LES NOCES DE POSIDIOS I O
Non! Non! Elle ne voulait pas! Comment les Dieux pouvaient-ils ccre favorables à un tel hymen? Comment leur ministre osait-il bénir l'union de deux êtres si différents? Elle appartenait à un autre, elle en aimait un autre ! Tout entière elle se révoltait contre cette cérémonie qui était un mensonge, un sacrilège, un adultère...
Mais à côté d'elle, Aklaiôn — l'heureux père ! — souriait finement, et la couvrait de son regard où elle pouvait lire une menace de mort pour Glaucos. La pauvre Théa baissait la tête, et comme un rêve qui s'envole, les blanches vapeurs d'encens, dorées par le soleil, montaient, se dissipant, vers la voûte rose du temple.
Le festin de noce se prolongea jusqu'à une heure avancée de la nuit; assise au bord du lit sur lequel Posidios était étendu, Théa accueillit avec une si dédaigneuse indifférence les compliments et les attentions du vieillard, que celui-ci, décontenancé, j ugea prudent de ne plus s'exposer à de nouveaux affronts.
Aussi, lorsque la fête fut terminée et qu'il suivit à pied, par les rues désertes, les porteurs de la litière dans laquelle se trouvait sa farouche épouse, Posidios n'avaic-il point l'air de ces heureux amants que le passant attardé voit marcher derrière le véhicule aux rideaux soigneusement clos, avec la radieuse imbécillité des gens ivres.