ATION DU BASSIN
droit; — que la distance qui existe entre le promontoire et la région située au-dessus de l'une ou de l'autre cavité cotyloide, et celle qui existe entre le sommet du sacrum de l'une ou de l'autre épine scialique, ne sont pas égales des deux côtés; elles sont plus petites du côté vicié; — que la dislance qui sépare la tubérosité ischiatique de l'épine postérieure et supérieure, et celle qui existe entre l'apophyse épineuse de la dernière vertèbre lombaire et l'épine iliaque antérieure etsupérieure du côté de l'ankylose, sont plus petites que les mêmes distances du côté opposé ; — que la ligne tirée du bord inférieur de la symphyse pubienne à l'épine postérieure et supérieure du côté ankylose est plus longue qu'une autre ligne tirée du même point ii l'épine iliaque postérieure etsupérieure de l'autre côté;
— que les parois de l'excavation convergent en quelque sorte obliquement en bas; —que l'arcade [jubienne est plus ou moins rétrécie, et que sa forme se rapproche de celle qui est propre au bassin de l'homme;
— enfin, que la cavité cotyloide du côté aplati est tournée plus en avant que dans un bassin bien conforme, et que celle de l'autre côié regarde |)res(iue directement en dehors.
Niï'gelé, pour donner aux personnes qui n'ont pas encore vu quelqu'un de ce.s bassins, une image aussi exacte que possible de la mauvaise conformation qu'ils présentent, ajoute, en terminant l'exposition de leurs caractères propres, (ju'on croirait au premier abord que l'espèce de déformation qui les distingue est le résultat d'une double pression exercée sur eux, dont l'une aurait agi obliquement de dehors en dedans et de bas en haut sur l'une des moitiés de la paroi antérolalérale de l'excavation, tandis que l'autre aurait agi seulement de dehors en dedans sur la paroi postérieure de l'autre moitié de cette même cavité.
Le bassin oblique ovalaire n'est point très rare, puisque Xiegelê, dans une période assez courte, a recueilli en différents pays plus de 30 cas bien constatés du vice de conformation qu'il présente, et, depuis la |)ublication de son mémoire, deux autres exemples sont venus à notre connaissance : l'un appartient à iMchet (de Lyon) et l'autre à M. Danyau; et il n'est pas douteux qu'un grand nombre do ces bassins n'aient été méconnus avant les observations du professeur d'Ileidelberg, et que depuis elles, d'autres peut-être, non moins nombreux, épars dans les musées, y restent sans avoir attiré l'attention.
Tous les bassins connusjusqu'à ce jour offrent une particularité bien remar(|uable, c'est qu'à part le degré de vicialion et le côté ou siège l'ankylose, ils ont entre eux, sous le rapport de leurs caractères essentiels, une ressemblance parfaite, de sorte que, quand on en a vu un une fois, on le revoit dans tous les autres.
Nous avons analysé toutes les observations publiées
MALFORMATIONS
US
jusqu'à te joui', et, de l'examen que nous avons fait, il résulte que l'ankylose de l'articulation sacro-iliaque affecle plus souvent le cùté droit que le coté gauche. i:n effet, sur 33 cas, 12 fois l'ankylose était à gauche et '-'0 fois à droite.
Quant au degré de rétrécissement que présentent ces bassins, et parliculiérement le diamètre sacro-cotyloidieu du côté ankylosé, qui est toujours le plus court de tous, il varie, dans les observations rapportées, entre /il milliiii. (l pouce 6 lignes) et 102 millim. (3 pouces 3 lignes;. ICulre ces deux extrêmes peuvent se rencontrer tous les degrés intermédiaires.
Voici les mesures du bassin représenté dans la pi. IS, lig. 1, et (|ui offre îi tin degré moyen le vice de conformation qui nous occupe.
Sur ce bassin, c'est la symphyse sacro-iliaque gauche (|ui est ankylosée; le sacrum, composé de quatre pièces, e4 porté à gauche; sa face antérieure est un peu tournée dans le même sens ; sahauleurest de 79 millimètres (2 pouces il lignes); celle du coccyx est de 50 millimèties (1 pouce 10 lignes).
Du milieu du promontoire à la symphyse sacro-ilia- (|ue droite, il offre 59 millimètres (2 pouces 2 lignes); du même point à la symphyse sacro-iliaque gauche ankylosée, 36 millimètres (1 pouce û lignes).
Les trous sacrés sont incomparablement plus petits à gauchi! qu'à droite, et la moitié gauchi; du sacrum est incomparablement moins développée que la droite.
L'os iliaque gauche, mesuré de l'épine iliaque antéro-supérieureà la postéro-supérieure, donnel51 millimètres (5 pouces 7 lignes); le droit, 15s millimètres (5 pouces 10 lignes).
La symphyse des pubis est forlemcnt poussée à droite.
GIWSD B.VSSIK.
iré il'tmc i.|iinC' ili.iqueà raiiIre.Honne. lilicii (lu pruiiiuntoire ù répinc iliaque
ilt-rit-sni'Oririire f^auche i
m'-uw puiiil à l'ûpine ili.nf]lie nnlciul-n""^' 'l™'"-' 1
l'ETlT BASSIN.
i-23 niilliiu. (S p. 3 lig.) 107 millim. (3 p. 11 lig.) 144 millim. (ôp. 4 lig.)
11 représente un ovale placé obliquement et étendu de gauche à droite et d'arrière en avant, ovale dont la petite extrémité correspond à la symphyse sacro-iliaque gauche, et la grosse au corps et à la branche horizontale du pubis droit. Il offre les dimensions suivantes :
Dih'oit supérieur.
UiauiL'Ire oblique gauclic t-4 millim. (4 p. 7 lig-)
— oblique dioil 93 millim. (3 p. 5 lig.)
riiami'lro anliVo-poslùrieur mesuré du milieu -lu promontoire à la symphyse des pul.i^.pd luiooirespomloldiquemenl. . 102 millim. (3 p. 9 lig.)
liislance sacro-roljloidii-nue g.iuche. . . 50 milliiu. (1 p. 10 lig.)
Dislance sacro-colylcudieiinodroi le. . . . U5 millim. (3 p. G lig.)
Dilroit inférieur.
Iiiaiiù'lrc aiitéro-poslérieur 117 millim. (ip. 4 lig.)
Diamètre transvcrse, mesuré d'une Uibé-
rosité sciatique à l'autre 81 millim. (3 p. >)
Diamètre antéro-poslériciir
Diamètre transverse mesuré de la paille postérieure d'une ca\itc cotyloïtle à l'autre
Le même, mesure d'une épine seialique h
(4 p. 4 lig.)
100 millim. (3 p. 11 lig.) 78 millim. (-2 p. II lig. 1,2)
Au détroit supérieur, une ligne tirée du milieu de l'angle sacro-vertébral, et prolongée en avant, coupe le pubis gauche à l'endroit où sa branche horizontale se continue avec la branche descendante.
Au détroit, inférieur, une même ligne tirée du sommet du sacrum coupe l'ischion gauche un peu au-dessous du point oii sa branche ascendante se réunit à la branche descendante du pubis.
Les ligaments sacro-sciatiques du coté gauche sont de moitié moins longs que ceux du coté opposé.
Nœgeléa recherché avec soin quelle pouvait être la cause du rétrécissement oblique du bassin : il s'est demandé s'il dépendait d'un vice originel de conformation de l'une des moitiés latérales du sacrum, ou d'une inllanimalion survenue dans la première enfance sur l'une des articulations sacro-iliaques, et (|ui en aurait produit l'ankylose, et consécutivement l'arrêt de développement ; ou enfin, s'il dépendait d'une courbure de la colonne vertébrale. Tout en discutant ce point éliûlogique de son sujet avec réserve, il ne dissimule pas pourtant sa préférence pour l'opinion qui fait résulter ce vice de conformation d'une anomalie de dévelo|}pement, et il fonde sa manière de voir sur les motifs suivants : i° sur l'entière et complète soudure du sacrum et de l'os des iles, et la fusion parfaite du tissu des deux os ; '-" sur l'arrêt de développement qu'ils présentent; 3' sur l'existence simultanée d'ankyloses et de déformations congénitales observées sur d'autres os; û° sur la ressemblance frappante qui existe entre tous les bassins obliquesovalaires ; 5° enfin, sui' l'absence, dans tous les cas, d'états morbides ou d'iniluences extérieures auxquels on puisse rapporter l'origine de la difformité. A l'appui de cette doctrine, le docteur Unna, l'un des disciples les iilus zélés du professeur Nïpgelé, s'est récemment efforcé d'expliquer la formation de l'ankylose de l'une des symphyses sacro-iliaques par l'absence de quelques-uns des points osseux qui entrent dans la composition du sacrum. 11 Si, dit-il, les trois points osseux latéraux antérieurs des trois fausses vertèbres supérieures viennent à manquer^d'un côté, il arrivera dans la deuxième année que les parties ossifiées (le corps et l'arc), ne trouvant pas ces points osseux formés, ne pourront prendre leur développement et leur extension accoutumés, et que cet arrêt aura la plus grande influence sur l'évolution de la partie latérale du sacrum tout entière. En effet, puisque, à partir de cette époque, les points latéraux s'unissent entre eux et progressivement avec chacun
à'> \'ICES DE CONFORMATION" UU BASSIN
(les enriiscùn'ospoiuhints; que ces derniers s'iinisseiU
entre eux beaucoup plus tard ; ceux ci doivent suivre
ceux-l;"i dans leur développement imparfait D'un
autre côté il doit arriver nécessairement que l'os des ilcs, qui cherche son appui sur le sacrum, dès que l'enfant commence ii se soutenir, s'appuie en effet, sans l'intermédiaiie d'un cartilage qui n'existe pas encore, sur la partie l)eaucoup plus grêle du sacrum qui lui correspond, et que pour suppléer par la force de l'adhérence à la moindre largeur du contact, il se confond avec le sacrum. Si l'ankylose a lieu dans un âge aussi peu avancé; si cette ankylose, ainsi que l'arrêt de développement du sacrum, trouve une explication suffisante dans l'absence des points osseux latéraux, il est facile de comprendre comment toute la partie latérale du bassin doit primitivement et consécutivement assujettir sa forme au vice de conformation, puisque iion-sculcinent l'ossification des cartilages intervertébraux du sacrum, mais encore la réunion des os pubis, ischion et ilium, ainsi que la soudure des épiphyses, ne sont complètement terminées que de seize à vingt ans. Ouant aux vertèbres inférieures, leurs points osseux étant plus tôt complétés, et étant d'ailleurs indépendants de ceux qui sont destinés à la partie articulaire, ils ne participent guère à l'arrêt de dévelû|)pement qui affecte les parties latérales du sacrum.
D'autre part, M. le docteurËd. Martin, dans un écrit publié il léna, en ISil , et ayant pour litre Programma (le pelvi obliqua ovata cum. ancylosi sacro-iliaca, a combattu avec force les raisons invoquées plus haut par NiFgelé, en opposant à l'opinion de ce professeur illustre les arguments suivants : Il y a, dit-il, des exemples d'ankyloso complète dans toutes les articulations, et dans celles du bassin en particulier, qui sont bien évidemment le produit d'une maladie, et non d'un vice de conformation. La symphyse sacro-iliaque, 'd quelque époque de la vie fœtale qu'on l'examine, est toujours formée de deux surfaces cartilagineuses séparées par une masse demi-fluide ; elle diffère donc toujours de la réunion primitivenicntcartilagineu.se des trois os pubis, ischion et ilium, destinés à se fondre plus tard en un seul os.
Sous le rapport de l'arrêt de développement, l'auteur fait remarquer qu'il affecte particulièrement les trois fausses vertèbres supérieures, et qu'il coexiste avec une induration du tissu osseux: or, suivant lui, la réunion de ces deux caractères, diminution de volume, induration de tissu, exclut l'idée d'un vice originel de conformation ; d'ailleurs, l'absence d'un des noyaux osseux du sacrum, du latéral antérieuret supérieur par exemple, donne bien lieu :i une conformation vicieuse, mais ce vice n'a rien de commun avec le bassin oblique ovalaire.
Quant auxankyloses prétendues congénitales, pour
assurer qu'elles fussent en effet de cette espèce, ne faudrait-il pas qu'elles eussent été trouvées h l'une des périodes de la vie fœtale? D'ailleurs, en admettant même comme prouvé un fait certainement contestable, comment expliquer la coexistence d'une induration de tissu si éiidente dans les faits observés par le docteur Martin? et, si ce tissu est parfaitement sain, comment se fait-il qu'il y ait atrophie des os? La réunion d'os distincts dans l'état fa'tal, et qui plus tard n'en doivent plus faire qu'un seul, s'acconipagne-t-elle jamais d'un pareil phénomène?
La similitude parfaite entre tous les cas observés n'est pas un argument plus valable en faveur de l'hypothèse de Nsegelé. Quelles variétés, en effet, ne voit-on pascntre les vices de conformation d'une même espèce?
11 n'y a eu, dit-on, dans aucun cas, d'état morbide antérieur connu, ou d'influence extérieure constatée, ([ui puisse rendre compte de la difformité : est-on pour cela eu droit de conclure qu'elle s'e.st, en effet, opérée en dehors de toute causede ce genre? Combien d'ankyloses des vertèbres et des cotes s'établissent pendant la vie, il l'iiisu des malades, et ne sont constatées qu'après la mort ! N'en peut-il pas être de même, et plus facilement encore, d'une articulation presque immobile?
Le docteur Martin suppose que, dans la première enfance, l'une des symphyses sacro-iliaques a été aticiiile d'inflammation; que cette inflammation s'est étendue aux os voisins, le sacrum et l'iliuni, et s'est terminée par induration; la diminution, sinon l'oblijération complète des trous nourriciers, qui en a été a conséquence, a dû s'opposer au régulier dé\eloppcment de ces os. L'ankylose une fois formée, l'os innominé n'a pu acquérir sa courbure normale, le pubis et l'ischion se sont redressés, et la symphyse pubienne a dû être poussée du cote opposé ; l'autre os innominé, au contraire, libre de toute ankylose et d'un tissu resté parfaitement sain, a pris une courbe plus prononcée qu'il l'ordinaire. L'inégale distance qui existe entre le sommet du sacrum et les deux ischions exjjli- (|uc l'inclinaison de la partie inférieure du sacrum vers le côté non ankylose, la tension des ligaments grand et petit sacro-sciatiques étant en raison directe du développement des os. Quant à l'inclinaison des vertèbres, plusieurs fois notée par Niegelé, elle était nécessaire pour rétablir l'équilibre, et n'a rien de comnuin avec la scoliose, dont aucujie des femmes observées pendant la vie n'a présenté de traces.
lùifin, M. le docteur Danyau, ii qui j'emprunte ces documents critiques, a publié, en 18/|5, dans le Journal de. chirarijie de M. Malgaigne, une observation de bassin obli(iue ovalaire qui vient îi l'appui de l'opinion de M. Martin. Dans ce bassin, recueilli sur une femme morte ii la suite d'un accouchement laborieux qui nécessita l'application du forceps, il y avait ankylose
MAl.FOl'.M
incomplole de rarliculalicm cnxo-féniorale gauche, et ankylose complète de l'arliciilalion sacro-iliaque du même coté, avec alrophie de la moitié correspondante du sacrum et des trous sacrés supérieurs. Mais ce qui distingue ce bassin de ceux décrits jusqu'ici dans cet article, c'est qu'il existait ;i la peau qui recouvre la symphyse sacro-iliaque malade des cicatrices anciennes assez profondes; que les parties molles sousjacenles étaient converties en tissu lardacé très compacte, produit de l'iiitlammation dont elles avaient été atteintes dans le jeune âge du sujet; et qu'enlin, au niveau de la partie antérieure de la symphyse, l'os coxal offrait lui-même des li'aces évidentes d'ostéite ancienne.
Il ressort de ces faits et de cette discussion que la science n'est pas encore fixée sur la véritable origine du bassin oblique ovalaire; que, s'il est des cas nombieux où il est impossible de le rattacher îi autre chose qu'à un vice originel de conformation, il en est d'autres où une lésion physique ou vitale des surfaces articulaires en rend compte. Ces derniers faits sont rares, il est vrai; mais, tels qu'ils sont, ils doivent nous engager h ne placer qu'avec réserve tous les bassins obliques ovalaires dans la classe des viies de conformaiion congénitaux ou malformations, et à faire un groupe à part de ceux qui proviendraient d'une affection survenue dans le jeune flge. Pour nous, nous ne trouvons pas plus de difficultés à nous rendre compte dans ce cas de la soudure du sacrum à l'os des iles et du rétrécissement de la cavité pelvienne, qui en est la conséquence, que nous n'en trouvons îi nous rendre compte de la soudure prématurée des sutures de la voûte du crâne, suite de teignes invétérées et de la déformation de la tète qui en résulte. Or ces faits sont d'une observation journalière dans les hôpitaux d'enfanis.
1/influcnce du bassin oblique ovalaire sur l'accouchement varie suivant le degré de sa déformation: celte influence est manifeste sur le mouvement de progression de la tète du faMus dans l'excavation, ainsi que surson mouvement de rotation, qui tous deux sont rendus difficiles ou impossibles, non-seulement au détruit supérieur, mais encore dans l'excavation et au détruit inférieur; trop d'exemples montrent que le l'étrécissenient peut être assez considérable pour qu'il n'y ait d'autre voie de salul pour la mère et l'cnfanl que dans l'opération césarienne.
A'ous avons relevé tous les faits publiés jusqu';") ce jour dans le but de connaître les moyens que la nature et l'art ont employés dans ces cas pour surmonter l'obstacle à l'accouchement : en voici le résumé. .Sur 35 femmes qui ont présenté le rétrécissement oblique û\alaire du bassin, on n'a de renseignements cliniques que sur 11. Or, de ces 11 -femmes, une seule ost accouchée six fois par les seuls efforts de la nature
et une fois îi l'aide du forceps; chaque fois elle était allée jusqu'il terme, et tous ses enfants élaicnl nés vivants et bien constitués. Elle mourut de péritonite il la suite de sou dernier accouchement. Mais chez celte femme le plus petit diamètre du détroit supérieur avait 103 rnillim. (3 pouces 9 lignes et demie), et celui du détroit inférieur avait Où millim. (3 potices et demi'. Celait, comme on voii, un bas>in à |)cine déformé.
Quatre autres femmes furent accouchées par le forceps, et moururent des suites de l'accouchement. Chez une seule on Ut l'extractiou d'uu enfant vivant ; chez les trois autres les eufanls étaient morts.
Chez quatre autres on pratiqua la perforation du crâne de l'enfant, mais toutes moururent avant d'être délivrées ou quehiues heures apiès.
Knfin, deux femmes moururent pendant le travail sans avoir été délivrées: l'une d'elles succomba ;i une rupture du vagin et de l'utérus.
On le voit, toutes les femmes sur lesquelles on a pu faire des études cliniques ont succombé, soit pendant, soit après l'accouchement; cependant il ne faudrait pas Conclure de ce petit nombre de faits, que les femmes qui portent des bassins obliques ovalaires auront toutes le même sort; car, d'une pari, l'accouchement naturel est encore possible quand la viciation est peu considérable, cl qu'elle existe sur un bassin naturellement grand; cl d'autre part, il est permis (le présumer que les accidents n'ont été portés ii leurs dernières limites dans ces cas malheureux, que parce que, dans aucun d'eux, on n'avait pu soupçonner d'avance lanature de l'okslacleauqucl on avait affaire. Jusqu'ici, eu effet, le bassin oblique ovalaire n'a élé diagnostiqué sur le vivant par aucun accoucheur. 11 y a lieu d'espérer que, désormais, grâce aux divers procédés d'exploration et de mensuration qui ont élé donnés par Na-gelé, et que nous décrivons plus loin, il n'en sera plus ainsi, et que le ba.ssin oblique ovalaire perdra de sa gravite au fur et ii mesure qu'il sera mieux connu.
DKlXliCME VARIÉTÉ DU Il.VSSlN OliLigii; OVALAIRE, —
Malformation du bassin par luxation congé-
NITALK ou ACCIDENTELLE NON RÉDUITE DE L'UN
DES 1-ÉMURS.
(l'I. 18, fiij. i.)
Kous plaçons encore parmi les malformations, mais sous la même réserve que la précédente, un vice de conformation du bassin qui reconnaît pour cause la luxation congénitale ou accidenlolle non réduite de l'un des fémurs.
Ces malformations ont été signalées depuis plusieurs années par quelques chirurgiens, au nombre desquels il faut d'abord citer Diipuytren [Leçors orales de cli-
VlCi:S Di: CONFORMATION DU BASSIN.
iiique chirurgicale); puis M. Wrolik (Essai sur tes effets produits dans te corps humain par ta luxation conijénitale et accidentelle non réduite du fémur); et enfin M. Sodillol {De l'anatomie pathologique des luxations anciennes du fé;)iiir dans ta fosse iliaque externe, mémoire présenté îi l'Académie des sciences, 1835). Mais aucun accoucheur n'en a fait jusqu'ici le sujet d'une étude spéciale au point de vue des obstacles qu'elles peuvent opposer au travail de la parturition; et depuis la rédaction de cet article, nous n'avons trouvé que MM. Cazeaux et Jacquemier qui s'en soient occupés dans leurs traités d'accoucliemenls; encore ces auteurs se sont-ils bornés, dans le chapitre qu'ils ont consacré à ce genre de bassin vicié, à résumer le seul travail de M. Sédillot, et ont-ils passé sous silence la distinction importante que nous allons établir entre les bassins à luxation simple et ceux à luxation double, ainsi que le rapprochement que nous faisons ici entre l'un de ces bassins et celui qu'a décrit le professeur Nœgelé.
Dupuytren est le premier, à notre connaissance, qui ait parlé de la conformation que piésente le bassin des individus affectés de luxations congénitales des fémurs; mais suivant Gerdy (Rapport sur deux Mémoires de Pravaz, journal l'Expérience, t. IV), il se serait gravement trompé en avançant que «dansées » luxations le bassin acquiert les dimensions les plus « favorables îi l'exercice des viscères qu'il renferme, » et qu'il est aussi propre à recevoir, à conserver et à » transmettre au dehors le produit de la fécondation, » que chez les personnes les mieux conformées. » 11 résulterait, au contraire, de l'étude faite par ce dernier professeur, de plusieurs bassins déposés dans nos musées, que dans tous les cas de luxation originelle du fémur, le détroit supérieur est vicié, soit en plus, soit en moins, dans ses diamètres antéro-postérieur et tiansverse, et que le détroit inférieur est toujours élargi dans le dernier de ces diamètres, par suite du renversement en dehors des lubérosités de l'ischion, renveisenient dii à l'action des muscles jumeaux obturateurs et carré crural, qui s'insèrent sur ces lubérosités; d'où il conclut que, parsuite de ces changements, l'accouchement est lantùt empêché et laniùt rendu trop facile.
Nous ne pouvons adopter comme générale la critique que Gerdy fait ici de l'opinion de Dupuytren, de même que nous ne pouvons adopter cette opinion elle-même dans ce qu'elle a d'absolu; et nous croyons que pour donner de la valeur à l'une et à l'autre, il convient de faire des bassins affectés de luxations congénitales deux catégories distinctes, dont l'une comprend ceux où existe une luxation double, et l'autre ceux où le déplacement du fémur n'a lieu (|ue d'un seul côté ; car, dans les bassins de ces deux caté-
gories, tout est différent. Dans les uns, on trouve à peine des traces de déformation ; dans les autres, au contraire, toujours un des côtés est le siège d'une atrophie d'où résulte une conformation spéciale.
Or, pour ce qui regarde les bassins de la première catégorie, nous nous rangeons complètement à l'opinion de Dupuytren ; car nos recherches sur ce point d'anatoniie pathologique, confirmées par celles de Pravaz, nous ont toujours montré, jusqu'ici du moins, que dans les luxations congénitales doubles tous les diamètres des détroits et de l'excavation du bassin affecté présentent une étendue sinon supérieure, au moins égale h celle du bassin normal; 'en sorte que l'accouchement est plutôt facilité qu'entravé dans ces sortes de bassins. Si quelquefois un résultat contraire a été observé eu pareil cas, il a tenu, selon nous, bien moins à un obstacle dépendant d'un rétréci.ssenient qu'à une obliquité utérine concomitante, produite par une déviation générale du bassin et caractérisée par une trop grande inclinaison en avant et en bas du plan du détroit supérieur, déviation qui accompagne fréquemment la luxation double du fémur, comme nous le dirons en traitant de celle déviation.
Nous avons sous les yeux le bassin d'une femme adulte affectée pendant sa vie d'une luxation congénitale des deux fémurs. Nous allons, îi l'appui de nos assertions, donner la mesure exacte de tous ses diamètres; et pour faciliter la comparaison, nous mettrons en regard la mesure des mêmes diamètres d'un bassin normal.
LiIMENSIO.NS DU U.VSSl.S .\1FECTE D'U.NE I.UX.VTiO.S CO.NGÉNrr.VLE OOUia.E.
GKAND BASSIN. l)Mn.n,i...is cl'iiii
Ij.^.iii normal
Di;>Mi("'li-c Iransvcrsc mesure ilii milieu ,„,ii. p. ii^ >imii. p. iig
<l'un ilium .'i raulrc 24 i 'J . 27 1' 10 .
Même tli-imctrc mesure d'une cpiiie
aiiliTO-suiiérlcuro à l'aulic 230 8 )U 217 S «
PETir DASSIN.
UèlroH supérieur.
Dii\iiièlic anleio-rosléncur 115 i i K)S 4 .,
— liansvcrse 1;15 5 » 135 5 «
— elilique 120 4 8 iii \ 0
CirceiifOrcucc ill 15 2 400 15 >
Détroit inférievr.
Diamètre imtéro-posléricur mesuré Ju
■srimmel Ju sacrum 122 4 7 IGS 4 »
Diamèlre Iransvcrse 131 4 lo lOS 4 »
— oblique 122 4 C, 108 4 »
Base Je Tarculc <!« puliis 108 4 . 115 3 0
Excavation peh'iciiiic.
Haulcur ile la paroi poslérieurc mesurée du sacrum au summcl du cocrj-K ll'.l 4 5 lOS 4 .
Hauteur de la paroi antérieure deri-ièrc
lasymplijse 45 1 S 41 10
riofuudeur (le la concavité tlu sacrum. 14 . 0 18 « 8
Il résulte de ces mesures que le bassin que nous venons de décrire, quoi<|n'il offre une double luxation
MALFORMATIONS
congénitale (les fémurs, diffère à peine d'un ))assin bien conformé, pour tout ce qui a rapport ii la capacité de ses détroits et de son excavation ; le seul diamètre tiansverse de son grand bassin est plus court de 27 millini. (1 pouce) que celui d'un bassin régulier; ce (\m tient sans doute au redressement des iliums que la pression des tètes des fémurs a produit pendant la vie. Dans le petit bassin, tout le détroit inférieur présente un élargissement qui ne varie qu'entre 10 et l'J millim. ; mais c'est là toute la différence qui existe. Parmi les nombreux bassins(iu'il a décrits, M. Sédillot en cite un de femme adulte qui ne s'écarte pas davantage de l'étal normal ; mais nous savons qu'on en a signalé d'autres où de plus grandes différences ont été notées. M. Sédillot lui-même, en mesurant les divers diamètres de plusieurs de ces bassins, a donné des chiffres différents de ceux que nous venons d'indiquer, et il a trouvé, entre autres choses, que le diamètre antéro- postérieur du détroit supérieur était dans quelques-uns plus long que le transverse. Mais nous ferons observer que cet auteur n'a pas toujours été en mesure de pouvoir dire si les bassins affectés deluxations congénitalcsdoubles qu'il étudiait avaient appartenu à des hommes ou à des femmes; distinction indispensable à faire cependant, puisqu'on sait que le bassin de l'homme offre normalement la disposition indi(|uée ici comme état pathologique.
Ajoutons (|ue dans la pièce que nous possédons les os ont un peu moins d'épaisseur que de coutume, et que la hauteur de sa cavité intérieure est un peu moindre que dans l'étal normal; de sorte que l'aspect de ce bassin rappelle celui du bassin vicié que nous avons désigné et décrit plus haut sous le nom àe bassin trop bas.
En résumé, cette conformation seule ne peut produire aucun ohslacle sérieux à l'accouchement, et, comme l'a dit Dupuytreu avec raison, dans ce cas particulier, « le bassin qui la présente est aussi propre à " transmettre au dehors le produit de la conception " que celui des personnes les mieux conformées. »
Il n'en est plus tout ;"i fait de même quand la luxation congénitale n'occupe qu'un des côtés du bassin.
Dans ce cas, il y a arrêt de développement ou atrophie plus ou moins grande de tout le coté de celte cavité qui répond au fémur luxé, et cette atrophie amène une telle déformation des deux détroits ni de l'excavation, qu'on peutassurerqne.si l'accouchement n'est pas toujours rendu impossible, le travail en est au moins beaucoup plus diflieile et plus long. Nous allons décrire, ii l'appui de cette assertion, une pièce qui provient delà collection de M. Pacoud de (liourg), et dont un modèle en cire nous a été prêté par M. Guy, préparateur d'anatomie : cette pièce offre à un haut degré les caractères de la dérormalion du
bassin que produit la luxation congénitale de l'un des fémurs.
Sur ce bassin, (jui a appartenu à une femme adulte et qui est représenté (pi. 18, lig. 2), la luxation existait à gauche. La tète du fémur s'était creusé de ce côté une cavité nouvelle sur la face externe de l'os coxal, tout près de son bord antérieur. Celte articulation de nouvelle formation occupait l'espace sur lequel s'insère habituellement le petit fessier, et répondait en bas à l'épine iliaque antérieure et inférieure, et en haut au milieu de l'échanerure qui existe entre les deuxépincs iliaques. Le rebord osseux de la nouvelle cavité articulaire, proéminent de 23 millim. (10 lignes) en arrière et en haut, était nul en avant et n'offrait là d'autre partie résistante que les restes de la capsule de l'articulation ancienne. La cavité cotyloide de celle-ci était triangulaire et diminuée de moitié en largeur et en profondeur; une déviation latérale gauche devait exister dans la région lombaire de la colonne vertébrale : en effet, les deux dernières vertèbres de cette région qui sont restées unies à la base du sacrum sont déjetées à gauche et en avant, et affaissées de ce côté ainsi que la base du sacrum ; de plus elles ont subi un léger mouvement de torsion par suite duquel l'angle sacro- vertébral, au lieu de regarder directement la symphyse des pubis, est tourné du côté droit en regard de l'éminence ilio-pectinée de ce côté. Le sacrum est composé de cinq pièces, comme à l'ordinaire, mais la moitié gauche de sa vertèbre supérieure est moins élevée que la droite de 9 millim. (4 lignes) environ, et est aussi plus portée en avant. Du reste, les deux articulations sacro-iliaques sont à l'état normal et non ankylosées.
L'os iliaque gauche qui supporte la nouvelle articulation est dans toutes ses parties plus mince et plus grêle que le droit. 11 a en outre une conformation particulière qui s'éloigne sensiblement de celle de l'os iliaque du côté opposé : c'est ainsi que sa portion supérieure (ilium) est redressée et presque verticale, au lieu d'être inclinée et comme renversée en dehors, et que sa crête iliaque présente une ondulation très sensible lorsqu'on le regarde de face ou de profil; c'est ainsi que sa portion ischiatique est anguleuse, relevée et dirigée plus en dehors et en avant que l'autre, de manière à venir se placera la fois en avant sur le même plan que la symphyse pubienne, et en dehors immédiatement au-dessous de la crête iliaque. C'est ainsi enfin ([ue sa portion pubienne est moins élevée et plus portée en dehors que celle de Tautre os. De tout cela, il résulte que l'arcade des pubis a peu de hauteur de ce côté, en même temps qu'elle est plus droite et plus directement inclinée en dehors, et que le côté gauche de cette arcade est plus large et plus court (|ue son côté droit.
VICES DE CONEORMATlOiN DU DASSIN.
Voici la mesure exacte de ces deux cùlés du bassin