DE L'ACCOUCHEMENT PHÉMATURÉ ARTIFICIEL
graves ou d'accidenls, parce qu'il faut se décider à opérer d'un moment à l'autre; il n'est donc applicable qu'aux cas d'étroitesse pelvienne. On y attachait autrefois une certaine importance, mais nous n'avons en lui qu'une confiance bien médiocre. Toutefois, comme il est parfaitement inoffensif, on pourra y avoir recours dans les jours qui précèdent le début de l'opération.
La contraction utérine étant la cause immédiate de l'accouchement, tous les procédés opératoires capables de provoquer le travail s'adressent à la contractilité utérine qu'ils ont pour but de mettPe en jeu jusqu'il ce que l'œuf soit expulsé. Ces procédés sont très-nombreux; nous les diviserons en trois catégories :
1° Agents médicamenteux.
2° Excitation de l'utérus par action réflexe.
3° Action directe sur l'utérus.
1° Agents médicamenteux.
C'est dans cette classe que se rangent les drasiicjues et tous les emménagogues. Us n'ont été employés que rarement dans un but louable, parce que leur action est lente, incertaine et qu'ils peuvent occasionner des accidents graves.
En tète de ces médicaments se place le seigle ergoté, dont l'action spécifique devait appeler l'attention. Ce fut Bongiovanni qui introduisit l'usage du seigle ergoté dans la pratique de raccouchement provoqué; mais il ne fut pas heureux dans ses essais, car il fut obligé de revenir à la ponction des membranes. Il eut néanmoins des imitateurs, et parmi eux Ranisbotham est peut-être celui qui employa le plus souvent le seigle ergoté. Les résultats qu'il obtint sont peu encourageants : sur 26 cas il n'eut que 12 enfants vivants, dont à seulement purent vivre au delà de trente-six heures. Ces résultats désastreux ne sont pas surprenants quand on considère que dans quelques cas il fallut porter le médicaments des doses énormes. Ramsbotham a cependant continué d'employer le seigle ergoté, mais il y joint la ponction des membranes, et depuis ce moment les résultats ont élé moins mauvais. Cette méthode mixte a été employée 30 fois; on y compte encore 8 enfants mort-nés.
L'action du seigle ergoté est toujours lente à se produire, incertaine, souvent insuffisante; dans un grand nombre de cas on a été obligé de recourir à un procédé auxiliaire. La contraction tétanique qui naît sous l'influence de ce médicament amoindrit par son action continue la circulation placentaire et produit l'asphyxie du fœtus. C'est, en résumé, un très-mauvais moyen qu'il faut rejeter de la pratique.
2° Excitation de l'utérus par action réflexe.
Une élroite .sympathie existe entre les mamelles et l'utérus, surtout pendant la gestation ; toute excita-
lion portée sur l'un de ces organes est réfléchie sur l'autre. Ces faits ont conduit Friederich à proposer l'application de sinapismes et de vésicatoires volants sur le sein pour provoquer prématurément les contractions utérines. .Scanzoni reprit plus tard cette idée, il conseilla d'appliquer sur les mamelles des ventouses de caoutchouc, et fit connaître plusieurs cas de réussite; mais il vit plusieurs fois survenir des accidents lipothymiques. Chiari, Kilian, IlohI n'ont pas élé heureux dans cette voie. L'excitation des mamelles retentit bien sur l'utérus, dont elle provoque la contraction paraclion réflexe, mais cette excitation est insuffisante, elle fait perdre un temps précieux, elle peut être dangereuse par les accidents nerveux qu'elle engendre. C'est encore un moyen infidèle sur lequel il ne faut pas compter.
3° Action directe sur l'ltéris.
C'est dans cette classe que se trouvent les agents les plus nombreux et les plus utiles. Nous les diviserons en cinq catégories, suivant le lieu même de leur application :
A. Excitation externe du corps de l'utérus.
B. Excitation portée sur la périphérie du museau
de tanche.