‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 29 sur 136 · ILIAQUE DROIT · texte numérisé non relu

ILIAQUE DROIT

1° De l'iscliion à la partie la plus

élevée de la crêle iliaque, 185 uiiU. """ '' ''*' """'

(G pouces ) 0 lignes) 1 08 7 10 14

2* Du sommet de l'arcade pubienne

à l'épine du même nom, 40 miU.

(7 lignes) 5C 2 .10

3" De l'ischion à l'éminence iléo-

peclinée, 68 millimètres {2 pouces

6 lignes) 'J5 3 U 27

4" Delà symphyse pubienne à l'épine

postérieure et supérieure de l'os

des iles,176 millimètres (G pouces

G lignes) 194 7 2 18

Tour lermiiuT tout ce qui a Irail à l'alrophic du i;otc gauche de ce bassin, disons que le fémur de ce coté, mesuré au-dessous du petit Irochanter, a une circonférence de 79 milliiTi. (2 pouces 11 lignes), et que son diamètre transverse a 23 millim. {10 lignes;, tandis que le fémur droit, mesuré à la même hauteur, présente lO/i millim. (3 pouces 10 lignes) de circonférence cl un diamètre transverse de S/i millim. (15 lignes); que les éminences du premier de ces os sont moins développées que celles du second, et qu'enlin la longueur de ces deux os devait présenter une différence tout aussi grande. Mais nous ne donnons ce dernier résultat que comme une probabilité, car les deux fémurs sont sciés à leur partie moyenne, et ne nous permettent pas d'émettre une affirmation positive à cet égard.

En étudiant ce bassin en général, on trouve que l'espace compris entre le pubis et l'apoiiliyse épineuse de la dernière vertèbre lombaire a 180 millim. (G pouces 8 lignes); que celui qui existe entre la partie la plus élevée des deux crêtes iliaques, et qui mesure le diamètre transverse du grand bassin, est de 2iZi millim. (9 pouces), et qu'une semblable distance existe entre l'épine iliaque antéro-supérieure d'un côté et celle du côté opposé; anomalie qui tient à ce que l'os iliaque gauche est presque droit et ne forme p;is de fosse iliaque interne.

Les diamètres des détroits et de l'excavation offrent les dimensions suivantes :

Au délroU supérieur.

\,ii diiimètrc s.icro-pnbien a 108 niillinii'trps ('» ponces). — Normal.

— bismiaquc a 135 inilliiiM iic- i:, imiu ol, — iNornial.

— iibliquo droit a 140 inill h. < :. ; ^ 2 lignes).

— oblique gauche a 108 iiièIIhih li i - ji |iihiics).

— sacro-colyloïdien droit a 7U nnlliiu. (2 pouces H lignes).

— sacro-colyloïdi-en gauche a 00 millim. (3 pouces 8 lignes). Lil eircoiiféroucc de ce détroit a 433 millim. (IG pouces). — .Normale.

Au diHroit inf&ieur.

Iv diamètre sacro-pubien a 05 niillimètrcs (3 pouces 6 lignes).

— Iiis-ibaquc a 00 millimètres (3 ponces 4 lignes).

— oblique gauclic a 00 nnilinujtrcs (3 pouces 4 lignes).

— oblique droit a H 5 millimètres (4 pouces 3 lignes).

Etitiii l'cxciviilion pelvienne ollre tous ses diamètres à peu prèa semblables en haut à ceux du détroit supé-

rieur et en bas à ceux du détroit inférieur. La hauteur de sa paroi antéro-latérale gauche est moins grande quecelJeducôléopi)Oséde27 millim. (1 pouce) En résumé, on voit que le vice de conformation résulte sur ce bassin de l'atrophie de l'os iliaque gauche, et que, offrant par là quelques points d'analogie avec le bassin de Niegelé, il en diffère cependant sous'plus d'un rapport. Ainsi les analogies sont surtout dans la forme oblique ovalaire que présentent à la fois les deux détroits et l'excavation ; mais celte forme ovale a ici une direction inverse de celle du bassin décrit par le professeur d'IIeidelberg. En effet, dans le bassin affecté de luxation de l'un des fémurs, la grosse extrémité de l'ovoule répond au côté qui est atrophié, tandis que, dans le bassin vicié parankylose de l'articulation sacro-iliaque, elle répond au côté sain; il résulte, dans les deux cas, de cette forme du bassin, (ju'un des diamètres obliques est plus court que l'autre; mais, tandis que dans le bassin de N*gelé le plus court correspond au côté vicié, dans celui-ci au contraire c'est le diamètre correspondant au côté normal qui offre le moins d'étendue.

Dansée bassin, il n'y a pas de développement incomplet de l'un des côtés du sacrum ni de rélrécissementde tous les trous sacrésantérieurs; mais l'aileron du sacrum qui correspond au côté luxé est déprime et comme tassé sur lui-même dans sa partie supérieure, d'où résulte une légère déformation des premiers trous sacrés.

Dansée bassin, comme dans le bassin oblique ovalaire, l'angle sacro-vertébral ne correspond plus directement à la symphyse pubienne; mais, au lieu de regarder l'éminence ilio-pectinée du côté malade, il regarde celle du côte sain.

Dans le bassin que nous étudions, l'os coxal (jui supporte la fausse articulation descend moins bas que celui du côté opposé, toutes ses parties sont moins développées qu'à l'état normal ; tandis que dans le bassin de Niegelé la seule partie postérieure qui correspond aux surfaces ankylosées descend moins bas et se trouve atroidiiéc. Il résulte de cette différence : 1" qu'il y a un élargissement de l'arcade pubienne dans le premier de ces bassins, et au contraire un rétrécissement de la même arcade dans le second; 2° que la tubérosite ischialique du côté malade est plus élevée que celle du côté sain dans le bassin déformé par une luxation, et que toutes deux se trouvent à peu près au même niveau dans le bassin vicié |uf ankylose.

Eiitin, l'autre moitié du bassin, celle qui repond à l'articulation saine, n'est pas non plus, comme dans le bassin de Niegelé, dans un état de bonne cl régulière conformation. Sa forme est altérée, mais ■ autrement que du côté ui^i l'urticulaliou est luxée:

ainsi, tandis que de ce cùlé la dcnii-circonférence (lu (lélrùil supérieur décrit une courbe régulière dont le rayon est normal ou îi peu près, de l'autre l.i demi-circonférence du même détroit est en arrière plus et en avant moins courbe que sur un bassin régulier; de sorte (|u'en réalité c'est de ce côté que se trouvent la ditïurmité et l'oljstacie à l'accouchement.

Telles sont les analogies et les difl'érences que présentent ces deux nialforinalions du bassin : les premières sont assez grandes pour légitimer le rapprochement que nous en avons fait; les secondes sont assez nombreuses et assez tranchées pour empêcher de les confondre l'une avec l'autre. Au reste, la difformité n'est jamais portée dans le bassin que nous décrivons au point oii elle a été observée dans le bassin de N';egelé, et l'on i)eut dire d'une manière générale (lue le pronostic est moins grave dans le premier que dans le second.

On con(,oit que celte conformalion vicieuse du bassin étant la suite de l'atrophie de l'un des os iliaques, et cette atrophie étant elle-même la conséquence forcée de la luxation non réduite de l'un des fémurs, on (Uvra rencontrer cette conformation dans tous les cas de luxation non réduite du fémur, que cette luxation ail été la suite d'un accident traumati({ue, ou bien (lu'tlle ait été la suite d'une alléialion organique de l'arllculation coxo-fémorale; mais on conçoit aussi que le degré de la viciation variera suivant l'âge auquel la maladie sera survenue et le temps depuis lequel elle dure. Dans ces cas, toutes choses égales d'ailleurs, le vice de conformation se rapprochera d'autant plus de celui que nous avons rencontré dans le bas.sin affecté d'une luxation congénitale, que l'accident qui l'aura produit aura eu lieu à une époque plus rapprochée de celle de la naissance. Pour celte raison on peut prévoir que rarement les luxations traumatiques ou spontanées d'un fémur amèneront des changements aussi profonds des détroits et de l'excavation que les luxations congénitales ; cependant il existe au musée Dupuytren le bassin d'un adulte affecté de luxation spontanée datant probablement de l'enfance, (pii diffère peu de celui que nous avons décrit en cûn)men(,'ant ce chapitre.

Des altéralions du membre infcrieur autres que des luxations peuvent-elles produire une déformation semblable ou analogue du bassin? Une amputation de la cuisse, par exemple, pratiquée dans le jeune Age, peut-elle avoir ce résultat? M. Velpeaul'anirme, et cite llerbiniaux et madame Lachapclle comme ayant observé de pareils faits. Malgré l'autorité de noms si justement célèbres, nous doutons de l'exactitude de l'observation; car la déformation que subit le bassin dans la luxation congénitale du fémur ne provient pas

MALFORMATIONS. 51

seulement de l'atrophie de l'os iliaque, mais lient encore à l'augmentation de volume et d'action de certains muscles, et à l'atrophie et à l'inaction de certains autres : c'est ainsi que l'ischion est entraîné en haut et en dehors par l'action des muscles carré crural et jumeaux, qui suivent la tète du fémur dans son déplacement vers la fosse iliaque externe. Or, rien de semblable ne peut avoir lieu à la suite de l'amputation de la cuisse. Au reste, nous reconnaissons que celte objection est plus théorique que pratique, car nous n'avons pu, jusqu'il présent, nous procurer un bassin provenant d'une femme amputée dans son enfance, et nos musées parisiens, que le hasard, bien plus que la science, s'est chargé jusqu'ici de pourvoir de pièces vraiment utiles, en sont entièrement privés. Nous n'avons donc pu encore vérilier la valeur de notre critique.

Nous avons vu plus haut que le bassin oblique ovalaire résultant d'une ankylose de l'articulation sacroiliaque n'a jamais été diagnostiqué sur le vivant, nonseulement avant l'accouchement, mais encore pendant le travail plus ou moins difficile auquel il a exposé les femmes qui le portaient. Il n'en sera probablement pas de même du bassin vicié par suite de la luxation de l'un des fémurs : cette luxation étant toujours accompagnée d'une claudication évidente et d'une déformation de la hanche qui est caractéristique, il suffira que celle-ci existe pour qu'on soit en droit de soupçonner l'existence de la déformation qui en est la conséquence, et pour qu'on se fasse un devoii' de la rechercher par le toucher.

Pravaz, qui, dans son Traité théorique et pratique des luxatinvs congénitales du fémur, a décrit aussi le bassin dont nous nous sommes occupé dans ce chapitre, mais au seul point de vue de l'étude des luxations congénitales, termine en disant que la plus grave des anomalies qu'il présente est certainement la vicialionde la cavité pelvienne, viciation qui, sans réduire sensiblement les principaux diamètres de cette cavité, lui imprime une direction fort éloignée de l'élat normal. Cependant il pense qu'en pareil cas la nature conservatrice tend à remédier pendant l'acte de la parturition ii ce défaut de régularité en dirigeant la tète du f(i!tus dans le sens le plus favorable :i son expulsion. Nous ne nions pas qu'il en ail été souvent ainsi; toutefois, si les renseignements que nous avons rijcueillis sur la malade de M. Pacoud sont exacts, il est bien avéré qu'elle avait eu plusieurs grossesses qui toutes s'étaient terminées heureus(>ment, mais il faut ajouter qu'elles avaient toutes exigé les secours de l'art. Dans une autre observation de dystocie produite par une pareille malformation, observation recueillie en 1853 par les docteurs Léon Dover et Maneel, médecins du bureau de bienfaisance

52 VICES DE CONFORM

du cinquième arrondissement, et insérée par eux dans la Itevue médico-chirurgicale de Paris, I85û, l. XV, il est question d'une femme de vingt-six ans, qui, affectée d'une luxation spontanée du fémur droit à l'Age de dix ans, et devenue enceinte une première fois en 1850, fut accouchée à l'hospice de la Maternité, au moyen du céphalotribe ; et qui, dans une seconde grossesse survenue en 1853, se confia aux soins des docteurs Boyer etJIanget. Ces accoucheurs constatèrent au commencement du travail un rétrécissement du détroit supérieur, mais sans pouvoir dire sur quel diamètre du bassin il portait; seulement ils furent frappés d'une saillie notable de l'angle sacro-vertébral et de sa déviation à gauche. Quarante-huit heures après le déhut des douleurs et les forces de la malade s'épuisant, on tenta a deux reprises différentes l'application du forceps, mais sans faire bouger la tète; enfin la mort de l'enfant étant constatée, on pratiqua la perforation du crâne et l'extraction avec le forceps. I,a femme se rétablit; son bassin, mesuré trois semaines après, offrait un diamètre sacro-pubien de 9 centimètres (3 pouces 3 lignes], un diamètre oblique droit de 12 centimètres et demi (à pouces? lignes), et un diamètre oblique gauche de 7 centimètres (2 pouces 7 lignes). Les auteurs ajoutent que la luxation du fémur droit survenue dans l'enfance avait porté la tète de cet os sur un point plus reculé que de coutume, et que peu à peu le demi-cercle latéral droit du bassin avait cédé à cette compression incessante. Ils terminent en disant qu'il y avait dans toute celte conformation du bassin quelque chose qui rappelait le bassin oblique ovalaire de N;egelé.

Nous exposerons plus loin les indications que réclament les deux variétés de rétrécissement oblique ovalaire du bassin, décrites dans ce chapitre.

»" DES nÛFORnATIOINS.

Les déformations du bassin, suite de maladies des os qui le composent, sont en moins grand nomhreque ses malformations; mais elles se rencontrent plus fréquemment que celles-ci dans la pratique des accouchements. Ce sont :

1° Les déformations produites par le lachitisme;

2° Les déformations produites par l'usléomalacie, auxquelles nous ajoutons :

3° Les déformations produites pardes tumeurs liaissant des parois de l'excavation : parla raison que ces tumeurs, quand elles n'obstruent pas complètement la filière du bassin, font toujours plus ou moins perdre à sa cavité intérieure la forme de canal arrondi qui la distingue dans l'état normal. Elles nous paraissent par la devoir èlre rapprochées des deux piemieis

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