AU LECTEUR
trente ans, et qu'il abandonna assez tôt, on ignore pourquoi. Seulement, comme M. Massicotte a le culte du détail précis, il a tâché de compulser la plupart des ouvrages parus ; il s'est transporté sur les lieux pour recueillir les impressions des témoins oculaires, quand cela était possible ; il a tenu une correspondance volumineuse avec tous ceux qui pouvaient le renseigner ; bref, il a dû ne rien négliger pour être aussi documenté et aussi près de la vérité que possible.
C'est ce souci d'être vrai qui lui a fait citer autant que possible les textes même des auteurs en qui on peut avoir confiance, tels que de Gaspé, Montpetit, Dugas, Drolet, etc.
Dans les pages du début ces citations sont nombreuses, parce que M. Massicotte n'a pas osé remanier des textes respectables ; il s'est borné à les rassembler et à 'les compléter ; mais dans les pages qui traitent des athlètes modernes ou contemporains, il a mis en œuvre toutes les notes qu'il a patiemment recueillies.
L'auteur s'est borné à une cinquantaine de biographies, le cadre du volume le forçant à laisser de côté, pour le moment, des athlètes tels que Ouelletto, Belzil, Charbonneau, Mouette, T^duc, Simard, Trudeau, Daoust, Bourret. Ilenrichon, Eousseau, Lamothe, Routhier, et autres, mais un second volume permettra de réparer ces omissions inévitables, si le public le désire.
Les Editeurs.
Les Canadiens-Français ont la réputation d'être robustes, braves, résistants et agiles. Cette réputation, ils Font acquise, voilà plus de deux siècles, par des actes héroïques et des prouesses extraordinaires qui étonnent les peuples les plus vaillants et les plus athlétiques.
Pour FobserA^ateur attentif, il semble, cependant, que les superbes qualités physiques qui rendaient nos pères remarquables, à quelque classe sociale qu'ils appartinssent, ne nous aient pas été transmises intégralement et qu'elles deviennent plutôt l'apanage d'un groupe.
A quoi cela est-il dû? Peut-être qu'en recherchant les causes qui ont fait nos aïeux ce qu'ils étaient, nous constaterions aussi que ces mêmes cause-: n'existent plus aussi généralement et que c'est à cela qu'il faut attribuer notre affaiblissement partiel. Il nous serait alors possible d'y remédier, c'està-dire de conserver ou de reconquérir notre ^* héritage de force ", héritage qui n'est pas à dédaigner si l'on songe que les vertus morales germent mieux dans un corps sain et viril.
Au surplus, " un peuple qui sait se servir de ses armes naturelles n'a pas trop à craindre, puisque la guêpe peut braver le lion ".