‹ Athénienne, AthènesChapitre 18 sur 51 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Les Noces de Posidios

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O vieillard, tes paroles me font horreur! (EuRiPiDL. Iphigétiie en Aul'ult-, v. 874.)

î'aréopagite Posidios, un des citoyens les plus riches et les plus influents d'Athènes, était un vieillard de soixante ans, assez bien conservé pour un homme qui avait usé son corps à toutes les voluptés. Les mauvaises langues prétendaient, il est vrai, que l'art des stimmiges n'était pas étranger à sa jeunesse prolongée; on l'accusait même — en plaisantant — d'avoir acheté une grande partie des îles H-oXi-x. qui, comme chacun sait, fournissent l'a-

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lun avec lequel les courtisanes dissimulent leurs rides.

Quoi qu'il en fût, malgré le carthame et la psimmythion dont il se peignait les joues, malgré la litharge porphyrisée qui déguisait ses cheveux blancs, Posidios ne parvenait pas à cacher qu'il était un vieillard et un de ces vieillards honteux d'eux-mêmes qui dégoûtent et qui font pitié.

Quand l'âge était venu émousser ses sens et ployer sa taille, l'aréopagiste avait compris qu'il était temps de choisir une épouse, s'il ne voulait pas voir sa race s'éteindre et son monument funèbre déshonoré par l'urne noire que l'on place sur le tombeau des célibataires.

Avec l'égoisme odieux des âmes sensuelles, il n'avait pas hésité à unir sa honteuse décrépitude à une fraîche jeunesse; l'accouplement monstrueux de sa laideur sénile et de la pure beauté d'une vierge de vingt ans lui avait semblé chose toute naturelle.

Mortellement lentes et désespérées s'écoulèrent les heures qui séparaient Théa du jour fatal où devaient s'accomplir les ordres d'Aklaiôn.

Durant tout ce temps, les chants et les concerts dont le palais était rempli augmentaient l'amertume de sa douleur. Il lui semblait que cette joie était une raillerie, et elle se deman-

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