BASSIN
(Pi. 24 el 25.)
Nous avons VU, en étudiant préi'édemment le ba.ssiii en général, que dans la station verticale du corps celte ceinture osseuse, en s'arliculant avec le racliis pour former l'angie sacro-vertébral, affecte une position telle par rapport au tronc que sa cavité intérieure est presque entièrement en arrière de l'axe de la cavité abdominale. Or, celle disposition anatomique, qui explique pourquoi, dans l'état de bonne conformation, les organes contenus dans l'excavation pelvienne ne sont que faiblement soumis à la pression des viscères placés au-dessus d'eux, peut cesser d'exister ou se moditier, dans certains cas, sous l'intluence de causes assez nombreuses; et alors au.ssi peuvent se manifester certains inconvénients et certains obstacles au libre exercice des fonctions de la génération, inconvénients et obslac^les sur la nature et les effets desquels nous nous expliquerons plus loin.
Les vices de direction du ba.ssin existent rarement seuls, le plus souvent ils sont combinés à des vices de conformation de cette cavité, produits par le rachitisme ou par l'osléomalacie ; et celte combinaison est la principale cause de la difficulté très grande qu'on a éprouvée jusqu'à présent à ^distinguer nettement les
accidents réels qui résultent de ceux-ci des inconvénients encore hypothéliciues qui peuvent être la suite de ceux-là. Cependant il est quelques cas rares où les vices de direction du bassin existent seuls : ce sont ces cas, favorables à l'élude des accidents exclusivement inhérents à celte dernière espèce de vicialioii pelvieilne, qui vont d'abord nous occuper. Nous parlerons ensuite des cas compliqués, pour discuter si, dansl'énumération des nombreux accidents qui y sont relaies, la part d'influence fâcheuse sur le travail qu'on leur a faite jusqu'ici n'a pas été exagérée, el est bien celle qui leur revient.
Historique. — Les inclinaisons vicieuses du bassin, envisagées comme causes de dystocie, ne sont que depuis peu de temps décrites dans nos traités classiques d'accouchement. Stein, Osiaiider el Froriep avaient bien parlé en termes généraux des variations que présente l'inclinaison normale du bassin; mais Lobstein, professeur à l'école de Strasbourg, est le premier auteur qui, dans un mémoire lu en 1817 à la Société établie dans le sein de la Faculté de médecine de Paris, ait atliré l'attention des praticiens sur les suites fûcheuses d'une inclinaison trop grande ou trop petite de cette cavité. Ce mémoire, qui, selon toute probabilité, est resté inédit, n'est connu aujourd'hui que par le rapport approbateur signé des professeurs A. Dubois et Désormeaux, et inséré dans le tome V des Didletins de celte Société. Lobstein y expose : (I qu'il existe un certain nombre d'accouchements la- » borieux qui, ne reconnaissant pour causes ni l'arrêt » des épaules, ni un rapport vicieux de la tête avec le " bassin, ni la constriclion spasmodique de l'orifice » utérin sur le col de l'enfant, ni la brièveté absolue i> ou relative du corilon ombilical, dépend d'une in- » clinait'On vicieuse du l.assin en avant ; et il cite ft >' l'appui de son opinion, dit lerappoiteur, une obser- » vallon qu'il a eu occasion de faire et qu'il consigne 11 dans tousses détails. Enfin il ajoute que celle même • inclinaison vicieuse du bassin en avant dclermine Il l'obliquité antérieure de la matrice et tous les acci- " dénis (|ui s'ensuivent. »
Celte doctrine, admise, en partie du moins, par l'honorable Désormeaux, passa à l'étranger, où elle fut singulièrement exagérée, el l'on peut voir, en lisant le Traité d'accouchement àe F.-B. Osiander(Tubingue, 1828j, que d'inconvénients el d'obstacles ;i l'exercice de la fonction de parturition cet auteur attribue à l'inclinaison trop forte ou trop faible du détroit supérieur. Disons, toutefois, (jucces exagérations n'eurent pas cours dans toute l'Allemagne, cl que le professeur Niegele, en particulier, sans regarder ces vices de direction du bassin comme toujours sans action sur le travail de l'accouchement, préféra sou nietlre au conlrùle des faits rigoureusement observés