‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 107 sur 136 · CONDITION.S NÉCESSAIRES · texte numérisé non relu

CONDITION.S NÉCESSAIRES

Pour qu'on puisse entreprendre une version, il faut la réunion de certaines circonstances que nous allons d'abord examiner. Il faut: 1° que l'oriliceulérin soit suffisamment dilalé ou dilatable; 2" que la partie fœtale qui se présente ne soit pas trop profondément engagée; 3° que le bassin ne soit pas trop rétréci. Enfin, nous ajouterons qu'il est favorable que la poche des eaux soit inlacle ou que le liquide amniotique ne soit pas complètement écoulé.

Il faut que le col soit suffisamment dilaté pour permettre l'introduction de la main et le passage du kvtus au moment de l'extraction. On s'expose à un insuccès si l'on ne respecte pas cette loi; mais il n'est

DE LA VERSION

pas toujours facile de savoir par avance si la dilatation sera suflisante: c'est là un point de pratique assez délicat. Quand le bord de l'orifice est dur, épais, résistant, il faut que la dilatation soit grande, qu'elle égale ii peu près la largeur de la paume de la main. Mais si la marge de l'orifice est mince et souple, une ouverture de h centimètres environ peut suffire, car elle s'agrandit sous la pression exercée par les doigts. Enfin l'orifice, quoique plus étroit, n'apportera aucun obstacle s'il est dilatable. On reconnaît cette dilatabilité aux signes suivants : les lèvres du col sont molles, épaisses, extrêmement souples; quand on presse sur leur circonférence avec la pulpe du doigt, on les dilate avec une grande facilité, comme on le ferait pour un ruban de caoutchouc. Cette dilatabilité se rencontre surtout quand l'orifice a été préalablement dilaté par la poche des eaux; celle-ci rompue, si la partie fœtale ne descend pas pour maintenir l'orifice ouvert, il se resserre en restant très-dilatable.

La seconde condition nécessaire pour qu'on puisse tenter la version, c'est que la partie fœtale ne soil pas trop engagée, et surtout qu'elle n'ait pas franchi l'orifice. Au début de la version, il faut en effet repousser dans la matrice la partie qui se présente afin que le passage reste libre pour l'introduction de la main et l'engagement du siège. Dans la présentation de l'extrémité céphalique, il faut donc que la tête soit élevée et mobile, sans quoi on doit renoncer à la version et avoir recours au forceps. Ce précepte est moins formel dans la présentation du tronc; on pourra ici tenter la version lors même que l'épaule paraîtra profondément engagée; souvent on réussira, mais il ne faut pas employer trop de force dans ces tentatives, on pourrait en effet s'exposer à déchirer le vagin. Mieux vaudrait, dans un cas semblable, favoriser l'évolution spontanée ou pratiquer l'embryotomie.

Nous avons dit, à propos des rétrécissemenis du bassin, qu'on ne devait jamais tenter la version au-dessous de 6 centimètres et demi; nous devons cependant admettre une exception : quand le rétrécissement n'a pas 6 centimètres et demi, l'embryotomie, i'i moins de faits très-exceptionnels, sera nécessaire, etsi le fœtus se présente par l'épaule, cette opération peut être rendue singulièrement difficile par l'élévation et la mobilité du tronc. Dans ces cas, il peut y avoir avantage à pratiquer d'abord la version pour rendre ensuite plus facile le maniement des instruments destinés à amoindrir le volume des parties fœtales. Mais ponr qu'on puisse entreprendre la version dans ces conditions, il faut encore que le bassin soit assez large pour laisser passer la main ; le volume de la main de l'opérateur a donc ici une certaine importance. iNous pensons, ternie moyen, qu'au-dessous de 5 centimètres l'introduction

DE LA VERSION'

de la main serait impossible; c'est du moins ce qui résulte des essais que nous avons faits sur des bassins rétrécis; les quelques faits cliniques que nous avons observés nous ont conduit au même résultat.

Quant à l'intégrité de la poche des eaux ou à l'écoulement incomplet du liquide amniotique, c'est là une condition qui rend la version plus facile en augmentant la mobilité du fœtus, mais ce n'est point là une condition indispensable au succès de l'opération.

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