‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 30 sur 136 · ATION DU BASSIN · texte numérisé non relu

ATION DU BASSIN

vices de conformation acquis du bassin, que nous venons de mentionner.

Les bassins déformés par ces trois sortes de causes offrent des caractères qui sont propres à chacun d'eux, et qui permettent de les différencier. On ne peut élever de doutes sur ce point, au moins pour deux d'entre eux; car, bien qu'en pratique quelques accoucheurs aient pris parfois la saillie du promontoire d'un bassin rachilique pour une exostose développée sur cette partie du détroit supérieur, cependant nous n'hésitons pas à dire qu'en général il est possible de distinguer ces deux bassins l'un de l'autre : l'un n'offrant quelque chose d'anormal que dans sa cavité intérieure; l'autre, au contraire, offrant sur toutes les parties qui le composent des traces du vice de conformation dont il est affecté.

Mais existe-t-il entre les bassins déformés par le rachitisme et ceux déformés par l'osléoraalacie des différences de forme et de structure telles qu'on puisse, dans la majorité des cas, distinguer ces bassins les uns des autres? Cette question, posée depuis longtemps et résolue afiirmativement par la plu part des accoucheurs allemands de nos jours, n'a pas encore été discutée en France, où elle semble sinon tout à fait inconnue, du moins fort négligée. Chez nous, en effet, deux auteurs d'articles trop courts, insérés dans les premiers \olumesànDiclionnairedcséfudcsmédicatespratiques, MM. Stollz etGuillemol, paraissent .seuls avoir adopté la doctrine allemande sur ce point difficile d'obstétrique. Quelques autres se sont contentés de reproduire la critique qui en a été faite parN;egelé, aucun n'a recherché si l'une et l'autre avaient de la valeur. Sans doute que l'opinion du célèbre accoucheur d'Ileidelberg et les faits Voniradictoires en petit nombre sur lesquels il a fondé son opposition doivent avoir un certain poids dans cette discussion; mais ils ne sauraient:! eux seuls faire résoudre la question parla négative.

Il est bien vrai que le rachitisme et l'ostéomalacie communiquent aux os du bassin, comme à tons les autres os du squelette, un degré de ramollissement qui les rend propres ii recevoir une foule de déformations différentes, suivant la direction des forces aux- (|nellcs ils sont soumis. Mais on peut soutenir û priori que ces déformations ne doivent pas être les mêmes dans les deux maladies, car lelles-ci diffèrent entre elles par l'âge au(|uel elles alla(|ueut les sujets qu'elles affectent, par les {ir^'onslances qui les accompagnent ou qui les suivent l'une et l'autre, et enfin par leur terminaison et leur durée. Ainsi le rachitisme est une maladie propre à l'enfance, tandis que l'dsléomalacie ne sévit guère que sur des sujets qui, ayant dépassé l'adolescence, ont atteint la jeunesse ou l'âge adulte; et chez les femmes en particulier, on ne

DliFORMATIONS PAR RACIlITISMf:.

l'observe le plus souvent que pendant le cours de la gislalion ou lorsque déjà une ou plusieurs grossesses ont eu lieu. Ainsi dans le rachitisme, non-seulement le l)assin est modifié dans sa forme générale, mais encore chacun des os qui le composent subit un arrêt de développement qui amoindrit son volume. Tandis que dans Tosléomalacie, le ramollissement n'affcclant les os qu'il une époque de la vie où ils sont complétemenl développés, les déformations que cette maladie ail subir au bassin s'effectuent seulement sous la double influence de la pression qu'il éprouve de la part des organes placés au-dessus de lui et de l'action des muscles auxquels il donne insertion. Et remarquons que cette influence elle- même doit varier dans les deux cas : peu considérable, en effet, dans la maladie qui est propre à l'enfance, parce qu'à cet âge les viscères sont peu lourds et les muscles peu actifs, elle est au contraire très grande dans la maladie qui affecte les adultes, parce que, chez eux, les organes ont acquis tout leur volume, et que le système musculaire a toute son énergie d'action.

Quoique ce raisonnement à priori ne manque pas d'une certaine force, et qu'il puisse à la rigueur suffire pour trancher la question difficile qui nous occupe en ce moment, ce n'est cependant pas la méthode par induction que nous avons appliquée à l'étude que nous avons faite de celle-iti, nous avons au contraire procédé exiiérimentalement. Nous avons examiné avec .soin, mesuré et comparé un grand nombre de bassins de femmes adultes qui avaient été déformés, les uns par le rachitisme, les autres par l'cstéomalacie. Et de cet examen fait sans idée préconçue, nous sommes arrivé il reconnaître que ces deux espèces de bassins offrent des caractères propres à chacune d'elles, et qui suffisent, dans la majorité des cas, pour les distinguer l'une de l'autre. C'est ce que nous allons lâcher de démontrer dans les deux chapitres qui suivent.

1° dkfduh.vtioms df bassin par le rachitisme. — Bassin vicié par rachitisme. — Bassin rachi- TiyuE. — Pelvis i'.achitica , seu conjlgata {accoucheurs alleinandK).

(PI. 19, fii-. I, 2, 3, 4.)

Avant de commencer l'étude des déformations du bassin par le rachitisme, nous croyons devoir faire connaître en peu de mots en quoi consiste cette affection, et surtout quels sont ses effets, sa marche et sa terminaison. Mais nous bornerons cette exposition ù ce qu'elle a de slriclemcnt relatif à notre sujet.

Le rachitisme est une maladie générale de l'enfance, qui survient le plus souvent à l'époi|ue de la première

ou de la seconde dentition, et qui a son maximum de fiéquenced'un an à trois ans. Elle est caractérisée par le ramollissement des os avec perversion et suspension du travail normal de leur développement et de leur réparation : d'où résulte la courbure de ces leviers sous le poids du corps et sous l'action des muscles, ainsi qu'une diminution dans leur volume.

Le rachitisme a une marche essentiellement chronique, et présente trois périodes distinctes dans son développement.

La première, ou période d'incubation, est caractérisée anatomiquenient par l'épanchement général d'une matière sanguinolente dans les interstices du tissu osseux qui en est comme infiltré ; et symptomatiquement par de la diarrhée, des sueurs nocturnes abondantes, la répugnance des enfants et la difficulté qu'ils éprouvent à se tenir sur leurs jambes, enfin par un léger gonflement des articulations.

Dans la seconde période, ou période de déformation, en même temps que la trame des os perd de sa consistance et se ramollit, la matière sanguinolente qui continue à s'y déposer commence à s'organiser, et forme bientôt une couche plus ou moins épaisse d'un tissu spongoide, très fin, qui s'interpose entre le périoste et la table externe ou entre la membrane médullaire et le canal intérieur, suivant que les os sont plats ou longs: phénomène qui ne peut avoir lieu sans que ces os, quelle que soit d'ailleurs leur forme, acquièrent plus d'épaisseur qu'à l'état sain ; en même temps aussi les extrémités articulaires de ceux-ci se gonflent et deviennent notieuses ; leurs corps ou diaphyses se courbent, et les membres ou autres parties dont ils constituent le squelette se dévient de leur direction normale. 11 parait, d'après les observations faites par M. le docteur Jules Guérin, que cette déformation des os dans les sujets rachitiques procède toujours de bas en haut; qu'elle va desjambes aux cuisses, des cuisses au bassin, et de celui-ci à la colonne vertébrale, d'où il résulte que chez de pareils sujets la déviation du rachis impliquerait toujours celle du bassin. Nous insisterons plus loin sur l'importance de cette loi, quand il s'agira d'établir le diagnostic du bassin déformé par le rachitisme. Dans cette seconde période, qui dure en général d'un à trois ans, on observe tous les symptômes delà fièvre hectique et une grande sensibilité du système osseux, avec appauvrissement du .système musculaire: aussi les enfants ne peuvent-ils ni marcher ni se tenir debout pendant presque tout le temps que ces accidents ont lieu. Nous verrons encore plus loin comment ces [conditions fâcheuses d'existence des enfants affectés de rachitisme influent sur la forme particulière que prend leur bassin dans le jeune âge et qu'il conserve dans l'âge adulte.

Pendant la troisième période, qu'on nomme aussi

période, de résobdion el de consolidation, le tissu spongoide de nouvelle formation passe ù l'état compacte, et tend il se confondre avec l'ancien tissu des os, qui reprend sa dureté première; mais pendant longtemps ces deux tissus réunis donnent aux os affectés un volume plus grand que celui qu'ils avaient avant la maladie. En clinique, cette période s'annonce par la diminution progressive des symptômes appartenant à la période précédente : les fonctionsde la digestion, de la respiration et de la circulation se développent et se régularisent, les forces musculaires reviennent, et les malades, plus confiants en eux-mêmes et surtout débarrassés de cette sensibilité et de celte faiblesse des membres qui les condamnaient au lit, reprennent l'exercice de la station et de la marche, que souvent ils ont dii suspendre pendant longtemps.

A ces trois périodes d'état du rachitisme, il faut en ajouter une quatrième qui est caractérisée par Véburnation des os. Cette période commence alors que la constitution générale des sujets affectés de la maladie a recouvré tous les attributs de la santé, et elle se prolonge jusqu'à l'Age adulte. Arrivés à cet état d'éburnation , les os ont acquis la dureté et la densité de l'ivoire ; il s'est opéré à leur intérieur une raréfaction de leur tissu aréolaire, el finalement ils sont plus légers el moins volumineux que dans la période précédente; enfin leur périoste est fort adhérent et n'est ni plus épais ni plus injecté qu'à l'état normal.

Nous devons ajouter toutefois que, quand la résolution de la maladie n'a pas été com|dète, à cause de l'intensité avec laquelle elle a agi sur les os, el lorsque, par suite de l'épanchement trop considérable de la matière sanguinolente dans la trame de ceux-ci, il y a eu dédoublement el écarlement extrême des lamelles de leur tissu compacte et dilatation excessive des aréoles de leur tissu spongieux; alors, au lieu de l'état d'éburnalion que nous venons de signaler, on en rencontie un autre que M. J. Guérin a décrit sous le nom de consomption rachitique, étal dans lequel les os forment une sorte de coque résultant de l'écarlement de leurs deux couches corticales, el dans laquelle IloUent plus ou moins librement des débris de lamelles perdus au milieu d'une moelle graisseuse. Jaunâtre, nuancée de plaques rouges.

Cesdeux états, si différents l'un de l'autre, sous lesquels peuvent se rencontrer les os des sujets adultes qui ontété affectés de rachitisme dans leur jeune âge, sont considérés, à tort selon nous, par quelques accoucheurs, comme devant toujours s'opposer à ce qu'on distingue par des caractères propres à chacun d'eux les os déformés par celle maladie de ceux qui le sont par l'ostéomalacie; les caractères de ces derniers offrant de nombreux pointsde ressemblance avec ceux qui appartiennent à la consomption rachi ique. Nous croyons

VICES DE CONFORMATION DU BASSIN

que ce dernier étal du tissu osseux se rencontre eu général beaucoup moins souvent que l'état d'éburnasion sur les bassins de femmes mortes dans l'âge adulte, et que ce n'est jamais ((u'exceptionnellement qu'on l'observe sur celles qui sont mortes enceintes ou en couches; l'état précaire de santé des femmes qu'il affecte étant ordinairement incompatible avec l'aptitude de celles-ci h concevoir el à porter leur enfant jusqu'au terme de la grossesse. Aussi faisons-nous complètement abstraction des variétés d'aspect et de composition que présentent les os affectés de consomplion rachitique, et ne regardons-nous comme caractères propres aux os déformés par le rachitisme dans lejeune âge et guéris de cette affection dans l'âge adulte que ceux que nous avons exposés en parlant de l'éburnalion. Nous montrerons plus loin qu'ainsi restreints, les caractères des os rachiti(iues sont différents de ceux des os ostéomalaciés.

La maladie dont nous venons d'esquisser les principaux traits n'a pas seulement pour effet de ramollir les os et de les disposer à se déformer sous la double action du poids des organes et de la contraction musculaire, mais elle a encore pour effet de ralentir la marche régulière de leur développement. Aussi voit-on dans les os affectés de rachitisme les épiphyses cartilagineuses persister plus longtemps à cet état que sur les os sains, se souder plus tar'd ;i leurs diaphyses, el dans les os composés de plusieurs pièces voit-on ces pièces se réunir plus tard entre elles, comme cela a lieu dans l'os des iles. Cette influence du rachitisme sur les progrès de l'ossification a été signalée dès 18'25 par Stein neveu, et longuement exposée plus tard par Alexandre Shaw, dans un mémoire inséré dans le [omeW'll ûcsTransaciions médico-chirurgicales, -puis, dans ces derniers temps, elle a été aussi bien étudiée par MM. i. Guérin et îîouvier dans plusieurs publications relatives à l'orthopédie.

Quoi qu'il en soit, cet arrêt de développement des os, joint aux autres effets produits sur eux par le rachitisme, effets que nous avons décrits plus haut, permettra toujours, selon nous, de distinguer assez facilement les os d'un sujet adulte qui a été affecté de cette maladie dans son jeune âge de ceux d'un sujet dont le squelette a été déformé par l'ostéomalacie. En effet, les os du rachiti(iue parvenu à l'âge adulte, les seuls dont nous ayons à nous occuper au point de vue des vices de conformation du bassin, sont, à part les diverses incurvations qu'ils présentent, en général plus petits et plus légers que ceux d'un adulte de même âge el de même force, et offrent presque tous une grande blancheur et une transparence remarquable lorscpi'on les regarde à la lumière dans les points où ils offrent des surfaces planes; nous avons déjà dit qu'à l'étal frais leur périoste n'offre rien d'anormal, nous exposerons

UKl'OUMAilO.NS V

plus loin les caractères des os osléoinalaciés à l'état sec et à l'élat frais.

Les déformations que le rachitisme fait subir aux us eu général sont connues depuis (ilisson, qui le premier a décrit cette maladie, et depuis cet auteur tous les patliologistes ont indiquéles formes variéesqu'elle peut imprimer aux différentes parties du squelette.— Mais Stein neveu est le premier parmi les accoucheurs qui ait fait connaître la conformation particulière que prend le bassin vicié par cette maladie, et qui ait insisté sur les caractères qui distinguent ce bassin du bassin vicié par ostéomalacie. Nous avons dejii dit que l'étude de ces différences avait été presque complètement négligée par les accoucheurs français, même les |)lus modernes; heureusement qu'il n'en a point été de même en Angleterreet en Allemagne : là les hommes éminents qui sont à la lèle de la science obstétricale se sont emparés de cette question, et l'ont étudiée sous toutes ses faces et dans tous ses détails. 11 serait trop long de donner ici les noms de ces auteurs et les litres de leurs écrits; nous nous bornerons à citer, comme résumant d'une manière très claire Us principaux travaux faits sur la matière, une thèse du docteur Ernest Gurlt(l), à laquefle nous avons emprunté quelquesunes des considérations qui suivent.

Avant de parler du bassin considéré dans son ensemble, nous allons décrire les déformations de chacune des pièces qui le composent.

De ces pièces le sacrum est celle qui subit les vicialions les plus nombreuses et les plus variables.

Cet os, envisagé dans son entier, a dans tous les bassins rachiliques des dimensions inférieures à celles ((u'il a dans l'état sain ; toutefois la largeur de sa base augmente dans quelques cas au point de surpasser la longueur de tout son corps. La courbure à concavité anlèiieure qu'il présente dans le sens longitudinal diminue dans un premier degré, devient une surface plane dans un second, et dans un troisième se transforme, au moins dans sa moitié supérieure, en une courbure à convexité antérieure plus ou moins saillante du côté de l'excavation. L'autre courbure, moins considérable que la précédente, qu'il présente d'un côte ;i l'autre de sa face antérieure, diminue aussi graduellement, suivant les cas, et, au degré le plus avancé de la défornuUion rachitique, elle est remplacée par une convexité transversale. Un voit alors les corps des premières vertèbres sacrées, arrondis et saillants en avant, former une sorte de colonne coni<|ue en relief sur la paroi postérieure de l'excavation, tandis que les ailerons de l'os i)araissent portés derrière ce promontoire, où ils semblent cachés. A ces déformations s'ajoute un changement dans la direction

(I) De (issium iiiu((iliiiiilli'.i$ raclLilidi effectis, aitjccla ciiiii luljub. UiTlin, 1S;8.

iVK RACHITISME. 55

générale du sacrum ; sa partie supérieure, articulée avec la dernière vertèbre lombaire pour former le promontoire, s'avance d'une quantité plus ou moins grande dans l'aire du détroit supérieur, en s'inclinant en avant et en bas, en même temps que sa partie inférieure se rejette en arrière et en dehors de la cavité pelvienne. Ce mouvement de bascule du sacrum, par suite duquel sa base se trouve portée en avant et son sommet en arrière, est facile ii apprécier dans ses résultats, sur une coupe qu'on pratiiiue verticalement sur la ligne médiane d'un bassin même peu déformé, comme nous en avons représenté une dans la planche 19, ligure 3. — Nous verrons plus loin que c'est lui qui produit la saillie de l'angle sacro-vertébral en avant, la dépression correspondante du bas de la région lombaire qu'on nomme Vensellure, le rétrécissement du diamètre droit du détroit supérieur, et l'élargissement du même diamètre du détroit inférieur.

Mais comme le promontoire s'abaisse alors qu'il se porte en avant, il en résulte aussi qu'assez souvent un promontoire nouveau, formé par les dernières vertèbres lombaires, prend dans les bassins rachitiques la place du promontoire réel altéré.

Enfin, dansée déplacement du sacrum, l'anglesacrovertébral peut suivre deux directions différentes, l'une tout il fait directe, en avant, dans laquelle il regarde la symphyse des pubis ; l'autre, inclinée de l'un ou l'autre côté de cette symphyse, et dans laquelle il regarde l'une des deux cavités cotyloides. Celte dernière direction du promontoire détruit la symétrie de forme du détroit supérieur, et détermine un rétrécissement de ce détroit plus prononcé d'un côté que de l'autre.

Le coccyx ne présente rien qui s'éloigne de son état normal, si ce n'est que, par suite du mouvement de bascule qu'éprouve le sacrum, il est entraîné hors de sa situation naturelle; mais, quant à sa structure et à sa forme, on ne lui trouve rien d'anormal.

Les os des iles sont moins grands aussi que dans l'état sain, et leur direction est considérablement modifiée. En effet, leur surface interne regarde direclement en avant, leurs épines antérieures et supérieures sont tournées en dehors, et leurs crêtes iliaques sont dirigées d'arrière en avant, mais surtout de dedans en dehors, sans s'infléchir ii leur partie antérieure; il résulte de tout cela que la plus large portion de ces os qui constitue les fosses iliaques revêt alors la forme d'une aile dont le sommet est représenté par lesépines que nous venons de nommer, et que la distance qui sépare les crêtes iliaques l'une de l'autre, et qui dans le bassin normal est plus grande que celle qui sépare les deux épines anléro-supérîeures, devient moindre (|ue celle-ci dans un bassin vicié par le racliilisme.

De plus, à cause de la diminution de volume (|ue l'os

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a subie, la longueur de la ligne courbe qui borne en bas la fosse iliaque interne est souvent diminuée de près de moitié, ce qui rend plus petit l'arc que l'orme la partie latérale du détroit supérieur. Enfin, quand la déformation du bassin s'est effectuée d'une manière symétrique, les deux côtés du détroit supérieur sont également réduits dans leur étendue; mais quand l'un des deux os iliums (et c'est ordinairement le gauche) est plus petit que l'autre, alors la ligne courbe innomlnce mentionnée plus haut diminue proiiortionncllement de longueur de ce côté, et le rétrécissement du détroit supérieur qui en résulte est alors d'autant plus grand que le promontoire se porte également de ce côté, et que, d'autre pari, la branche horizontale du pubis se déprime aussi vers lui. Dans ce mode de déformation l'os ilium affecté s'élève ordinairement plus haut (|ue l'autre, ce qui donne au bassin tout entier une direction plus oblique.

Les os pubis, au lieu de former par leur réunion en avant un arc de cercle bien marqué, comme ils le l'ont dans le bassin normal, s'aplatissent et se dépriment du côté du diamètre droit du détroit supérieur et de l'excavation. Dans le cas, déjà mentionné plus haut, où le bassin est déformé d'un côté beaucoup plus que de l'autre, c'est vers ce premier côté que la symphyse de ces os se porte en déviant de sa position ordinaire. Enfin les branches descendantes des os pubis s'écartent l'une de l'autre beaucoup plus que de coutume, et concourent ainsi à l'élargissement de l'arcade qu'elles forment.

Les os ischions sont situés plus en dehors qu'ils ne le sont sur le bassin normal, d'où résulte jjIus de longueur de l'espace qui sépare leurs deux tubérosités. De plus, les branches ascendantes de ces os, réunies aux branches descendantes des pubis en suivant le même mouvement qu'elles, forment une arcade pubienne plus étendue et moins élevée que celle qui existe à l'état sain. Cette disposition est parfaitement indiquée dans la figure 2. Enfin la situation descavilés cotyloïdes a subi aussi des changements importants à noter ; elles sont en effet tournées en avant beaucoup plus qu'elles ne le sont dans le bassin normal. De telle sorte que si l'on examine un bassin rachiliquede face, on peut presque voir le fond de ces deux cavités à la fois; en outre, celles-ci sont moins profondes qu'à l'ordinaire, et si, pour s'en assurer, on place la tête des fémurs dans leurs cavités, on s'aperçoit qu'elles ne peuvent y être reçues complètement, et la déformation qui résulte de celle disproportion est des plus marquées.

Après avoir exposé, dans ce qui précède, les modifications de forme et de direction que le rachili.sme imprime à chacun des os du bassin, il nous faut à présent décrire l'aspect que présente celte ceinture osseuse considérée dans son ensemble.

Le grand bassin est j>lus |ielit qu'à l'état de bonne conformation. Les os des lies ayant diminué d'étendue, et les portions planes de ces os qui forment les parois latérales de cette cavité étant redressées et fortement déjetées en dehors, il en résulte, comme nous l'avons déjà dit, que les épines antéro-supérieures des iléons sont plus écartées l'une de l'autre que ne le sont les crêtes des mêmes os; et, de plus, que le grand bassin qui est destiné à soutenir la masse intestinale est devenu impropre à celte fonction en perdant de son étendue et en se modifiant dans sa forme. Dans les dixneuf bassins qui ont été figurés par le docteur Ernest Gurlt, et dont nous reproduirons une partie plus loin, nous Irouvonsque l'espace quiséparelescrêtes iliaques l'une de l'autre, espace qui, dans le bassin normal, a 9 pouces 6 lignes (257 millim.), a varié entre 7 pouces 7 lignes {205 millim.) et 9 pouces 3 lignes (250 millim.); tandis que celui qui existe entre les deux épines antéro-supérieures, et qui ordinairement a 9 pouces (2Ziù millim.), a varié aussi dans ces bassins rachiti(|ues entre 7 pouces 7 lignes (205 millim.) et 10 pouces 2 lignes (275 millim.).

Le pelil bassin n'a pas diminué dans toutes ses dimensions et dans toutes ses parties. Son détroit supérieur est rétréci, tandis que son détroit inférieur est élargi; sa hauteur est généralement moindre aussi : résultat qu'on pouvait facilement prévoir, puisque le sacrum, la symphyse des pubis et les parois latérales de l'excavation perdent plus ou moins de l'étendue qu'ils ont dans un bassin régulier. Mais décrivons en détail ces modifications importantes de la forme du petit bassin dans les trois portions qui le composent.

Le détroit supérieur est, avons-nous dit, rétréci; mais il ne l'est pas non plus à un égal degré dans tous ses diamètres. De ceux-ci, Vantéro-postérieur on droit est le seul ((ui offre toujours moins d'étendue que dans un bassin normal. Le réirécissement qui résulte de ce changement de longueur tient à trois causes : d'abord à ce que l'angle sacro-vertébral fait une saillie plus forte en avant dans l'aire de ce détroit par suite, du mouvement de bascule du sacrum que nous avons signalé plus haut ; en second lieu, à ce que les os des lies ont perdu de leur volume et de leur largeur par l'arrêt de développement dont ils ont été frappés ; en troisième lieu, à ce que les branches horizontales des pubis, devenues droites de courbes qu'elles étaient, portent la symphyse de ces os du côté du promontoire. Toutefois nous devons dire que celle dépression en arrière des branches horizontales et de la symphyse des pubis n'existe que sur un petit nombre de bassins rachitiques, et ne se rencontre à un haut degré que sur ceux qui, en se déformant, ont perdu leur symétrie, et encore sur ceux-ci ne la trouve-t-on (|ue sur une seule de leurs deux moitiés.

DEFORMATIONS

Il résulle de ces mncliricationsdeformeet d'élciiduc que le rachitisme imprime aux os qui concourent à former le détroit supérieur, que la figure dece détroit sur un bassin qui a été affecté de cette maladie peut êlre assez exactement comparée h celle d'un cœur de carte à jouer dont le sommet serait plus ou moins obtus, ou mieux encore à celle d'un rein couché en travers; double comparaison qui toutefois n'est juste que sur les bassins qui sont symétriquement déformés des deux côtés: c'est l'une ou l'autre de ces deux ligures que nous retrouvons partout dans la planche déjà citée que M. Ernest Gurlt a donnée dans sa dissertation.

On comprend, sans qu'il soit nécessaire d'y insister, que cette configuration du détroit supérieur en cœur de carte h jouer ou en rein dépend du degré plus ou moins grand d'aplatissement des pubis et de saillie du promontoire, qui, l'un, émousse la pointe du cœur, et qui, l'autre, rend plus profonde l'échancrure de sa base. Mais on conçoit aussi que celte configuration doit

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