DE L'ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ ARTIFICIEL
posé (l'introduire un catliclcr le plus près possible du fond de l'ulcrus, et de rompre les membranes avec la pointe de l'instrument. Cette idée fui reprise par Meissner (de Leipsig) qui lit fabriciuer dans ce but une ranule de 35 ceniimèlres de long, courbée suivant une circonférence de 20 centimètres de rayon. .\u côté convexe de son extrémité inférieure, se trouve un anneau qui sert au maniement de l'instrument, tout en Indiquant la direction de sa courbure, quand il a été profondément introduit. A cette canule s'adaptent deux mandrins : l'un se termine par un bouton olivaire, l'autre par un trocart. Le premier mandrin sert à faciliter l'introduction de la canule qu'il dépasse de quelques millimètres; on le retire quand elle a été introduite au point voulu, et on la remplace par le mandrin acéré dont la pointe va perforer les membranes.
On procède il l'opération de la façon suivante : la femme est debout, assise ou couchée, suivant que le col est plus ou moins accessible dans chacune de ces attitudes; l'opérateur dirige la canule munie de son mandrin mousse dans la cavité du col, et la pousse jusqu'à ce qu'elle ait franchi l'orifice interne. La convexité de la canule est dirigée vers la concavité du sacrum, son extrémité doit cheminer le long de la paroi postérieure jusqu'à ce que l'anneau soit arrivé à la vulve. 11 est bien entendu que pendant tout ce trajet l'instrument doit être manié avec la plus grande douceur. L'introduction achevée, on porte l'anneau vers le périnée pour explorer l'œuf et s'assurer que l'extrémité de la sonde n'appuie sur aucune partie fœtale. Aussitôt l'endroit favorable trouvé, on remplace le mandrin mousse par le mandrin aigu et l'on perfore les membranes. On retire le trocart et quand une cuillerée de liquide s'est écoulée, on retire la canule elle-même. Le liquide amniotique continue à couler goutte à goutte. On peut, après cette opération, permettre à la femme de marcher ou de s'asseoir à volonté.
Au bout de vingt-(iuatre à (|uarante-huit heures, les douleurs se déclarent. En générai, la dilatation s'opère prompteqieiit, et l'accouchement est terminé en trente-six ou quarante-huit heures.
M. Villeneuve (de Marseille) a substitué au double mandrin de Meissner un mandrin unique terminé en crochet pour saisir et rompre les membranes. Le/iercememhranes a tous les avantages du trocart et n'expcse pas à blesser le fœtus.
Quel que soit l'instrument employé, la perforation des membranes sur un point élevé donne de bons ré-
sullats, puisque sur vingl-((ualre observations enregistrées jusqu'à ce jour, toutes les opérées furent sauvées et vingt-deux enfants naquirent vivants. Cependant le professeur Kiwi.sch a signalé un inconvénient grave: en se servant de la canule de Meissner il rencontra lo placenta et la canule laissa couler du sang presque pur et très-peu de liquide amniotique.
La méthode de Meissner est peu employée, probablement parce qu'on a été retenu par la crainte de pénétrer aussi profondément dans la matrice, de blesser les parois utérines ou le fu'tus, et à juste titre de décoller le placenta. Elle restera une opération exceptionnelle.
APPRÉCrATIO.N.
Les moyens de provoquer l'accouchement prématuré sont, on le voit, extrêmement nombreux; ils ont tous été employés avec des succès divers qui tiennent nonseulement à la nature même du procédé mis en usage, mais encore à la grande différence d'excitabilité que piésente l'utérus chez les femmes enceintes. Tantôt la matrice se contracte sous l'influence de la cause l;i plus légère et tous les procédés réussissent à merveille, tantôt, au contraire, elle reste inerte malgré l'emploi des stimulants les plus actifs, elles meilleurs procédés paraissent insuflisanls.
La meilleure opération est celle qui donne hs résultats les plus constants et les plus rapides, tout en sauvegardant le mieux la vie de la mère et de l'enfant. \ moins d'indications spéciales fournies par la clinique, trois méthodes nous paraissent préférables aux autres : 1° décollement des membranes; 2° dilatation du col ; 3" excitation de la périphérie du museau de tanche.
1° .Nous emploierons de préférence le décollement des membranes, toutes les fois que l'orilice interne pourra être franchi.
2° Nous aurons recours à la dilatation du col, qu.iiul l'orilice interne offrira un obstacle insurmontable à lintioduclion des instruments.
3° L'excitation de la périphérie du museau de tanche sera notre dernière ressource, quand les deux méthodes précédentes seront impraticables.
Reste la comparaison à établir entre chacun des procédés que comprennent ces trois méthodes; nous ne voulons pas rentrer dans l'étude de ce sujet que nous avons déjà traité en décrivant chaque procédé. Nous appellerons plus pariiculièrement l'attention sur \e dilatateur intra-utérin, Véponge préparée, le colpeurynler et les douches utérines.