‹ Athlètes canadiens-françaisChapitre 37 sur 44 · RAPHAËL OUIMET · texte numérisé non relu

RAPHAËL OUIMET

Raphaël Ouimeï.

M. lîaphaël Ouimet n'est pas un inconnu des amateurs de choses athlétiques, car chacun sait qu'il est le chef des nouvelles sportives d'un des grands quotidiens de la métropole. Ce que Ton isrnore plus, c'est que M. Ouimet est un athlète dan? le vrai sens du mot.

Fils de M. Adolphe Ouimet, avocat, journaliste, auteur et ancien président général de l'Association Saint-Jean-Baptiste, Eaphacl est né à Montréal, le

14 décembre 1875, et il s'est adonné aux sports dès l'enfance, naturellement. Ce fut un goût inné chez lui.

Au collège Sainte-Marie, où il a fait ses études, il fut considéré comme un des meilleurs " ail around athlètes '' de sa génération, et ses condisciples se rappellent encore qu'il fit, une fois, un saut de 22 pieds en longueur.

En 1900, sans entraînement, il courut 100 verges en 10 1-5 secondes, à la M. A. A. A., ce qui est une performance superbe, car ce journaliste pesait alors 165 livres, avec une taille de 5 pieds 7^i> pouces.

Actuellement ses mesures sont comme suit:

Cou, 16 pouces.

Poitrine, 41 pouces.

Ceinture, 42 pouces.

Biceps droit, I5V2 pouces.

Biceps gauche, 15 pouces.

Cuisse, 24 pouces.

Mollet, 17 pouces.

Poids, 180 livres.

M. Ouimet, qui a toujours eu un penchant pour les poids lourds, dévisse facilement 160 livres, et il possède une pince non ordinaire. Aussi, comme il l'oublie souvent, sa poignée de main amicale est-elle très redoutée par ses confrères.

Son cours classique terminé, Eaphaël " se crut destiné au droit, mais il délaissa Thémis pour Esculape, auquel d'ailleurs il brûla vite la politesse pour étudier la pharmacie. Mais ce n'est pas encore dans cette dernière profession qu'il devait trouver sa voie. Amateur de sports, Ouimet trouva plus intéressant de faire du journalisme sportif".

Il a été reporter à la Minerve, à la Presse, à la Croix d'Amédée Denault, au Soir, au Monde, aux Débats, etc.

Rédacteur sportif de la Patrie, depuis 1898, il a grandement contribué par ses écrits à introduire la lutte gréco-romaine, en ce pays, et vers 1901, Il a publié dans ce quotidien un supplément illustré, consacré aux athlètes qui fut fort remarqué.

M. Ouimet est un fervent de la culture physique et il regrette parfois que les occupations si abondantes du journalisme lui laisse si peu de temps pour développer rationnellement les muscles dont il a hérité, car il descend d'une famille qui depuis longtemps se transmet la force musculaire.

Son père, si rangé, si tranquille, était d'une solidité remarquable, et la tradition s'occupe des exploits de son arrière-grand-père Cyprien Ouimet, un colosse, qui, dans son magasin de la rue Saint-Paul, donna, il y a près d'un siècle, de nombreuses preuves d'une formidable puissance musculaire.

Reconnu comme une autorité en matières sportives, il a été nommé arbitre de plusieurs matchs importants, entre autre de celui de Cyr-Décarie, en 1906.

En 1905, il a montré qu'il avait autant de courage que de biceps, en se défendant victorieusement contre deux apaches qui, un soir, rue Berri, l'avaient assailli dans l'intention de le dépouiller. Notre ami résista si bien aux deux copains et il leur administra une si bonne raclée qu'ils durent prendre la fuite pour sauver leur peau.

Malgré des dehors brusques et parfois déconcertants, Ouimet a su se créer un grand cercle d'amis, parce qu'il possède un cœur d'or, et qu'en réalité, c'est un joyeux camarade.

Page 1