‹ Athlètes canadiens-françaisChapitre 17 sur 44 · OLIVIER TOURANGEAU · texte numérisé non relu

OLIVIER TOURANGEAU

Olivier Tourangeau, "un forgeron à la rude encolure ^\ né, croit-on, dans le comté de Yaudreml ou le comté de Soulanges, et qui alla mourir quelque part près d'Alexandria, Ont., mérite de figurer dans ce volume qui rappelle les prouesses de nos bons hommes. ' ,

Il m-a été impossible de recueillir beaucoup do renseignements précis sur son compte mais il est certain que Tourangeau posséda une force herculéenne jointe à un courage à toute épreuve. Un seul de ses exploits suffira à nous en donner une idée.

Tourancreau traversait une forêt, un jour. lor?qu U aperçut tout à coup, à ses pieds, un ourson occ^ipe a iouer tranquillement avec des plantes Cruel ans malice, le forgeron s'en empara aussitôt, da^f J «; tention de l'emporter à son domicile pour sega>er, mais Fourson ne pouvait quitter e lieu de ses ébat, sans regrets et il les témoigna en lançant des cris déchirants et plaintifs.

La mère du pauvre petit, qui errait non loin de la à la recherche des fruits sauvages dont; cette espèce de plantigrades est si friande, bondit al appel, et on moins de temps qu'il ne faut Po"!" l'^.^"'''^' ^^^ était déjà en présence du ravisseur ebahi de cette apparition.

Quoique l'ours attaque l'homme rarement, aucune mère ne peut voir son enfant en péril sans se dévouer pour le sauver. T/ourse se dressa immédiatement sur ses ïambes de derrière et s'avança menaçante sur Tourangeau. Celui-ci n'avait d'autre arme que ses

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poings, mais comme ils étaient énormes et fortement attachés à des bras miisculeiix, ils devenaient des massues redoutables.

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L'ourse J'onça avec une agilité surprenante. Immobile, Tourangeau l'attendit froidement. L'animal n'avait qu'un but, étreindre son adversaire, puis le déchirer des griffes et des crocs. Tourangeau évitait d'être saisi, et chaque fois qu'il en avait la chance, il assénait des coups de poings qui envoyaient la bête hurler de douleur sur le sol. Cependant, aucun des antagonistes ne cherchait à fuir et le cond)at durait dejHiis (|uel(|ue tem|)s lors(|uc deux cultivateurs qui passaient non loin de là, attirés par le bruit bizarre qu'ils entendaient, ai-i'ivèreut pour c(mtempler cette scène étrange, digue des Ag(>s ]U'éhist()ri(|ues.

LES atitlktt:?; paxadikn-s HT)

A la, vue do ces doux nouveaux l)i|)èdos, l'ourse crut prudent de détaler, ce qu'elle fit aussitôt, sans oublier d'amener son petit.

Tourangeau poussa un soupir de soulagement. Ses habits en lambeaux, sa peau lacérée et sanguinolente, en maints endroits, annonçaient que la rencontre avait été plutôt rude.

X'importe, il était content de lui. S'il n'avait pu conserver sa prise, du moins il n'avait pas fui et cela chatouillait agréablement son amour-propre.

Tel fut Tourangeau, " ce gars au torse d'Hercule antique,'' insensible à la douleur, et brave jusqu'à la témérité. (1)

(1) Une aventure à peu près identique est arrivée en avril 1908, près de Orient, Wash., E.-U.. Un Canadien- Français, nommé Louis Dubois, eut à combattre, sans arme, un ours énorme. " L'ours et l'homme se prirent à bras 1« corps, mais notre compatriote réussit à terrasser son adversaire et à le maintenir sous lui jusqu'à ce que des bûcherons vinssent tuer l'animal. Dubois pèse 240 livres : il mesure 6 pieds, .3 pouces, et n'est âgé que de 28 ans. Il a vu le jour dans les environs d'Otta^va ". (Voir La Presse, 10 a\Til 1908.)

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