M. L. ROCH MONTBRIAND
Bien que M. Montbriand, l'architecte et le sportman bien connu, ait presque dit adieu aux exercices physiques pour se consacrer entièrement à sa clientèle nombreuse, il m'est impossible de l'oublier dans cette série de biographies d'athlètes, car il n'y a pas de doute, qu'à un moment donné il a été le plus fort pugiliste canadien-français, catégorie des poids lourds.
Né à Lachenaie en 1860, il vint demeurer à Montréal en 1862. A^ers l'âge de dix-sej^t ans, déjà grand et robuste, il se sentit attiré instinctivement, comme tous ceux qui ont du muscle, vers les exercices virils et il prit des. leçons de boxe de Labossière, un compatriote de six pieds, deux pouces, qui eut son heure de notoriété, il y a trente ans, et qui est allé s'éteindre obscurément à North Adams, E. U., vers 1887.
Ayant appris tout ce que Labossière savait, le jeune Montbriand désira se perfectionner davantage dans l'art du " self-def ence ", et dans ce but il recourut aux connaissances du professeur Kichardson, un africain affable, distingué de manières, qui demeura longtemps à Montréal et dont le gymnase eut une grande vogue.
M.. Montbriand ne s'en tint pas à ce seul sport : il en a pratiqué plusieurs autres, notamment le "liand bail ", si estimé par les pugilistes et tous ceux qui prisent l'agilité, la souplesse et l'endurance.
Avec une éducation physique aussi complète, M. Montbriand devint rapidement un athlète de premier ordre, mais pour sa satisfaction ])ersonnelle seulement et sans que jamais les sports ne nuisissent à ses oocupnlions.
En dehors des rencontres amicales avec les amateurs des " gants ^\ il eut parfois à mettre sa science à profit pour redresser un tort, protéger un faible, faire respecter sa race, mais comme le sujet de cette notice est un modeste, il n'aime pas qu'on mentionne ses exploits.
Je me bornerai donc à ajouter qu'il a aimé les sports avec enthousiasme, qu'il a contribué grandement à leur introduction panni nous, et que si nous avions bien des compatriotes de sa trempe, notre race aurait tôt fait d'acquérir Tesprit d'audace et d^agression légitime que nos pères nous avaient légué, mais que nous avons négligé de faire fructifier pendant quelque temps.