DE L' ACCOUCHEMENT PKÉMATURÉ ARTIFICIEL
mur à une hauteur (l'envir&n 2 mètres; du réservoir part un long tuyau ([ui sd termine par une eanule de caoulchone dont on dirige l'extrémité sur le museau de tanehe. La température de IVau doit être de 35 i'i /iO degrés eenligrades. Le jet doit être fort, puissant et durer de dix îi quinze minutes sans interruption.
M. P. Duliûis a remplacé l'appareil de Kiwisch par tin irrigateur du dûcleur Eguisier, assez grand pour contenir 6 litres de liquide. Plus tard, enfin, M. Cliarriére fal)ri(iua une petite poniiie, aspirante et loulante, qu'on adapte à un sceau d'eau chaude. M. Stollz emploie une pompe à main de jardin, avec laquelle on peut à volonté graduer la force d'impulsion du liquide.
La malade est placée en travers sur son lit, les jambes maintenues écartées par deux aides; une toile cirée placée sous le siège protège les vêlements et conduit l'eau dans un vase placé sur le parquet. L'opérateur introduit l'index de la main gauche dans le vagin, cherche le col de l'utérus et dirige sur lui, à une distance de quelques millimètres seulement, l'extrémité de la canule qu'il tient avec sa main droile. On peut encore se servir d'un spéculum pour mettre le museau de tanche à découvert, et rien n'est alors plus facile que de diriger le jet d'eau sur cet organe.
Dans les cas ordinaires, il suffit de pratiquer deux ou trois injections par jour, mais il faudrait les renouveler plus souvent si l'on voulait obtenir un résultat très-prompt. Le nombre des douches nécessaires est, du reste, très-variable; dans quelques cas heureux le travail se déclare à la première douche, mais, en général, il en faut un beaucoup |)lus grand nombre. Dans 10 observations publiées par Kiwisch, il fut obligé de les répéter quatre fois au moins et dix-huit fois au plus ; la moyenne pour ces 10 cas fut de dix douches ; la durée de temps écoulé depuis le commencement de l'opéraiiun jusqu'au moment de l'accouchement fut à peu près en moyenne de trois jours et demi. Dans un cas, il ne s'écoula que vingt heures; dans deux autres, l'accouchement se lit attendre sept jours.
Pour augmenter l'efficacité des douches utérines, il suffit de diriger l'extrémité de la canule sur l'ouverture du museau de tanche ; l'eau est alore projetée directement dans l'intérieur du col utérin. M. Blot a même plusieurs fois introduit directement ia canule dans le col, de manière que le jet d'eau pût arriver jusqu'aux membranes et les décoller; cette dernière modification du procédé de Kiwisch aurait pour avantage de provoquer très-rapidement le travail.
La méthode de Kiwisch a une efficacité incontestable; aussi jouit-elle d'une très-grande vogue. L'appareil à douches peut être facilement construit en tous lieux ; les femmes se soumettent sans répugnance ii
une opération aussi simple, dont elles comprennent le mécanisme, et qui n'est point douloureuse.
Sur quatre-vingt-un cas, cités par M. Slolz, dans lesquels la douche vaginale fut employée pour provoquer le travail de l'accouchement, elle réussit seule dans soixante-huit; mais dans treize cas, il fallut recourir a des moyens accessoires ou iilus énergiques. La douche utérine a donc aussi quelques insuccès; mais on jieut lui faire des reproches jilus gra\es. Pour mon compte personnel, j'ai déjà eu l'occasion d'employer assez sou\ent les douches utérines, tant à la Maternité de Paris, qu'à l'hôpital des Cliniques, et je ne partage pas l'enthousiasme qu'elle a excité. C'est un' moyen presque toujours lent, qui fatigue la patience de l'opérée et de l'opérateur, qui compromet quelquefois la réussite de l'opération,, en retardant, outre mesure, le moment de l'accouchement. Ce n'est pas tout encore : les douches sont dangereuses, elles peuvent tuer rapidement, quui qu'on ail dit de leurinuocuilé. Dans un mémoire lu à l'Académie de médecine, j'ai rapporté l'observation d'une femme dont le vagin fut déchiré par une douche utérine, au niveau de son cul-de-sac postérieur, et je me suis assuré sur le cadavre, qu'un pareil accident est très-possible avec un appareil puissant. J'ai rapporté aussi plusieurs cas de mort subite, survenue pendant la durée même de la douche utérine, entre les mains de Jl. M. Depaul, Salmon (de Chartres), Simpson, dont l'habileté ne peut être mise en doute. M. le professeur Depaul, en communiquant le fait qui lui est personnel à la Société de chirurgie, a cru pouvoir l'expliquer par l'introduction accidentelle de quelques bulles d'air dans les sinus utérins; je crois son explication bonne, car dans tous ces cas malheureux, les symptômes observés ont été ceux de l'introduction de l'air dans les veines. On conviendra que de pareils malheurs doivent rendre les accoucheurs plus circonspects dans l'emploi des douches utérines.
Douches d'acide carbonique. — Scanzoni (de Wurtzbourg) a conseillé d'employer l'acide carboni(|ue eu douches, et de les porter sur le col de l'utérus, au moyen d'un appareil approprié. Employé par son auteur, ce procédé n'est pas destiné à être vulgarisé.