L. XXXIV
Hygie, mais cette indication serait insufïïsante, et pourrait s'appliquer à toute autre statue de la déesse de la Santé, si elle n'était précisée par l'inscription même gravée sur notre piédestal :
A0ENAIOI TEI AOENAIAI TEI iriEAI IIVPPOS EIIOIHSEN A0ENAIOS .
« Les Athéniens à Minerve Hygiée. »
u Pyrrhus, Athénien, a fait. »
Près de ce piédestal on en a trouvé un autre plus petit en marbre gris de-l'Hymette, déposé aujourd'hui dans le vestibule des Propylées et que son inscription, dont les caractères appartiennent à l'époque romaine, nous apprend avoir été également consacré à Hygie :
SEBAITHI rriEIAI
« A l'auguste Hygie. »
A droite de la statue de Minerve Hygiée est un passage X, qui sépare les Propylées de l'enceinte de Diane Brauronia Y. Dans ce passage, au pied de la muraille méridionale du vestibule des Propylées, on voit gisants deux fragments 24 de l'entablement; sur une doucine sont dessinées à la pointe des feuilles d'eau primitivement colorées; on y reconnaît des traces évidentes de peinture, mais la couleur ne pourrait
être déterminée avec certitude.
Dans un angle de ce même passage, contre l'ante des Propylées, est adossée la partie inférieure d'un grand bas-relief 25. qui. par son style, paraît appartenir à la plus belle époque de l'art et présente beaucoup d'analogie avec les métopes du Parthénon. Il ne reste malheureusement que les deux jambes d'un homme qui paraît s'élancer, et dont la chlamyde voltige derrière lui. M. Beulé suppose que ce bas-relief put être appliqué au rocher qui, taillé verticalement, soutient au nord et près de là une partie de la terrasse de Diane Brauronia.
Afm de ne pas interrompre la description des Propylées, nous avons dû laisser derrière nous deux monuments qui accompagnent leur grand escalier, le piédestal d'Agrippa et le temple de la Victoire Aptère.
Piédestal d'Agrippa. H est fort difficile de comprendre comment le
piédestal d' Agrippa C* se trouve placé obliquement par rapport à l'escalier des Propylées 2. « Si le plan de l'escalier, dit M. Beulé, eut été tracé pour la première fois du temps des Romains, on eût tenu compte évidemment du piédestal, et on eût amené l'encadrement de l'escalier dans son prolongement. » Mais il nous semble au moins aussi probable que, si l'escalier eût existé, on eût placé le piédestal en rapport avec lui.
II n'y a donc, selon nous, aucune conclusion à tirer de ce rapprochement. Une supposition de Stuart, si elle était admise, pourrait donner la clef de ce problème. Suivant lui, le piédestal n'aurait point été élevé primitivement pour recevoir la statue d' Agrippa, mais aurait existé longtemps auparavant. En ce cas, il pourrait être antérieur à l'escalier luimême et avoir été conservé lors de la construction des Propylées. Sa forme pyramidale, que Stuart n'a pas remarquée, mais qui rappelle les traditions de l'art archaïque, pourrait être une nouvelle preuve à l'appui de cette hypothèse.
Chandler, Leroy, Stuart et Legrand croient qu'en pendant devait ctre un autre piédestal portant la statue d'Auguste; ils se fondent sur une phrase fort ambiguë de Pausanias qui, après avoir décrit le faîte des Propylées, ajoute : « Je ne saurais dire au juste si les deux figures équestres qu'on y voit représentent les fils de Xénophon, ou si elles n'ont été faites que pour servir d'ornement. » Si Pausanias eût voulu désigner le piédestal que nous voyons aujourd'hui, il n'eût pu avoir aucune incertitude ; il lui eût suffi de jeter un coup d'œil sur l'inscription qui y est tracée en lettres onciales, et qui eût sans doute existé aussi sur le piédestal de la prétendue statue d'Auguste. Ne pourrions-nous pas supposer que le voyageur grec a voulu parler plutôt de deux autres statues équestres qui pourraient avoir été placées aux extrémités du fronton central des Propylées? 11 suffit du reste de jeter un coup d'œil sur le plan de l'Acropole pour se convaincre de l'impossibilité d'une conjecture, qui toutefois était permise à une époque où le temple de la