ARTICLE V. — DE L'ACCOUCHEMENT GÉMELI-AIRE
La grossesse composée est rare : les relevés de la Maternité de Paris donnent iZi9 accouchements multiples, sur un total de 37/iil accouchements. Dans ces cas la grossesse est presque toujours gémellaire, car le même relevé n'indi(|ue que cinq accouchements triples. A plus forte raison on regardera comme des anomalies très-rares les faits dans lesquels l'utérus contient quatre et même cinq enfants. C'est donc environ une fois sur 85 accouchements qu'on rencontre un accouchement gémellaire.
Il est curieux de rechercher quelle est la sitiuition respective des deux enfants, et quelle présentation ils offrent successivement au détroit supérieur. D'après le tableau dressé par Cazeaux, les jumeaux auraient présenté : les deux le somniel, loli l'ois (pi. V6, fig. 2), l'un le sommet et l'aulre le siège, 115 fois (pi. 76, fig. 1); les deux le siège, 32 fois; l'un le sommet et l'autre l'épaule, 7 fois; l'un le siège et l'autre l'épaule, 2 fois; le premier la face et le second le .soninn t, une fois. Si le plus souvent les deux enfants naissent par le sommet, ou l'un par le sommet et l'autre parleslej-'e, il n'en est pas moins vrai que la grossesse gémellaire prédispose aux présentations de l'épaule qui y sont plus fréquentes que dans l'accouchement sijnpie.
La fréquence de l;i présentation du siège chez l'un des jumeaux est une preuve que ce n'est pas poussé par l'instinct que renfanl se place dans la matrice la tête en bas; nous y voyons une raison de plus de penser que l'enfant cherche à s'accommodera la forme de l'ovo'ide ulériu; c'est vraisemblablement pourquoi, lorsque le premier jumeau présente le sommet ou le siège, le second se place en sens inverse.
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Nous n'avons pas à indiquer ici U's signes à l'aide desquels on arrive au diagnostic de la grossesse gémellaire, pendant la grossesse ou au début du travail. Plus tard, la lenteur de l'expulsion d'un enfant qui parait petit, quand surtout tout est disposé pour une prompte terminaison, peut faire naitre quelques soupçons sur la présence d'un second enfant. Malgré toutes les remarques faites sur le diagnostic de la grossesse gémellaire, malgré les précieuses indications fournies par l'auscultation, ce n'est bien souvent qu'après la naissance du premier enfant que le diagnostic est porté. Après la naissance du premier jumeau, la matrice conserve un volume insolite, et, quand on palpe cet organe, on y sent des bosselures produites par les saillies du corps du second jumeau. S'il restait quelque doute, il serait bien vite levé par le toucher, qui fait reconnaître une seconde poche des eaux ou une partie fœtale.
Pour chaque enfant la présentation et la position se reconnaissent aux mêmes signes que dans l'accouchement unipare; nous ferons remarquer qu'il laut être en garde contre les résultats fournis par le palper et l'auscultation, car la présence de deux enfants dans la matrice change singulièrement le résultat fourni par le palper; et si cette méthode d'exploration peut donner quelques résultats satisfaisants , elle peut tout aussi facilement induire en erreur. On comprendra aisément aussi que l'auscultation n'est pas un meilleur guide, et qu'on peut être trompé pour le maximum des battements du cœur de l'enfant qui nailra le second.
Quant au toucher, nous n'avons rien ii ajouter h ce que nous avons dit précédemment, cependant quelques difficultés peuvent naître de l'engagement simultané des deux enfants , mais nous n'avons pas à empiéter sur le domaine de la dystocie.
L'expulsion de chaque enfant est soumise aux lois ordinaires du mécanisme déjii décrit; nous devons seulement ajouter que les jumeaux étant souvent petits et naissant souvent avant terme, les irrégularités du mécanisme sont plus communes, surtout pour le second enfant, qui trouve les voies génitales élargies par le passage du premier, lin résumé, il ne faut voir dans l'accouchement multipare que deux accouchements successifs.