PRÉFACE DE LA DIXIÈME ÉDITION XVII
Génie du Christianisme, Gringoire connaît par cœur la préface de Cromwell, et Claude Frollo a fréquenté Voltaire. Théophile Gautier a gâté son Roman de la Momie en mettant en scène dans les derniers chapitres des légendes hébraïques, qui n'ont rien d'égyptien. On voit trop que le héros de zM. X... a dû faire ses débuts dans le monde, dans les colonnes du Gil Blas, et que l'héroïne de zM"" Z... était destinée à plaire aux lectrices du Journal des Dames et des Demoiselles. Les Grecs et les T{omains de cM"" de Scudéry portaient perruque; nos héros, qu'ils soient de l'antiquité ou du moyen-âge, s'affublent de senriments aussi anachroniques. Chaque époque a ses a gestes y^ préférés. C^ous faisons, sans scrupule, faire nos « gestes » à des personnages à qui ils ne conviennent nullement. Un temps plus éclairé Jugera ces erreurs aussi absurdes et aussi grossières que celles de l'auteur de Cyrus.
Et que l'on ne croie pas que J'exagère. Il n'y a pas de petits détails pour celui qui écrit. Le choix des mots lui-même a une importance capitale pour celui qui veut écrire un roman historique. Tour l'écrivain, pour l'artiste, chaque mot a non seulement son harmonie, sa couleur et sa physionomie particulière, composant une gamme d'une variété et d'une délicatesse infinies, il a encore son histoire ou sa légende. Tarfois toute une trasédie ou toute une comédie est résumée