Eschyle. Euménides, passim
3. « Apollon m'envoya à Athènes pour subir le jugement des déesses que l'on craint de nommer. Là, en effet, se tient ce tribunal révéré auquel Jupiter soumit jadis le dieu Mars pour avoir souillé ses mains dans le sang... Quand je fus arrivé sur la colline de Mars, je me plaçai sur un des sièges, et la plus vieille des Furies prit l'autre. Apollon, écoutant et répondant à l'accusation de parricide, me sauva par son témoignage; Pallas compta les suffrages recueillis de ses propres mains; ils se trouvèrent égaux des deux côtés, et je sortis absous de cette accusation capitale. »
Euripide. Iphigénie en Tauride.
u II est à Athènes une colline qui porte le nom d'Ares, où une première fois les dieux ont pris place pour donner leur suffrage sur le sang du meurtre, alors que le cruel Ares, irrité de la violence impie faite à sa fille, tua Halirrhotius, fils du roi de la mer. Depuis ce temps, le jugement de ce tribunal institué par les dieux est saint et infaillible. C'est là, ô Oreste! que tu dois subir le jugement du meurtre que tu as commis; mais des suffrages égaux d3 part et d'autre te sauveront et te d'roberont à l'arrêt de mort; car Apollon, dont Toracle t'a commaîïdé le meurtre de ta mère, se chargera lui-mâme de ton crime, et ce sera dans l'avenir une loi reconnue que l'égalité des suffrage» doit toujours absoudre l'accusé. » Euripide. Electre.
\. Voyages en Grèce. T. II, p. 43ÎI.
dernière époque. Cependant, un auteur qui vivait sous les empereurs Théodose le Grand et son petit-fils (Théodose II) parle de ce tribunal qui ne subsistait plus alors. »
Ajoutons qu'il fallait que dans la seconde moitié du m* siècle l'Aréopage eût conservé, au moins en partie, son éclat et sa renommée, pour que l'empereur Gallien, qui déjà s'était fait recevoir citoyen d'Athènes, ait tenu à honneur d'obtenir les titres d archonte et d'aréopagite*.
Le nombre des membres qui composaient l'Aréopage est fort incertain ; si les renseignements que nous fournissent sur ce point les auteurs anciens sont contradictoires, on doit çn conclure seulement que ce nombre varia et ne fut pas le même à toutes les époques. Nous trouvons en effet indiqués les nombres de 9, de 31 et même de 51, sans compter les neuf archontes 2, qui chaque année étaient ajoutés aux aréopagites ^. Enfin, quelques historiens prétendent même que le nombre des juges était indéterminé.
On n'appelait à l'honneur de siéger à l'Aréopage que les hommes les plus recommandables par leurs mœurs et leur intégrité^; un simple soup-