‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 20 sur 136 · AL"X SEXES ET AUX AGES · texte numérisé non relu

AL"X SEXES ET AUX AGES

chez le fielus et le jeune enfant, il est|iresque aussi haut qu'il est large; il ases diamètres transversesplus courts que ses diamètres antéro-postérieurs ; son arcade pubienne et son détroit inférieursont fort étroits; enfin il y a peu d'espace entres le cavités cotyloides. Un autre caractère du bassin à cet âge réside dans l'inclinaison très marquée du plan de son détroit supérieur. La base du sacrum est ici tellement élevée par rapport au bord supérieur de la symphyse pubienne, qu'une ligne horizontale qui partirait de ce bord pour se prolonger en arrière passerait .sous la pointe du coccyx, disposition qui, jointe à l'étroitesse de l'excavation, rend compte de la saillie de la vessie hors de cette cavité, et des rapports que ce réservoir contracte avec la paroi abdominale pendant la première enfance.

Enfin, le bassin de l'enfant, au lieu d'occuper, comme chez l'adulte, le milieu de la hauteur du corps, est placé au-dessous de ce point, et cela d'autant plus que le sujet est plus jeune; de telle sorte que dans les premiers temps de la vie fœtale, quand les membres ne sont pas encore développés, cette cavité forme la partie inférieure du tronc.

3° Dans la vieillesse (fig. 3), les os du bassin sont moins denses, moins pesants et moins blancs. La substance compacte dont ils sont formés à l'extérieur a moins d'épaisseur, en même temps que le tissu spongieux est composé de cellules plus amples, mais à parois plus minces, ce qui donne à ces os plus de friabilité; l'f/cKm offre au centre de la fosse iliaque nn amincissement considérable, et quelquefois même une véritable perforation. Les articulations sont plus sèches, leurs cartilages sont devenus rugueux, et la synovie qui les recouvrait s'est convertie en une substance jaunâtre parsemée de flocons isolés. Les ligaments, plus rigides, permettent moinsde mouvemenisj enfin l'articulation sacro-coccygienne est souvent entièrement soudée. Le grand bassin est plus évasé, par suite de l'aplatissement des fosses iliaques, aplatissement qui tient, suivant Ribes, d'une part au poids des viscères abdominaux, et d'autre part au relâchement des muscles larges du ventre, devenus trup faibles pour soutenir les crêtes de l'iléum.

L'entrée du petit bassin reprend la forme qu'elle avait dans l'enfance : elle est plus longue d'avant en arrière, en même temps qu'elle est plus étroite, et l'arcade des pubis forme un angle moins ouvert. Enfin le plan du détroit supérieur devient moins oblique qu'il n'était dans l'adulte, parce que, avec les années, le sacrum s'incurve davantage en même temps que le promontoire s'abaisse.

W Dans les r.vces (pi. 12), la forme du bassin, de même que celle de la tête, présente des caractères particuliers qui diffèrent dans chaque race, et qui

DU BASSIN EN GÉNÉRAL

peuvent servir à les distinguer. Comme ces caractères se maintiennent dans toute leur vigueur chez les individus transportés dans d'autres parties du globe que celles où ils sont nés; comme ils ne se modifient qu'à la longue par le mélange des individus d'une race avec ceux d'une autre race, et que de ce mélange résultent des formes nouvelles de bassins dont on pourrait méconnaître l'origine, si l'on négligeait la connaissance des types qui les ont produites, nous allons nous occuper un instant de ce sujet, qui n'est pas sans intérêt, même au point de vue pratique.

Malheureusement cette étude n'est encore qu'à l'élat d'ébauche, car M. Vrolik (d'Amsterdam), qui le premier a appelé l'atlenlion des accoucheurs sur la diversité des bassins de différentes races humaines, n'a décrit, dans les considérations qu'il a publiées en 1806 sur ce sujet, que le bassin du nègre, du Boschiman, du Javanais et du mulâtre, et depuis il n'a point eu de continuateur dans ce genre de recherches.

Disons d'abord qu'une des difficultés de cette étude résulte de ce que les naturalistes ne sont pas d'accord sur le nombre des races humaines qui existent tant sur l'ancien que sur le nouveau continent, et encore ■moins sur les variétés que chacune d'elles présente. Avec Cuvier nous admettons trois races principales, qui sont : 1° la race caucasique ou blanche ; 2° la race mongole ou jaune; 3° la race éthiopienne ou noire. Avec lui aussi nous admettons que chacune de . ces souches principales offre un certain nombre de tiges ou de rameaux qui en dérivent.

Voyons maintenant ce qu'on sait de la ronforniatioii du bassin dans ces différentes races. Nous connaissons la forme du bassin d'une femme de race caucasique, puisque c'est elle que nous avons prise pour type dans notre description ; mais nous manquons d'études comparatives sur les variétés que cette forme peut offrir dans les divers rameaux de la souche. Sans doute que ces variétés ne sont ni considérables, ni bien importantes en pratique; mais enfin elles existent, et nous n'en voulons pour preuve que cette remarque faite par tous les anlhrnpologisles, que les femmes de la tige germanique accouchent avec plus de faciliié que les femmes de la tige celtique. Pour nous, nous ne doutons pas que cette étude bien faite ne donne plus lard la clef de ces variétés individuelles si nombreuses que l'on rencontre aujourd'hui dans les bassins des femmes de la race blanche.

Laracemoiiijole {[)\. 12, fig. 1), bien que répandue sur une grande partie du globe et peuplant des pays dont l'accès est ouvert aux Européens, n'a cependant pas encore été soumise à des observalions suivies sur le sujet qui nous occupe. Mais ce que nous savons des mœurs et des coutumes des peuples de l'Asie, et

spécialement des Chinois et des Japonais, dont les femmes sont condannées à passer leur vie dans l'atlitude assise, par suite de la déformation qu'elles impriment à leurs pieds, nous fait penser qu'à défaut d'un type originel, le bassin des femmes de cette race doit présenter une conformation particulière acquise.

Nous ne possédons aucune description de bassins appartenant à des femmes de souche mongolique pure ; mais nous avons les observalions de M. Vrolik sur des bassins d'hommes et de femmes adultes, originaires de l'île de Java. Que les habilanls de ce pays appartiennent, suivant quelques naturalistes, à une simple variété de la race mongole, connue sous le nom de malaise, ou bien qu'ils fassent partie d'une race métis provenant du mélange des races caucasique et mongole; toujours est-il que nous devons trouver dans le bassin du Javanais, sinon tous, au moins quelques-uns des caractères propres à la souche dont il sort, et cela nous suffit. Or, des observations faites par M. Vrolik sur trois bassins de femmes adultes venus directement de Batavia, il résulte que ces bassins offrent une singulière délicatesse de forme et une grande légèreté, que les os qui les constituent semblent au premier aspect appartenir à des enfants, quoiqu'ils présentent bien évidemment tous les caractères qui les distinguent dans l'âge adulte; que, du reste, cet état du squelette est en rapport avec celui des muscles, dont le volume, la dureté et la force sont moindres que dans les autres races. Que si l'on analyse la forme des diverses parties du bassin, on voit que les fosses iliaques sont un peu moins larges et plus droites que dans la race blanche; que la base du sacrum ne fait qu'une saillie peu prononcée au niveau du promontoire, et que le corps de cet os ne forme dans l'excavation qu'une légère courbure, ce qui donne à cette cavité et à ses deux détroits une forme à peu près ronde. Cette forme, qui est caractéristiquesuivant M. Vrolik, est liée à un faible rétrécissemeut général de tout le canal pelvien, et spécialement de ses diamètres transverses; rétrécissement qui n'apporte aucun obstacle à l'accouchement, tant qu'il n'y a pas eu mélange de races, parce qu'il parait que la tètcde l'enfant javanais a un occiput peu saillant, mais qui devient cause de difficultés pendant le travail, quand la femme a été fécondée par un Européen. Tn médecin établi depuis longues années à Java écrit que, hors ce cas, les habitantes de ce pays n'ont jamais eu besoin de son secours pour accoucher, et qu'immédiatement après leur délivrance, elles vont se baigner dans le lleuve et y nager.

Nous avons vu récemment, dans le cabinet d'anatoniie comparée du Jardin des plantes de Paris, un squelette de femme bengali qui a été rapporté par Delalaude, et sur lequel nous avons pu vérifier l'exaiUilude

de la plupart des observations faites par M. Vrolili sur le bassin des Javanaises; cependant l'habitant du Bengale fait partie, suivant les naturalistes, d'un rameau de la raee mongole distinct de celui qu'on trouve à Java. Cette forme ronde du bassin nous semble donc être un caractère de r.ice.

La race éthiopienne ou noire est celle dont la conformation héréditaire du bassin s'éloigne le plus du type que nous avons décrit dans la race blanche, mais c'est celle sur laquelle on possède le plus d'observations bien faites relativement au point qui nous occupe. Dans celle race, le bassin de l'homme diffère tellement de celui de la femme, qu'en les voyant l'un à côté de l'autre, on ne présumerait pas qu'ils appartinssent à une mêmeespèce. Quand le bassin du nègre serait pris de quelques bêtes féroces, dit M. Vrolik, il ne pourrait être d'une substance plus ferme et avoir des os plus forts. Tandis que le bassin de la négresse réunit la délicntesse et la légèreté h la rondeur des formes. Cependant en observant attentivement ce dernier, quelque délicate que soit sa composition, il est également difficile d'en écarter l'idée de l'animalité: en effet, la direction verticale des iléons, leur élévation aux tubérosités postérieures et supérieures, la moindre largeur du sacrum, la moindre étendue des hanches, la brièveté du diamètre transverse de l'excavation et des deux détroits, la petite distance qui existe entre le bord supérieur de la symphyse pubienne et l'angle sacro-vertébral, la forme allongée que le bassin acquiert par là, tout cela rappelle à l'espiit la forme du bassin des singes. Mais, ainsi que chez ces animaux, la capacité du canal pelvien est suffisante pour rendre l'accouchement facile, car ici encore elle est en rapport avec la moindre largeur de la tète du fœtus.

Il est un rameau de la race noire qui offre des caractères d'animalité encore plus prononcés, c'est celui que forment les Boschimans. Ces hommes, qui habitent le sud de l'Afrique, dans le voisinage du cap de Bonne-Espérance, où ils vivent dans l'état sauvage primitif, et dont les femmes se distinguent des autres femmes de la race éthiopienne par un appendice des organes génitaux (lu'on appelle le tablier, et par deux masses graisseuses qui couvrent leurs fesses et leurs hanches, sont placésau dernier degré de l'échelle humaine; et diffèrent sous tant de rapports des autres nègres de la cùle de Guinée, que, d'après ce qu'on en connaît, un nègre peut se considérer comme bien plus supérieur au Boschiman que celui-ci ne l'est ;i une brute.

Le bassin des femmes de cette vjuiélé de la raee noire a une conformation qui indique l'inférieure eondili(Mi à laquelleelles appartiennent. Nous donnons ici la ligure d'un de ces bassins (planche 12, fig. 2), parce qu'on y trouve réunis, à un plus haut degré que dans

Page 1