‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 26 sur 136 · GRAND · texte numérisé non relu

GRAND

(PI. 15, fig. 2.)

Il peut paraître singulier de nous voir placer au nombre des bassins viciés un bassin régulier dont tous les diamètres offrent seulement plus de longueur que ceux du bassin normal ; car un pareil bassin ne peut jamais apporter le moindre obstacle à l'accouchement, tant que l'enfant se présente en bonne position et qu'il n'est pas affecté d'un vice de conformation qui augmente .son volume. Cependant on reconnaît généralement que s'il n'entrave pas le travail, un pareil bassin peut exposer la femme qui le porte U des accidents nombieux pendant la grossesse, pendant et après l'accouchement, et cela nous suffit pour placer le bassin trop large parmi les vices de conformation de celte cavité.

Ce bassin se rencontre tantôt chez des femmes d'une stature plus qu'ordinaire, et son développement, dans ce cas, parait être en rapport avec le développement du reste du squelette. D'autres fois il se rencontre chez des femmes de taille moyenne et de constitution

molle; dans ce cas, les os qui le constituent par leur assemblage sont minces et peu résistants. Le sacrum ] est presque droit, et le bassin en entier est moins incliné que de coutume.

Le l)assin trop grand s'élève quelquefois de 27 mil. limétres(l pouce) au-dessus des proportions normales. (;. de la Tourette en a même vu un dont le diamètre sacro-pnliien avait i;i9 millim. (5 pouces t/2), le bisiliaque 176 millim. (6 p. 1/2), et les deux diamètres du détroit inférieur 1^9 millim. (5 p. 1/2) ; mais ordinairement cette augmentation ne dépasse pas 27 millimètres, et souvent même elle reste au-dessous. Lesdcux bassins dont parle J. lîiirns sont dans ce cas.

La cause de ce vice de conformation est tout à fait inconnue. M. Nsegelé, qui l'a recherchée, ne lui en donne pas d'autre que celle-ci : « De même que le lias- «sin trop petit, le bassin trop grand doit être considéré » comme un jeu de la nature. »

Tous les accoucheurs admettent que les bassins régulièrement trop grands exposent les femmes qui les portent îi de nombreux accidents, soit dans l'état de vacuité de l'utérus, soit pendant l'état de gestation, soit enfin pendant le travail de l'accouchement.

1» Dans l'étal de vacuité de l'utérus, ils facilitent divers déplacements de cet organe, d'autant plus fâcheux que sur de pareils bassins il est plus difficile d'y remédier par les moyens ordinaires.

2° Pendant l'élat de gestation, ils exposent la matrice chargée du produit de la conception à descendre prématurément dans l'excavation ; et alors, pour peu que la tête de l'enfant soit volumineuse, elle comprime les organes renfermés dans cette cavité, et produit la rétention d'urine, la constipation, les ténesmes, les hémorrluiides, l'anlème et les varices des membres inféiieurs.

3" Enfin, |)endant l'accouchement, il peut arriver que, par suite de l'excès d'ampleur de tout le canal pelvien, la partie inférieure de l'utéius que recouvre la tête de l'enfant soit, avant la dilatation complète du col, entraînée avec la tète sous l'influence des forces expultri(«s, et amenée au niveau des grandes lèvres de la vulve ; bien plus, l'utérus entier, rempli du produit de la conception, peut être chassé hors des paities de la génération, ainsi que Paul Portai en cite un exemple. Plus souvent enfin on voit l'accouchement se faire plus rapidement qu'on ne l'avait prévu, et par suite l'enfant tomber par terre, ou bien le cordon se rompre, ou bien le placenta se décoller prématurément, ou bien encore l'utérus se renverser en dehors : tous cas à la suite desquels la femme reste exposée à des hémorrhagies promplement mortelles. Madame Lachapelle seule a révoqué en doute l'influence d'une trop grande ampleur du bassin sur la production de tous ces accidents ; elle eiU été plus vraie en disant qu'on a peut-

M.4LF0RMAT10NS. 39

être exagéré cette influence, et qu'il est facile en général de prévenir les conséquences fâcheuses aux- (|uelles elle expose. Nous indiquerons (ilus loin les moyens à l'aide desquels on diagnostique ce vice de conformation et les indications qu'il i)réseute.

2° Le bassin trop peiit, ou bassin simplement et

r.ÉGLXlÈREMENT RÉTRÉCI.— BaSSIN UNIFORMÉMENT RÉTRÉCI, SANS COURBURE NI DÉFORMATION DES OS

(Nœgelé).

(PI. 10, fig. 1.)

Ce bassin, sous le rapport des dimensions respectives de ses différents diamètres et de la forme de l'arcade pubienne, présente les caractères d'un bassin de femme régulièrement conformé, mais dont toutes les proportions auraient été réduites; il est, en d'autres termes, caractérisé par un rétrécissement général et régulier de sa cavité intérieure, sans courbure ni déformation des os qui le constituent.

Mentionné depuis longtemps par les accoucheurs ii l'occasion des vices généraux de conformalion de la cavité pelvienne, il n'a pas toujours obtenu l'attention qu'il mérite. Jœrdens, dans une dissertation publié à Erlingen, en 1787, avait déjà reconnu les dangers auxquels il peut exposer la femme pendant le travail ; mais .Stein neveu est le premier qui, en 1825, ait consacré à sa description un chapitre spécial de son Traité d'accouchements. Peu de temps après, en 1830, Nuegelé a décrit avec détail quatre de ces bassins, et a fait de l'espèce de rétrécissement qu'ils présentaient le sujet d'un excellent mémoire. En 1832, M. Faurichon-Lavalade en a décrit un autre dans sa thèse inaugiiialc. Depuis lors, en 1840, Mchet a fait connaître, dans le Juurnal de médecine de Lyon, trois nouveaux cas qu'il a observés dans le service des filles en couches de l'hospice de la Charité de cette ville ; enfin, M. Victor Gensoul, élève de Nichet, a consigné dans sa thèse inaugurale (Paris, 1S42) deux derniers cas qu'il a recueillis dans le même établissement : c'est ;"i l'aide de ces matériaux que nous allons essayer de faire l'histoire de ce genre de malformation du bassin.

Le rétrécissement général et régulier du bassin est plus commun qu'on ne pourrait le croire, en voyant le petit nombre d'observations qui en ont été recueillies jusqu'à ce jour, et le peu de cas qu'on a l'habitude d'en faire dans la plupart des iiailés d'accouchements. H ne nous parait pas douteux que beaucoup de bassins qui le présentaient ne soient restés ignorés, parce que la source des accidents qu'ils avaient déterminés pendant la vie a été méconnue ou reconnue trop lard, et que, comme le dit Xœgelé, on s'est, dans ces cas, tiré d'affaire le mieux qu'on a pu ; que si quelquefois il est arrivé qu'un accoucheur appelé auprès d'une

ÛO

VICES DE CONFORMATION lU BASSIN.

femme en travail difficile par suite d'une pareille conformation, a pu constater un rétrécissement du bassin, il a attribué celui-ci au rachitisme, parce que l'on se contente trop souvent dans ces cas de n'explorer que le diamètre droit. Aussi croyons-nous qu'au fur et :i mesure qu'ils seront mieux connus, ces bassins seront plus souvent rencontrés.

Naegelé admet deux espèces de bassins uniformément trop petits. Dans l'une, le bassin, sous le rapport de l'épaisseur, de la force, de la texture, enfin de tous les caractères physiques des os, le volume excepté, ne diffère pas du bassin normal. On observe celle espèce chez des femmes de petite, de moyenne et de grande taille, d'ailleurs bien conformées et grêles, et rien chez ces femmes ne laisse soupçonner une semblable disposition. Dans l'autre espèce, tout est différent sous le rapport du volume, de l'épaisseur, de la force ; les os ont les caractères de l'enfance, et ces mêmes caractères se retrouvent presque aussi marqués dans le mode d'union des différentes pièces osseuses entre elles. On n'observe cette espèce que chez des individus tiès petits, chez les nains ; mais encore ici le rapport des diamètres entre eux, la forme de l'arcade pubienne, etc., sont tels qu'on les observe chez la femme quand le système sexuel a reçu tout son développement.

Il est enfin une troisième espèce de bassin trop tjlroil, qu'il ne faut pas confondre avec celles-ci : c'est le bassin qui offre, relativement aux dimensions de ses différents diamètres, à leur rapport entre eux et b la disposition de l'arcade des pubis, tous les caractères du bassin de l'enfant. Ici les os n'ont pas encore atteint leur complet développement. Ainsi, l'os coxal est composé de trois pièces réunies par des cartilages, et les fausses vertèbres du sacrum ne sont pas soudées entre elles. Cette espèce de bassin trop petit n'est d'aucun intérêt pour l'accoucheur, car elle appartient toujours î> des femmes dont l'appareil reproducteur est arrêté dans son développement, et qui, pourcette raison, ne seront jamais dans le cas de réclamer les secours de l'art. Aussi en ferons-nous complètement abstraction dans ce que nous avons h dire sur le bassin régulièrement rétréci.

Stein neveu avait avancé que le bassin simplement trop étroit descend moins au-dessous de ses proportions normales que le bassin trop ample ne s'élève au-dessus de ces mêmes proportions C'est ainsi qu'il disait exprf.ssémeni que la limite extrême de l'étroitesse simple ne dépasse pas un 1/2 pouce (Oi millim.), tandis que celle de l'amplitude absolue peut s'élever jusqu'à un pouce (27 millim.); et il ajoutait que dans les ras où ce rétrécis.semeut simple parait plus considérable, on trouverait, après un examen complet, s'il pouvait avoir lieu, que les bassins qui le présentent

ne sont autre chose, sous tous les rapports, que des bassins qui commencent à se déformer, ou, en d'autres termes, des bassins rachitiques. N?egelé a contredit ces assertions en donnant la description détaillée de quatre bassins simplement trop étroits, qui tous ont des dimensions inférieures d'un pouce {'Il millim.) aux dimensions normales, et qui ont appartenu à des femmes dont la constitution n'offrait aucune trace de rachitisme. Parmi les Observations recueillies depuis par MM. Faurichon, Nichet et Gensoul, il n'en est qu'une seule où il soit fait mention d'une diminution de 27 millimètres portant ainsi sur tous les diamètres du bassin ; dans toutes les autres, le rétrécissement était ou moins uniforme, ou moins considéralile. .\insi, dans trois cas on trouve le diamètre oblique diminué de 6 lignes (lu millim), tandis que tous les autres le sont de 10, 12 et même de 15 lignes (22, 26 et 33 millim.) ; dans un autre cas, c'est le diamètre anléropostérieur qui est seulement plus court de 6 lignes 1/2 (15 millim.), quand tous les autres le sont de 10, 12 et 13 lignes (22, 26, et 28 millim.); enfin, dans un dernier cas, le rétrécissement, assez régulièrement réparti, est de 7 à 8 lignes (15 à 18 millim): mais dans aucune de ces observations il n'est question de l'existence du moindre signe de rachitisme.

Nous avons dit plus haut que le bassin trop étroit avait été rencontré tantôt chez des femmes de taille moyenne et au-dessus, et tantôt chez des femmes de petite taille et chez des naines. Voici dans quelle proportion ces cas se trouvent répartis: des dix observations que nous possédons, une seule ne fait aucune mention de la taille du sujet ; dans les neuf autres, une femme est signalée comme ayant une taille élancée au-dessus de la moyenne, deux autres sont de taille moyenne, six au contraire sont notées comme ayant une taille au-dessous de la moyenne, et parmi ces dernières trois ont été mesurées qui avaient de 3 pieds 2 pouces à 3 pieds 6 pouces (1 mètre 2 centim. à l mètre 13 centim.), et qui sont positivement désignées comme naines.

La science est loin d'être fixée sur les causes qui donnent lieu à l'étroitesse générale et régulière du bassin. Quelques auteurs prétendent qu'elle résulte d'un arrêt de développement. Mais s'il en était ainsi, les bassins qui la présentent devraient conserver les caractères d'une des périodes par lesquelles ils passent avant d'arriver à leur état parfait ; ils devraient offrir les rapports que les diamètres ont entre eux, ainsi que la disposition de l'arcade des pubis qu'on observe chez les enfants. Or, nous avons vu que rien de semblable n'existait dans les bassins que nous avons décrits, et même nous avons eu soin de faire de ceux qui présentent des traces de cet arrêt de déveloiipement une espèce à part, distincte des précédentes

MALFOIIMATIONS.

ai

l'I par leur forme et parle peu d'inlérètqu'ilsolTrent pour l'accnuelieur. Nous avons vu plus haut aussi que le rachitisme ne pouvait non plus être regardé comme cause (le ce vice dcconformalion. Nous pensons donc, avec N:rgelc, que les bassins généralement rétrécis iiu'oii observe chez les personnes de toute taille, et dont les os offrent les caractères que nous avons précédemment indiqués, doivent être considérés (•omnicdes jeux de la nature, dont la cause est aussi (litficile à comprendre que celle de tout défaut de proportion qui frappe telle autre partie du squelette: la tète par exemple, qui est quelquefois si petite relativement au reste du corps. Quant à ceux qu'on observe chez les naines, et dont le volume est proportionné à celui du reste du corps, nous croyons que leur cause est celle qui produit le nanisme.

Ces deux espèces de bassins donnent lieu aux mêmes accidents pendant le travail de l'accouchement, et la gravité de ceux-ci est généralement en rapport avec le degré d'élroitessedont ceux-là sont affectés. Le plus souvent c'est un obstacle plus ou moins prolongé apporté au libre passage du fœtus à travers la filière du petit bassin; mais, dans quelques cas, c'est l'impossibilité matérielle complète delà fonction de parturition ctla mort de la mère et de l'enfant, si l'art n'intervient par une opération qui compromet souvent elle-même la vie de l'un ou de l'autre. Les dix observations que nous connaissons déjà confirment et au delà la sévérité de ce pronostic.

Ainsi, deux femmes sont mortes avant d'avoir été délivrées, et chez l'une d'elles on a trouvé à l'autopsie une rupture de l'utérus et du vagin.

Quativ ont succombé après l'extraction de l'enfant, (|ui, pour être faite, avait nécessité, ou l'application du forceps, ou la version, ou la perforation du crâne du l'o'tns.

Chez une seule l'accouchement s'est terminé parles seuls efforts de la nature ; mais ici l'enfant était mort, et sa tête, d'un volume médiocre, était excessivement molle.

Chez trois, enlin, on a tenté l'accouchement prématuré artilicicl : deux ont succombé après l'opération; un(> SL'ulc y a survécu; elle était à 7 mois et 10 jours de grossesse.

Des dix enfanis, un seul était vivant au moment de l'accouchement et sept étaient morts. Dans deux observations il n'est pas l'ait mention de l'état de vie ou de mort du fœtus. Des dix femmes, six étaient primipares; trois étaient accouchées une première fois, mais d'enfants non à terme ou déjà putréfiés; une seule était enceinte pour la septième fois : elle avait fait i-in([ faus.ses couchesà six mois et une couche à terme; elle mourut à la septième.

Va) résumé, sur dix femmes, huitsont mortes. Outre

les dangers qui sont inhérents k tout rétrécissement de la cavité pelvienne, les bassins viciés par élroitessc absolue en présentent un dernier qui leur est particulier: il résultedela difficulté d'établir leur diagnostic sur le \ivant, et de l'impossibilité où se trouve presque toujours l'accoucheur de soupçonner d'avance que ces bassins n'ont pas leurs dimensions normales. Kn effet, sauf le cas d'accouchement antérieur difficile, rien chez les femmes qui portent de pareils bassins n'indique l'existence d'un rétrécissement et la nécessité d'une exploration préalable. La conformation de leur corps, au moins chez celles qui sont d'une taille moyenne et au-dessus, ne peut en aucune manière éveiller l'attention ; car ces femmes ayant les cavités cotyloïdcs moins écartées l'une de l'autre que les autres femmes, se font remarquer par l'aisance de leur démarche et la grâce de leurs mouvements. Aussi Niegelé dit-il avec raison, que c'est, sinon toujours, au moins dans la très grande majorité des cas, au moment même de l'accouchement et à cause de la difficulté qu'ils opposaient à sa terminaison, qu'on a reconnu les bassins uniformément rétrécis, l'expulsion du fœtus n'ayant pu avoir lieu par les seuls efforts de la nature, quelque vigoureuses que fussent les contractions de la matrice. Mais il ne saurait en être de même chez les naines. On doit toujours chez elles soupçonner au bassin un volume proportionné à celui du reste du corps, et nous croyons qu'un praticien serait blâmable si, ayant affaire à de pareils sujets, il attendait le moment de l'accouchement pours'assurer par un examen direct que les diamètres des détroits et de l'excavation sont ou ne sont pas normaux.

Nous indiquerons en leur lieu les moyens propres à cet examen, et les indications que présente l'étroitesse absolue delà cavité pelvienneque ces moyens décèlent.

3" Le B.VSSIN ENENTO.NNOIR OU INFINDIBI LIlOUMi::. — R.VSSIX P.VU TIELLliMliNT TROP GIl.VXD OU P.IRÏIELLE- MENT TROP PETIT. — M.4LF0RM.VTI0>" DU R.VSSIN PAR Dlil'.VUT DE PROPORTION ENTRE SES P.VRTIES SUPÉ- RllCl RE ET IM ÉRIEURE.

(PI. 10, fi;;. 2.)

Ce bassin n'a encore été, à notre connaissance du moins, décrit dans aucun ouvrage d'accouchements publié en Trance. Nous l'avons trouvé figuré dans l'atlas de Busch, et sa description, consignée dans le Traité d'accouchements de cet auteur, nous fournira les principaux faits de cet article.

Suivant Busch, il existe deux espèces de bassins en entonnoir, distinctes l'une de l'autre par leur constitution, par la nature des accidents qu'elles produisent, et par les indications que ceux-ci réclament.

Dans la première espèce, le bassin a un développement général plus grand qu'à l'état normal dans ses

VICES DE CONFORMATION DU BASSIN

parties supérieures. Ainsi, les os iliaques sonl plus larges et plus évasés et l'entrée de l'excavation a tous ses diamètres augmentés, tandis que le fond de celte cavité et en particulier son ouverture inférieure conservent leurs dimensions oïdinaires.

Dans la seconde espèce, au contraire, la forme et la grandeur du bassin sont normales partout, excepté au détroit inférieur, dont tous les diamètres sonl souvent réduits d'un pouce, par suite du renversement en dedans des deux lubérosités de l'ischion et du rétrécissement de l'arcade des pubis.

Mais, qu'il soit normal ou trop large dans sa moitié supérieure, ce bassin est caractérisé dans les deux cas par un défaut de proportion entre ses partiessupérieurc et inférieure ; et c'est exclusivement à ce défaut de \iroportion quesontdus les accidents auxquels sont exposées pendant l'accouchement les femmes qui offrent ce genre de malformation.

Toutefois ces accidents doivent être et sont en eftel différents, car ils tiennent, dans la première espèce, à ce que le bassin est partiellement trop grand, et dans la seconde, ii ce qu'il est partiellement trop étroit : nous allons les décrire successivement.

Le bassin parliellement tropgraïul, (|ui se rencontre aussi bien chez des femmes de taille élancée que chez des femmes de taille moyenne, mais fortes et de large carrure, ne peut que très difficilement être reconnu pendant la vie. Ce n'est que pendant le travail de l'accouchement, et parce que ce travail s'arrête ou se ralentit h une certaine période et sans cause appréciable, qu'on peut en soupçonner l'existence.

La cause de ces vices de conformation n'est pas plus connue que celle du bassin régulièrement trop grand ou trop petit. Son influence sur l'accouchement est facile à comprendre. La tète du fœtus, placée au détroit supérieur dans une position oblique ou transversale, ne rencontrant aucun obstacle à vaincre pour plonger dans l'excavation, y descend proniptement dès que les premières contractions utérines se manifestent, et arrive bientôt dans le fond de celle-ci sans avoir subi le mouvement de flexion qui ramène le menton sur le sternum et dans la position transversale ou obli(|ue qu'elle avaitau début du travail. Or, pour peu que celte tête soit volumineuse et que les contractions utérines soient fortes et précipitées, il se produit alors un enclavement, la tête restant dans une des deux positions mentionnées plus haut. Cet enclavement persiste tant que le diamètre occipito-frontal du crâne du fœtus ne vient pas se placer dans la direction du diamètre coccy-pubien du bassin de la njère, .soit par les seuls efforts de la nature, soit par les moyens que l'art peut employer à cet effet.

Le bassin partiellement trop petit est moins difficile à reconnaître que le précédent. Toutefois ce n'est or-

dinairement encore que pendant le travail qu'on peut soupçonner l'existence du vice deronformalion qui le caractérise, à moinsqu'un premier accouchement laborieux n'ait déjà éveillé l'attention. Mais comme, en résumé, il s'agit ici d'un rétrécissement du détroit inférieur, c'est-à-dire de la partie du bassin qui est la plus accessible à l'application directe de nos moyens d'exploration, ou conçoit que rien ne serait plus facile que d'en reconnaître le degré sur la femme vivante hors le temps du travail, si l'on avait le moindre doute sur son existence.

On n'a pas encore noté si ce rétrécissement partiel se rencontrait plus souvent sur les femmes de petite taille que sur celles de taille moyenne et au-dessus.

Quant à sa cause, peut-on dire du bassin partiellement trop petit ce que nous avons dit du bassin uniformément rétréci, qu'il ne saurait être regardé eomnie le résultat d'un arrêt de développement des os qui le composent? Nous ne le croyons pas, car nous remarquons que sa forme générale se rapproche beaucoup de celle d'un bassin d'enfant, et nous sommes pour cela assez disposéà voir dans ce bassin, sinon un arrêt de développement des os, au moins la persistance d'une conformation propre à l'ent'ance.

Son influence sur l'accouchement varie suivant le degré de resserrement du détroit inférieur. Elle peut se borner à un simple retard dans le travail; mais le plus souvent elle produit un véritable enclavement qui, suivant le cas, exige, pour être détruit ou iirévenu, ou l'application du forceps, ou la perforation du crâne, ou même enfin l'accouchement prématuré arli- Hciel, si le rétrécissement est considérable et si le diagnostic a pu en être fait longtemps d'avance.

Zi" Le BASSIN Ti'.op HAIT. — Malformation or bassi.n l'An r.xc.i;s m: hai telu.

(l'i. 1", ri-, i.)

Ce vice de conformation congénitale n'a pas non plusencoreétédécril dans nos tiaitès d'accouchements, et cependant, autant (jue les précédents, il mérite de fixer l'attention di's praticiens.

Le bassin qui le présente est parfaitement normal dans tout ce qui a rappoi t aux diamètres de ses deux détroits. Sa seule cavité intérieure est trop longue dans tous ses points: c'est ainsi qu'en avant la symphyse pubienne, au lieu de Z|l niillim. (18 lignes), présente quelquefois GS inillim. (plus de 2 pouces et demi)dehauteur; qu'en arrière le sacrum, exceptionnellement compo.sé de six vertèbres dans ce cas, offre plus de longueur ((u'à l'ordinaire, et qu'enfin sur les cotés la distance qui sépare la marge du bassin du sommet de la lubérosilé iscbialique s'est accrue dans les mêmes proportions. Il rtstilte de là que l'excava-

MALFORMATIONS

ii'i

lion qui constitue encore un canal courlie, mais plus étendu dans ce bassin que dans le bassin normal, doit offrir et offre en effet au fœtus un chemin plus long à parcourir pendant le travail ; et l'on conçoit que, pour peu qu'en même temps la matrice ne jouisse pas ■de toute sa contraclililc, ou que la tête de l'enfant soit plus volumineuse que de coutume, il puisse devenir indispensable, dans ces deux cas, de terminer l'accouchement par les moyens de l'art. Abandonnés aux seules forces de la nature, de pareils accouchements sont, sinon impossibles, au moins si lents, que la vie de l'enfant ou l'intégrilé des organes de la mère sont compromises.

Le bassin trop haut ne peut être soupçonné que pendant le travail. Mais, pendant ce temps comme horsdece temps, son diagnostic ne peut jamais être bien exact; car, d'une part, le toucher est insuffisant pour l'établir, le doigt explorateur ne pouvant que difficilement atteindre le promontoire, et le compas d'épais- .seur, d'autre part, ne donnant que la mesure de l'espace compris entre l'ischion et la crête iliaque. Aussi nous parait-il certain que, pour ces raisons, ce genre de malformation a été presque toujours méconnu dans la pratique, et que les accidents auxquels il a pu donner lieu dans quelques cas ont été alors attribués à d'autres causes qu'à la trop grande étendue du canal pelvien. Au reste, ce défaut de précision dans le diagnostic ne peut avoir de grands inconvénients, car ici, comme dans les cas d'inertie de l'utérus ou de léger rétrécissement du bassin, l'indication est de hâter la délivrance par l'application du forceps.

b'' Le bassin trop b.vs. — Malfoumation dc bassin

PAU DliFAlT DE IIAITELR.

(PI. n, fig. 2.)

Ce vice de conformation, opposé au précédent, se distingue surtout par une diminution marquée de la hauteur du bassin, sa largeur restant la même. Il semble que cette cavité ait ici éprouvé une sorte de tassement dans toutes les parties qui la constituent. C'est ainsi que le gi'and bassin offre des fosses iliaques moins creuses, circonscrites par des crêtes moins élevées; c'est ainsi que l'excavation réduite dans tons ses points, au lieu de représenter un canal courbe plus ou moins long, figure un sim|ile anneau [ilus facile à être traversé par le corps de l'enfant.

De celle conformation du bassin, résulte trop de promptitude dans le travail de l'accouchement, et, consécutivement, la plupart des accidents que nous avons signalés en parlant du bassin uniformément trop grand, tels que la chute du firtus, la rupture du cordon ombilical, le décollement prématuré du placenta, le renversement de l'utérus, etc.

On ne sait, du reste, rien ni sur la stature ordinaire des femmes i|ui offrent ce genre de malformation, ni

sur les moyens de le reconnaître pendant la vie. Nous avons trouvé, et nous décrirons plus loin, un bassin affecté de luxation congénitale des deux fémurs, qui, à cause du renversement en dehors des ischions et de l'atrophie des parties de l'excavation qui répondent aux cavités cotyloides des os ilia(iucs, offre, mais seulement dans sa moitié inférieure, quelques-uns des caractères propres au bassin trop bas.

6° Le bassi.n ublique ovalaiiie. — Malformaiion

DU bassin PAU DÉFAUT DE SYMÉTRIE DANS LE DÉVE- LOPPEMENT DE SES DEUX .MOITIÉS L.VTÉUALES.

Le vice de conformation dont il va être question dans cet article est principalement caractérisé par un défaut de symétrie entre les deux moitiés, droite et gauche, du bassin. L'une de ces moitiésconservant ses dimensions normales, tandis que l'autre lésa moindres, on comprend que la cavité pelvienne doive alors perdre sa forme elliptique à grand diamètre Iransverse, pour se rapprocher plus ou moins de celle d'un ovoïde à grand diamètre oblique, dont la grosse extrémité répondra tantôt au coté normal du bassin, et tantôt au côté arrêté dans son développement.

Jusqu'à présent on n'a décrit sous ce nom que le bassin qu'a fait connaître Xœgelé dans une monographie qui est un modèle. Nous croyons qu'on doit admettre aujourd'hui deux variétés de cette espèce de malformation.

L'une comprendra le bassin oblique ovalaire de l'accoucheur que nous venons de nommer, et qui reconnaît pour cause une aukylose congénitale ou non congénitale de l'une des articulations sacro-iliaques; et l'autre comprendra le bassin vicié consécutivement à une luxation non réduite d'un des fémurs, soit que ce déplacement ait été congénital, soit qu'il ait été spontané, soit qu'enfin il ait été produit par accident, mais dans les premières années de la vie. Ce vice de conformation, qui résulte donc tantôt d'un arrêt de développement originel, et tantôt d'un arrêt de développement, suite d'une maladie acquise dans le jeune âge, servira de transition naturelle entre les malformations qui sont congénitales et les déformations qui sont toujours acquises, deux espèces d'altérations de forme du bassin dont il participe à la fois.

tliemlére variété du bassin oblique ovalaire. — Bassin oblique ovalaire du professeur N.egelé. — Malform.\tion du bassin par ankylose co.n-

GÉNITALE ou NON DE LUNE DES Ar.TICUL.4TI0NS

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