‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 128 sur 136 · C. — Dilatation du col · texte numérisé non relu

C. — Dilatation du col

Dilatation par féponge préparée. — Si (juelques auteurs avaient entrevu le parti qu'on peut tirer de la dilatation du col pour provo(|uer les contractions utérines, il n'en est pas moins vrai que c'est à Klugeque revient le mérite d'avoir vulgarisé l'éponge dans la pratique ; .son procède est encore généralement employé.

On taille d'abord un cône d'epongc préparée, épais

DE L'ACCOUCUEMUNT PRIvMATlRI^ ARTII'ICIEL.

(le 2 leiitiméti'es environ ii sa base, d'iiiit' Irnigueur (le 5 cpiitimètres, ((ue Ton enduit de eeral, et que l'on saisit dans sa partie la plus large avec des pinces à polypes légèrement courbées. La femme c^-tant placée en travers sur son lit, l'opcirateur introduit deux doigts de la main gauche dans le vagin, s'en sert pour guider l'éponge sur le museau de lanche et faire pénétrer son extrémité dans l'orifice externe (pi. 103, lig. 1). Il retire ensuite la pince, et se sert de ses doigts pour faire pénétrer le cône dans le col ; il le maintient ((uel- (jues inslanls en place pour l'empêcher de descendre, puis il introduit dans le vagin une éponge ordinaire qui doit maintenir la première en place. A chaque éponge est attaché un petit ruban pour en faciliter l'extraction. Après \ingt-(|uatre heures, les éponges sont retirées et remplacées i)ar d'autres plus volumineuses.

L'iniroduction du cône d'épongé présente une assez grande difficulté, aussi M. Dubois recommandait de se servir du spéculum, qui peut embrasser le (»1, le ramener vers la ligne médiane et mettre son oiilice à découvert. L'opération l'aile, on fixe l'appareil ii l'aide d'un bandage en T, qui ferme l'ouverture des parties génitales. Cazeaux, pour éviier la pri^sence de la grosse éponge dans le vagin, où elle cause d'assez vives souffrances, avait fait fabriquer un ressort qui maintenait l'éponge préparée dans l'intérieur du col par l'une de ses extrémités, et venait par l'autre se fixer à une ceinture hypogastrique.

L'action de l'éponge (iréparée est facile à comprendre : elle excite la muqueuse voisine, y produit une sécrétion de mucus , s'imbibe de liquide , se gonfle en dilatant le col sur les parois duquel elle presse. Cette dibilalion n'est pas le seul avantage de l'éponge, qui produit en outre une irritation qui réagit suries libres de l'utérus; bienlôl de; contractions se produisent, et ce sont elles qui amènent l'accouchement.

Les effets locaux de l'éponge préparée ne sont pas toujours limités au col ; parfois l'extrémité du cône pénètre au-dessus de l'orifice interne et d(''colle les membranes dans une assez grande étendue. Dans une observation de M. le professeur Stollz, l'éponge tout entière glissa dans la cavité utérine et rompit les membranes; au bout de trois jours, l'accou(aiement se termina heureusement pour la mère et l'enfant.

L'i^ponge préparée a pour avantage d'agir avec une grande douceur, d'èlre.exemple de tout danger pour la mère et l'enfant; aussi celte méthode de dilatation était adoptée par tous les accoucheurs, avant que la méthode de Kiwisch fût connue. Malheureusement, cette opération, si simple en apparence, présente, en réalité, d'assez grandes difficultés: le col est souvent si élevé, (lu'il est diflicile de le Dxer avec les doigts.

d'y faire pénétrer l'éponge, et dans un cas, Kluge luimême, après des tentatives infructueuses, se vit ton.; traint de renoncer à son pnurdé.

Un autre inconvénient de l'éponge, c'est d'agir parfois avec une très-grande lenteur, quelquefois même, elle a manqué de force d'excilation nécessaire pour délerminer des contractions utérines.

Le professeur Hoffmann a donné l'analyse de 70 observations (|ui ont fourni les résultais suivants : 55 fois l'éponge a suffi seule à provoquer définitivement l'accouchement, et l'on ne fut que rarement obligé d'en répéier l'emploi ; 7 fois elle a été employée concurremment avec d'autres procédés; 7 fois elle est restée impuissante, mais alors même elle a opéré un commencement de dilatation très-favorable à la ponction des membranes. La durée du travail est indiquée dans le même nombre d'obsenations : U fois la durée du travail a été de vingt-quatre heures, l/i fois de quaraiile-huit heures, 10 fois de trois jours, 12 fois de Iroisà huit jours, 3 fois de neuf à treize jouis.

Les résultats observés ont été très-favorables pour les enfants et leurs mères.

L'emploi de l'éponge préparée peut donc être comparé sans desavantage avec les douches utérines; il a sur elles l'immense avantage de ne pas exposer à une mort subite.

Dilataleur de Busch. — Busch imagina un dilatateur à trois branches(pl. 103, flg. 2) qui, lorsqu'il est fermé, présente le volume d'une pince à pans(;menis; son extrémité effilée pénètre facilement dans l'orifice utérin. Ce dilatateur est introduit dans le col à une profondeur de 15 millimètres seulement, puis ouvert a différentes reprises jusqu'à ce qu'il ait provo(iué une contraction ou une douleur locale assez vive. L'instrument de Busch est beaucoup moins avantageux que l'éponge; il agit d'une manière intermittente, ses valves en s'écartant n'agissent que sur des points limités; il en résulte nécessairement des tiraillements douloureux.

Les résultais obtenus par ce procédé sont peu nombreux et peu encourageants. ITayn, il est vrai, prétend avoir obtenu des douleurs au bout de onze heures, mais Busch lui-même ne parvint i» ce résultat qu'après trois jour.-;, et dans deux cas après huit jours seulement de tentatives énergiques et pénibles. Ce procédé présente donc dis inconvénients graves; on ne devra l'employer que pour rendre plus facilcl'introduction d'un cône d'épongé prépan-e.

Les dilatateurs de .Meade et Krause ont la plus grande analogie avec celui de Busch, ils sont passibles des mêmes reproches.

Sphéiio-siphon. — Schnackenberg inventa un dilatateur tout différent desprccédents. Son instrument, qui porte le no.n de .'^phéno-siphon, se compose d'une

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