CHAPITRE VII
ElinRYOTOMIE.
Sous le nom à'embryotomie, on désigne une opération dans laquelle on perfore, on divise ou l'on écrase quehiue partie fœtale pour en diminuer le volume et la résistance afin d'en rendre l'extraclion plus facile. Dans
quelques cas, relativement simples, une ponction suffit en donnant issue à du liquide accumulé dans le cr.'ine (pi. 100, fig. 1), la poitrine, l'abdomen ou dans un kyste ; mais une pareille opération ne mérite pas le
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nom d'embryotomie : celle-ci nccessile toujours des mulilaiions graves, incompaliblesavecla conlinualion de la vie.
Quand le fœtus est mort, i'embryolomie peut être pratiquée toutes les fois qu'un obstacle mécanique quelconque empêche l'expulsion ou l'extraction facile de l'enfant; les instruments n'attissent alors que sur un cadavre, l'opérateur ne doit avoir d'autre but que celui d'assurer l'existence de la mère. Mais lorsque l'enfant est vivant et viable, on peut hésiter, avoir des <Ioutes sur le parti à prendre. En Angleterre, on se décide assez facilement à pratiquer l'embryotomie; la plupart des accoucheurs de ce pays prosirivent en effet l'opération césarienne etsacriflent l'enfant. En France, ce n'est, pour ainsi dire, qu'en désespoir de cause qu'on le fait; on comprend cette réserve quand on songe h la terrible responsabilité qui pèse sur l'accoucheur qui se décide à pratiquer l'embryotomie sur un enfant vivant. Nulle autre opération de la chirurgie ne lui est assurément comparable sous ce rapport. On serait donc bien coupable d'agir à la légère, mais quand la nécessité de cette opération est démontrée, il faut savoir la pratiquer sans faiblesse; attendre par pusillanimité, c'estperdre un temps précieux et mettre la vie de la femme en danger. De jour en jour on se rapproche en France de la pratique anglaise; pour nous, nous n'hésitons pas à suivre cette pratique, quand nous croyons que l'accouchement est impossible sans mutilation; en pareil cas nous préférons toujours l'embryotomie à l'opération césarienne.
L'embryotomie n'est pas une con(|uête nouvelle de l'obstétrique, on trouve, en effet, dans Hippocrate plusieurs passages qui s'y rapportent, mais chaque jour elle se perfectionne et se rapproche davantage des opérations les mieux réglées de la chirurgie. L'embryotomie se pratique de plusieurs manières, suivant les cas : tantôt on perfore seulement le crâne, c'est à cette perforation que nous donnerons spécialement le nom de crâniotomie ; tantôt on écrase la tête avec un céphalotribe et l'opération prend le nom de cèphalotriime; tantôt, enfin, on pratique la section du cou ou du tronc. Nous décrirons donc successivement dans trois articles séparés: 1° la crâniotomie; 2°lacéphalotripsie; 3° l'embryotomie par section du cou ou du tronc.