DE L'ÉVOLUTION SPONTANÉE
L'évolution spontanée ne ressemble en rien à la version spontanée, il existe pour elle un mécanisme qu'on peut diviser en cinq temps comme dans les autres accouchements, et l'on peut donner à ces temps les noms : 1° de pelolonnement, 2° d'engagement, 3° de rotation, It" de dégagement du tronc, 5° de dégagement de la tête.
Mais le mécanisme est loin d'étro aussi facilement exécuté que celui que nous avons étudié dans les autres présentations; on ne l'observe guère que dans des bassins larges et lorsque le fœtus est petit ou incomplètement développé, et encore les efforts qu'il nécessite sont si énergiques et si prolongés, que presque toujours le ftetus a succombé au moment de son expulsion. La terminaison de l'accouchement par évolution spontanée est donc un fait exceptionnel et sur le(iuel on ne doit pas compter, et, dans les conditions ordinaires de la présentation du tronc, l'abandon du travail aux seules ressources de la nature a presque toujours pour résultat la mort de la mère et de l'enfant.
l" Temps. — Pelotonnement.
Les contractions utérines, surtout après la rupture de la poche des eaux, repoussent fortement le tronc et
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l'appliquent sur le détroit supérieur, pendant que la tête et le siège se redressent en haut. Le trône se moule, pour ainsi dire, sur l'ouverture du bassin, et sa partie la plus saillante, l'épaule, est peu Si peu ramenée au centre du détroit supérieur, tant à cause de sa forme qu'ù cause du redressement de la tête et du tronc.
2^ Temps. — Engagement.
Pressée par l'uiérus, l'épaule s'engage dans l'excavation, mais cet engagement est bientôt arrêté, et, comme dans l'accouchement par la face, il ne dépasse pas les limites de la longueur du cou. Celui-ci répond, en effet, à l'une des exirémilés du diamètre transversal de l'excavation, appliqué contre l'os iliaque, et pendant que l'épaule l'entraîne en bas, la tête le relient au-dessus du détroit supérieur. La longueur du cou n'étant pas assez considérable pour mesurer toute la hauteur de l'excavation, et la tête étant trop volumineuse pour s'engager en même lem|)S que le tronc, le mouvement de l'épaule est bieulôt arrêté.
3" Temps. — Rotation.
Dans un troisième temps^ l'épaule tourne d'arrière en avant, et vient se placer sous l'arcade pubienne (pi. 7û, fig. 1). La lête appuie alors sur le bord supérieur du pubis, cl le tronc, qui s'est porté en arrière, répond à l'une des symphyses sacro-iliaques (pi. 7Zi, fig. 1). Ce mouvement est l'analogue de celui qui se produit au troisième temps de l'accouchement par la face, et il a les mêmes résultats. Le cou étant, en effet, assez long pour mesurer toute la hauteur du pubis , l'épaule se place au-dessoas de l'arcaile pubienne, pendant que la lêle est eneore- au-dessus du détroit supérieur (pi. 74, fig. 1). H restera donc en arrière une large place pour le passage du trône.
/i"^ Tf'mps. — Dégagement du tronc.
Quand l'épaule est arrivée sous l'arcade pubienne, elle s'y immobilise pour ainsi dire, tandis que le tronc fortement poussé |)ar la contraction utérine s'incurve sur son plan latéral antérieur qui devient convexe et bombe dansTcxcavation (pi. 7/i,fig. 1). Celte disposition s'exagère encore, et le côlé du thorax vient appuyer sur le périnée; l'engagement du tronc n'est donc ici complet qu'après que le mouvement de rotation s'est prodiiil, et nous avons vu qu'il en est de même' dans l'accouchement par la face. De nouveaux efforts et de nouvelles contractions sont encore nécessaires, et le périnée distendu laisse enfin successivemeut apparaître à sa commissure antérieure le creux de l'aisselle, le haut du thorax, le côté de la poitrliie ipl. 7/i, fig. 'J), et derabdouicu et de In hanche;
L'ACCOUCHEMENT
le siège tout entier se dégage bientôt (pi. 75, fig. I), et la hanche postérieure est h peine libre, que tout le tronc est dégagé (pi. 75, fig. 2). Dansée mode d'expulsion, le tronc ne sort pas plié en deux, mais fortement infléchi sur son côté; il se déroule, pour ainsi dire, ii l'ouverture vulvaire.
5' Temps. — Dégagement de la tête.
Après la sortie du tronc, la tête plonge dans l'excavation (pi. 75, fig. 2). Dans un premier mouvement, son diamètre antéro-postnirieur se place dans la direction du diamètre coccy-pubien, et dans un second riiouvement, la face se dégage à la commissure postérieure. L'expulsion déliuitive de l'extrémité céplialique subit ici les mêmes lois que dans l'accouchement par le siège; nous n'avons donc pas à nous arrêter sur des détails que nous avons déjà donnés précédemment en. décrivant le cinquième temps de l'accouchement par le pelvjs.