‹ Athénienne, AthènesChapitre 25 sur 51 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Devant la Beauté

Ti è'aTf -0 !4a),ov ; Qu'est-ce que la Beauté?

(Platon. Hifpias, II.)

E premier soin de FAlopex, après son entretien avec sa fille, avait été défaire appeler l'intendant de ses métairies :

un misérable qu'il avait arraché à l'esclavage, et sur le dévouement de qui il savait pouvoir compter.

« Anéthos, lui dit-il, vous allez vous rendre du côté de la porte d'Héphaistos, où, d'après des renseignements que j'ai reçus, se trouve le camp de Glaucos. Vous ferez en sorte d'être arrêté et conduit au chef macédonien. Vous lui direz que

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VOUS êtes envoyé par une personne qui s intéresse à ses projets, et vous lui remettrez cette bande de papyrus. »

Sans demander de plus amples explications, Anéthos se hâta d'obéir aux ordres de son maître.

Quand Giaucos eut pris connaissance de la lettre de Théa, il se trouva plongé dans une cruelle perplexité ; un pressentiment lui disait que cette étrange invitation cachait une ruse, et sans se délier de la jeune fille, il lui semblait qu'on se servait d'elle pour l'attirer dans un piège.

Cependant, son hésitation ne fut pas de longue durée; il prit le chemin d'Athènes, après avoir ordonné de garder à vue l'envoyé d'Aklaiôn.

Comme il arrivait sur la voie Sacrée, un vol de corbeaux, venant d'Eleusis, passa en croassant à sa gauche. Quoique le polémarque fût peu religieux, ce présage néfaste augmenta la vague inquiétude qu'il portait en lui; il se promit d'agir avec prudence, et pour chasser les sombres pensées qui l'assiégeaient, il essaya de se distraire et de s'intéresser au pays que traversait la route.

A droite, les larges ondulations des plaines de l'Attique se prolongeaient jusqu'aux montagnes de l'horizon. Bien qu'éloignées de près de vingt stades, celles-ci semblaient toutes proches; dans la vibrante limpidité de l'atmosphère, on distin-

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guait, très nettement, les roches blanchâtres et les coulées pierreuses qui sillonnaient leurs flancs escarpés. Çà et là, des chèvres ou des brebis broutaient les myrtes et les genêts sous la surveillance nonchalante d'un pasteur demi-nu. Plus près, dans les campagnes, entre les vignes qui s'enroulaient autour des pommiers chétifs et couraient d'arbre en arbre, en festons gracieux, des hommes coiffés en corymbos, — les cheveux relevés en touffe au sommet de la tête, — répandaient avec des gestes solennels les graines d'orge et de blé qu'Anthestérion verrait mûrir.

A l'horizon de gauche, la mer rayonnait, baignant d'un scintillement doré les hauts rochers de Salamine.

Au bord de la voie, de chaque côté, s'élevaient des mausolées ombragés de cyprès et des temples entourés de bois sacrés : d'abord celui d'Aphrodite; puis, près des défilés du Korydallos, celui d'Apollon; et plus loin, ceux de lacchos-Kyamitès, du Figuier-Sacré et de Zeus-Meilikios où Thésée avait été purifié du meurtre de Sinis.

C'était un de ces jours du commencement de l'automne où le soleil retrouve ses ardeurs de l'été : pas un souffle n'agitait l'air, un calme lourd planait sur l'apaisement des choses, l'azur versait une pluie de flammes sur la poussière éblouissante de la route ; le chant des cigales et les épouvantes soudaines des lézards rapides met-

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