est pas moins obscure que son origine qui néanmoins remonte bien certainement à l'antiquité la plus reculée. Ce qu'il y a de sûr à cet égard, c'est que du temps de Pausanias elle existait encore, ainsi que les autres magistratures ; mais rien n'est moins constaté que le terme de sa durée après cette

1. « Pisistratus garda lui-même inuiolablement et fist garder à ses amis les loix de Solon; tellement qu'estant appelle en iustice deuant la cour d'Aréopage pour un meurtre, lorsqu'il estoit ia tyran, il se présenta fort modestement pour respondre aux charges qu'on lui mettoit sus et s'en iustifler; mais l'accusateur ne poursuiuit pas. » PlltarqCe. Vie de Solon.

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